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Son, Ambulance

Someone else’s déjà vu

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Pour son troisième album, Son, Ambulance s’essaie à un tribut soyeusement 70’s. « Someone else’s déjà vu », au titre (mal)heureusement plus qu’évocateur, donne le ton. Déjà vus les ‘lalala’ et ‘palapapa’ en tutu rose, que seul Dan Bejar (Destroyer, New Pornographers) parvient à multiplier à l’infini sans friser le ridicule. Déjà vues les cordes moelleuses sur des vocalises mièvres (‘We met… in some enchanted forest’). Déjà vu l’essai bossa nova psychédélique dont Os Mutantes seuls détiennent le secret. Certes, l’ombre des 70’s plane sur des titres rendant maladroitement hommage à Simon and Garfunkel ou Commodores. Sinon, le quatuor d’Omaha n’en mène pas large. A l’exception peut-être de la troisième partie de l’album où l’épuration permet enfin de dévoiler le timbre agréable de Joe Knapp.

Pour le reste, impossible de comprendre les raisons du changement drastique de ton chez Son, Ambulance. Alors que le précédent opus « Key » (2005), projetait avec finesse d’obscures paranoïa sur un piano affable, « Someone else’s déjà vu » se débat dans l’ouate rose délavé. Serait-ce que Joe Knapp cherche à dédramatiser le déclin de son label (Saddle Creek) depuis la désertion de Bright Eyes et The Faint ? Motif insuffisant, en tout cas, pour daigner se farcir les ballades des cœurs sur-brisés ou des sourires sur-figés quand Nick Drake, Eliott Smith et – moins évident– Sandro Perri ont su rendre la douceur tellement plus introspective, passionnée et passionnante.