A l'issue de la fameuse tournée australienne consacrant la réunion ultime des Happy Mondays, Shaun Ryder est allé rendre visite à son cousin Pete Caroll. Ils ont commencé à écrire des chansons ensemble ; mais au bout de trois mois, Shaun a été expulsé du pays et interdit de séjour pour 3 ans. Pas étonnant lorsqu'on connaît le personnage, dont les problèmes liés à la drogue semblent récurrents. Finalement, après de très âpres négociations, il a pu retourner en Australie pour achever cet album. Un disque pour lequel il a notamment reçu le concours de Shane Norton (Ku-Ling Brothers), de Stephen Mallinder (ex Cabaret Voltaire) et du joueur de pedal steel Lucky Oceans (Asleep in the Wheel, Bob Dylan, Willie Nelson). En Angleterre, la presse insulaire a plutôt mal réagi à cet opus. Faut dire que Shaun ne fait rien pour attirer leur sympathie. En vérité, les six derniers fragments de cet elpee manquent franchement de consistance : dub inoffensif, house nightclubienne et électronique terne se partagent l'espace sonore. On a même droit sur " Nothern soul brother (shapeshifter) ", à la suite du dialogue échangé entre le vaisseau extraterrestre et le récepteur d'ondes, lors du film " Rencontre du 3ème type ". Par contre les deux premières plages sont remarquables et libèrent un groove irrésistible, comme à la belle époque des Mondays. Tout d'abord les sept minutes malveillantes, lancinantes, hypnotiques de " The story ". Ensuite, les neuf minutes ténébreuses, envoûtantes, parsemées de percus labellisés 'Madchester', de " Long legs (part 1 2 3) ". Et ici les contes tour à tour délabrés, tortueux, sarcastiques, triviaux ou décadents que récite Shaun, de sa voix si particulière, prennent leur véritable dimension. Dommage que tout l'album ne soit pas de la même veine…