Depuis la sortie de leur dernier elpee, "The closer you get", paru en 2000, le line up du groupe a été réduit à un quatuor. Ce qui n'a pas changé grand chose au style musical pratiqué par la formation de Notthingham. Etonnant, lorsqu'on sait que le musicien qui a quitté le groupe était un des deux préposés à la six cordes. En l'occurrence, Sam Hempton, un des membres fondateurs. Non content d'assumer le chant, Chris Olley se réserve donc maintenant toutes les parties de guitare. Faudrait voir quand même comment ils vont pourvoir se débrouiller sur scène sous cette nouvelle formule. Première constatation, le climat de leur nouvel opus est beaucoup moins ténébreux. Le malveillant et hypnotique " Anyway " constituant l'exception qui confirme la règle. Il y a même une ballade mélancolique, hymnique, intitulée " All my new best friends ", chanson qui aurait pu relever du répertoire de Coldplay. Mais dans l'ensemble, l'opus libère une intensité dévastatrice, impitoyable, féroce, qui frôle le nucléaire. " Cafetaria rats ", " Flypapers for freaks " et " Speed is in, speed is out ", épousent même la sauvagerie tribale des Stooges! Et si le reste se révèle plus britpop, surtout à cause du sens mélodique hyper contagieux et du timbre vocal falsetto de Chris, la tempête sonore ne se lève pratiquement jamais, tout au long des 11 fragments de ce disque. Un souffle sonique entretenu, de manière quasi permanente par la guitare et les claviers. Une tempête chargée de colère existentielle, manifestée par le groupe à l'égard du monde contemporain. Les lyrics venimeux, caustiques, cyniques, semblent même avoir été nourris au punk ! L'opus recèle cependant un fragment assez curieux, " Karen O " ; un morceau dont le tempo est imprimé par une boîte à rythmes, la mélodie réminiscente d'Oasis circa " Definitely maybe ", et le mur de guitare(s) construit à la manière d'un Band of Susans. Un superbe album !