Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution.
L'annonce survient dans le sillage d'une nouvelle polémique. Écarté sans ménagement de plusieurs concerts par le chanteur country Charley Crockett, en raison de son imagerie satanique, le tandem a aussitôt reçu de Jack White une invitation publique à assurer sa première partie au Palladium de Hollywood, en septembre. De quoi souligner le paradoxe : ce que les uns censurent, les autres l'attendent sur les planches.
Le couple vient de dévoiler « Haunt Me », deuxième extrait après le morceau-titre. « Une chanson d'amour gothique traversée par la peur, l'obsession, l'effroi et la jalousie, qui emprunte au gospel américain, au rock'n'roll des sixties et au blues, expliquent-ils. Elle romantise les cauchemars que votre amant provoque, et ce paradoxe : ne jamais vouloir qu'il cesse de vous hanter. » Le vidéogramme de « Love You To Death » illustre déjà cette esthétique funèbre et sensuelle (à voir et écouter là).
L'enregistrement a été confié à Shooter Jennings, producteur primé aux Grammy Awards, au mythique Studio 3 de Sunset Sound. Fidèle à l'analogique, le duo y a considérablement élargi sa palette sonore : arrangements orchestraux somptueux signés par un ensemble de 37 musiciens, et le concours de pointures telles que Matt Chamberlain et Jay Bellerose. « Nous voulions repousser nos limites, puiser chez Roy Orbison, les Ronettes et les Shangri-Las, et y ajouter une touche countrypolitan », précise la formation.
Ce disque est né d'une des périodes les plus noires de leur existence — deuil, ennuis de santé, addiction, dépression. « Jour après jour, retourner à Sunset Sound et créer aux côtés de gens qui croyaient en nous nous a lentement ramenés à la vie. Nous avons recommencé à sourire. » D'où l'œuvre la plus intime et la plus ambitieuse du combo, dont l'ampleur cinématographique n'abandonne jamais les racines du rock 'n' roll originel.
Trop sulfureux pour les uns, irrésistible pour les autres, le duo intrigue Rolling Stone, NME, Billboard, Kerrang! ou le LA Times, et nourrit le débat sur la liberté d'expression et la place de la controverse dans l'art. À l'ère du recyclage, il rappelle surtout que le diable détient décidément les meilleures chansons.

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