La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Roy Gaines

In the house

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Roy Gaines avait commis, il y a peu, "New Frontier lover". Un superbe album paru sur le label Severn, au cours duquel il se révélait comme un brillant successeur de T-Bone Walker. Roy a été élevé à Houston, au Texas. Ce qui explique, sans doute, sa vénération pour T-Bone. A l'instar de ce dernier, il a aussi émigré vers la Côte Ouest, du côté de Los Angeles. Il est ici entouré de sa formation californienne.

"Standing up for women's rights" s'ouvre par un riff de guitare que n'aurait pas renié un artiste rock. Il y milite pour les droits de la femme, à travers un R&B puissant, appuyé par la ligne de cuivres composée, il est vrai, de fameux musiciens : George Pandis à la trompette, Troy Jennings au sax baryton et le plus que célèbre Johnny Viau au sax ténor. Cette assise est parfaite et idéale pour libérer les cordes inspirées de Gaines. Roy est aussi doué d'une voix puissante, forgée dans la lignée des shouters du blues. Elle est très inspirée sur le rythmé "Wolfman", au cours duquel sa guitare au son métallique, soutenue par le travail au piano de Neil Wauchope, ne demande qu'à s'évader. Gaines a la réputation d'être un parfait showman. Une bête de scène. Il n'hésite pas à utiliser tout un arsenal de "pyrotechnies", et de se servir de son manche à gratter dans toutes les positions. Parfois empruntée au style cher à Carlos Santana, la partie de guitare sur "Hind ends and elbows" est divine. Troy Jennings y prend son ticket au baryton. Introduit par la trompette de Pandis, "I got my thang on you" laisse ici le champ libre à la guitare, dont les cordes sont parcourues à la manière de T-Bone. Un blues au tempo semi-lent et au feeling jazz. Une longue plage rondement menée au cours de laquelle chaque musicien est mis en exergue. Et c'est ici qu'on se rend compte que le pianiste et les saxophonistes sont habitués de jouer ensemble (NDR : écoutez-les sur des albums de Jimmy Morello, de Kris Wiley, de Richard Boals ou de Candye Kane). J'adore la tonalité de la voix de Roy sur le blues coloré "Lucille works for me". Les cuivres y sont intenables et le travail en dentelles, exercé par la guitare, sur la trame de base de T-Bone, est remarquable. Faut dire que le gratteur est génial ! Imprimé sur un rythme enlevé, "Too many men" est une autre composition maison. Roy éclabousse une nouvelle fois le public par son incontestable talent. Le travail accompli au piano par Neil Wauchope sur "Rag blues" baigne dans le swing jazz. Les cuivres nous y font vibrer comme à la meilleure époque du ragtime et du dixieland façon New Orleans. "Petrol for your tank" marque le retour au R&B façon Stax. Les musiciens sont décidément à l'aise sur tous les terrains! "W.C Handy sang the blues" campe un tout bon blues imprimé sur un tempo modéré. Introduit par un riff que n'auraient pas renié les Rolling Stones, " Southern women " renoue avec le bonheur de goûter à l'immersion d'une guitare au cœur des cuivres. Un excellent album qui s'achève dans la douceur veloutée qui berce la Crescent City : "New Orleans". Nous quittons alors ce festival de blues qui s'est déroulé à Lucerne ce 9 novembre 1991, le cœur léger, heureux d'avoir pu goûter à ces exercices de style aussi remarquables…

 

Roy Gaines

New frontier lover

Écrit par

Roy est très prolifique depuis quelques années. Né à Houston en 1934, ce Texan d'origine a longtemps été un protégé de T-Bone Walker. L'an dernier, il nous avait livré l'album "I've got the T-Bone Walker blues". Guitariste éclatant et chanteur à la voix puissante et chaleureuse, il a composé seul ou en duo tous les titres de l'album.

La plage titulaire est un R&B nerveux, très cuivré. La guitare se révèle de suite très audacieuse. Il y manifeste une dextérité étonnante. Il a composé "The world's biggest fool", avec le concours d'Audry Williams, la veuve de Hank Williams Sr. Un blues lent comme on les aime, lorsque la guitare se fait sensuelle, réservée, et que le chant suit son maître avec émotion. Une interprétation de toute beauté qui se reproduit pour "You can't make nobody love you". Je trouve Roy assez proche de la démarche de BB King. Aussi bien au chant, dans la composition, et à bien des égards, à la guitare. Ainsi, le poignant "W.C Handy sang the blues" jouit d'une mélodie proche du célèbre "The thrill is gone" de BB. D'ailleurs cette rencontre avec W.C Handy s'est, bien entendu, déroulée à Memphis. "Texas millionaire" est imprimé sur un tempo lent. Le style est cependant différent, et sa partie de guitare est bouleversante. Appuyé sur un mur de cuivres, "Double dealin' woman" est un R&B au rythme très énergique. Benji Porecki aux claviers, Steve Gomes à la basse, Robb Stupka à la batterie et une section complète de cuivres ont participé à l'enregistrement de ce " New frontier lover ". Mais l'accompagnement reste toujours sobre et efficace. Car le boss, c'est Roy ; et les musiciens sont à son service. Proche de l'esprit de Freddie King, "Roy's theme" est, comme on le devine aisément, un instrumental. Direction Chicago pour "My woman, my blacksnake and me". David Maxwell a pris la place du pianiste et Steve Guyger, un compagnon de l'écurie Severn, a ramené son harmonica. Sur "Hind ends and elbow", il se fait shouter dans un style proche du Kansas City R&B. Et l'album se termine dans le boogie woogie. Un album que je vous recommande chaudement !