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Sass Jordan

Rebel moon blues

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Née en Angleterre d'une mère britannique et d'un père français (NDR : en l’occurrence Albert Jordan), Sass est chanteuse. Elle est à peine âgée de 3 ans quand sa famille s'établit au Canada, du côté de Montréal. Très jeune, elle s’intéresse à la musique. Son premier opus, "Tell somebody", est paru en 1988, sur le label Atlantic. En 1992, elle forme un duo avec Joe Cocker pour chanter "Trust in me", un morceau qui a servi de B.O. pour le film "Bodyguard". En 2002, elle interprète le rôle de Janis Joplin dans la comédie musicale "Love, Janis". Si jusqu’alors, elle pratiquait du rock, à 57 ans, elle a décidé d’enregistrer un album de blues. L'enregistrement et la production sont signés Jeremy Darby, un Anglais qui a bossé, dans le passé, notamment pour Caravan, Joe Jackson et… Lou Reed. Lors des sessions, elle a reçu le concours de son backing group, The Champagne Hookers.

Le long playing s’ouvre par une superbe reprise du "Leaving trunk de "Sleepy John Estes. La voix de Sass est éraillée, rauque même ; mais elle dispose d’une fameuse réserve de puissance. Sur ce morceau, elle est épaulée par le brillant harmoniciste Steve Marriner (NDR : ce musicien qui a décroché à 6 reprises l'oscar du meilleur souffleur au pays de l'érable milite au sein du band canadien Monkeyjunk). Il est toujours au poste sur la seconde plage, "My babe", un canon de Willie Dixon, traduit en hit, dès 1955, par le légendaire Little Walter. En outre Chris Caddell s’y distingue sur son dobro. Excellent ! "One way out" est une compo écrite 60 ans plus tôt par Elmore James et Sonny Boy Williamson II. Elle figurait au répertoire de l’Allman Brothers Band. La nouvelle version s'inspire manifestement du jam band floridien, les deux gratteurs et le pétillant harmoniciste Marriner conjuguant leurs efforts à l’unisson. L’adaptation du r&b "Palace of the King" de Leon Russell et Don Nix est respectueuse du titre originel. Autre cover, le "Too much alcohol" de J.B Hutto. Une parenthèse roots exceptionnelle, poignante, magnifiée par la slide de Caddell. Et c’est la reprise du classique "Still got the blues" de Gary Moore qui clôt cet excellent opus…