Après Venom et Hellhammer, Sodom est probablement l’un des premiers groupes à avoir consommé du black métal sur la planète. Du moins pour le temps de deux démos (« Witching Metal » en 1982 et « Victims of Death » en 1984) et d’un Ep dévastateur (« In The Sign Of Evil » en 1984). « Obsessed by Cruelty », le premier LP sorti en 1986, avait marqué une transition importante. Le black métal primaire s’était métamorphosé en un thrash métal teutonique rapprochant Sodom de ses compatriotes de Destruction et Kreator.
Depuis ce changement majeur, le trio, mené de main d’acier par Tom Angelripper, n’a plus vraiment changé de ligne de conduite. Mais qui songerait à s’en plaindre puisqu’il délivre exactement ce que l’on attend de lui : un thrash métal puissant, sans compromis et truffé de lyrics ravageurs.
« In War And Pieces » fait suite à « Sodom », l’album éponyme sorti en 2006 (NDR : publié en 2007, « The Final Sign Of Evil » n’était pas vraiment une nouveauté, mais un réenregistrement de l’Ep concocté en 1984, enrichi d’inédits composés à l’époque). Les inconditionnels de la machine de guerre teutonne ne seront pas vraiment surpris par les compositions de ce nouvel opus. Sodom fait du Sodom. Et, heureusement, cette vocation ne risque pas de changer ! La qualité sonore, par contre, est tout à fait épatante. Pour son retour en force, le gang de Gelsenkirchen a bénéficié du concours d’un des poids lourds de la production métal : Waldemar Sorychta (Grip Inc, Enemy Of The Sun) en personne. Le travail du Polonais est, comme toujours, sans faille. Le son est brutal tout en restant clair et puissant. C’est simple, Sodom n’a jamais aussi bien sonné ! Les cordes (basse et guitare) sont dévastatrices et la batterie percutante. Le déluge de décibels n’empêche cependant pas Bernemann (guitare) de placer quelques soli mélodiques du plus bel effet.
Comme il en a pris l’habitude, Angelripper ne laisse pas sa langue au fond de sa poche. Les thèmes évoqués dans ses lyrics dénoncent avec véhémence tous les excès du pouvoir : arrogance, fanatisme, avidité, corruption, couardise et oppression. Sorychta a mis toute sa science au service de la voix du frontman ; elle évoque d’ailleurs celle de Tom Araya (Slayer).
« In War And Pieces » est disponible sous trois formats différents. La version simple Cd, le digipack (incluant un Cd additionnel) « Live in Wacken 2007 » et le double vinyle (rouge sang) enrichi d’un titre bonus. Avis aux collectionneurs !
Près de trente ans après sa formation, Sodom ne surprend plus, c’est vrai. De par sa qualité, par contre, « In War And Pieces » constitue probablement l’achat ‘thrash’ de cette fin d’année.