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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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The Black Angels

Wilderness of mirrors

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Le précédent opus de The Black Angels, « Death song », remonte à 2017. Depuis, le line up du band a subi de profondes modifications, puisque Kyle Hunt et Nate Ryan ont cédé leur place au multi-instrumentiste Rami Verdooren et au sixcordiste Jake Garcia. Le quintet est, bien entendu, toujours drivé par le chanteur/bassiste/organiste Alex Maas et compte toujours en ses rangs la drummeuse Stephanie Bailey ainsi que le guitariste Christian Bland.  

Produit par John Agnello, « Wilderness of mirrors » constitue le 6ème elpee de cette formation texane (Austin) dont le patronyme été emprunté au titre « The Black Angel's Death Song » du Velvet Underground. Pourtant, la musique émarge surtout au psychédélisme. Et tout au long de « Wilderness of mirrors », elle emprunte au Floyd de Syd Barrett, à Love, aux Beatles circa « Tomorrow never knows » et au 13th Floor Elevators. Sur l’excellent « The river », le groupe évoque spécifiquement ces références. Et le rythme lancinant du titre maître ainsi que la voix flottante de Maas s’inspirent manifestement des premiers elpees du Pink Floyd. « 100 flowers of Paracusia » nous replonge dans la Californie des Byrds et de Jefferson Airplane. Un psychédélisme West Coast qui alimente « Vermillion eyes », une plage rognée par un clavier vintage et qu’imprime un tempo syncopé. « A walk on the outside » adresse un clin d’œil au band de feu Roky Erickson. « History of the future » libère des décharges électriques rampantes. Caractérisé par son drumming martelé, « El jardin » s’autorise des giclées de guitares joyeusement discordantes. Et elles passent au fuzz sur l’intense « La Pared (Govt. Wall Blues) », une piste au cours de laquelle des cloches d’église sont invitées. Plus enlevé, « Empire falling » est aussi pugnace qu’emballant. Enfin, « White a trace » est canalisé par une section rythmique lancinante, alors qu’en début de parcours le cri d’un guerrier indien nous avertit peut-être qu’il vient de déterrer la hache de guerre. Des sonorités d’orgue lointaines voilent le presque acoustique « Here & now ». Elles deviennent sibyllines et ténébreuses sur « Suffocation », le morceau qui clôt ce superbe album, dont les lyrics continuent de traiter des rapports entre les êtres humains, l’individu et la société…

The Black Angels

Psycho trip

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Les couloirs du temps se rétrécissent et il n'est plus nécessaire, de nos jours, de posséder une Delorean pour en arpenter les longueurs, largeurs ou toutes autres dimensions.

En empruntant un des vecteurs les plus communs et des plus usuels, je fais route ce mercredi soir vers des contrées hors de portée des affres de la nostalgie, inoculant cette substance non prohibée que l'on nomme simplement bon temps.

Par contre, il serait plus qu'opportun d’enfin concevoir la téléportation !

À défaut de cette grande et belle invention future, j'arrive alors qu’Elephant Stone vient d'entamer son set.

Mince, il est déjà sitar ?

Ben oui, dès les premières rasades, il est évident qu’Elephant Stone n'a pas inventé la roue ; mais ces Canadiens, emmené par leur bassiste, Rishi Dhir, disposent d’un certain potentiel pour renouer avec les trames de motifs sixties tout en y incorporant des éléments de musique traditionnelle indienne.

Passant judicieusement de la basse aux cordes pincées de son noble instrument à manche long, l'ex-membre des High Dials fait valser les compositions outrageusement pop de son répertoire.

Le résultat est donc à ranger dans la catégorie Revival aux côtés de Miles Kane, par exemple, plutôt que sur l'étagère où trônait Cornershop.

Si une écoute distraite avant leur passage n'avait guère affolé les aiguilles de mes potentiomètres, leur concert m'a permis de revoir mes premières impressions à la hausse. Beaucoup moins niaises qu'il n'y paraît à premier abord, leurs compositions recèlent de fort bonnes mélodies, rehaussées de galvanisantes montées sonores assénées par un excellent guitariste.

Et à aucun moment, les ponts brodés au sitar ne viennent encombrer le sentiment de légèreté qui émane des titres proposés.

À l'aise dans son français (et pardon aux néerlandophones), Rishi et son band nous laissent donc sur une agréable impression, tout en sourire et remerciements sincères.

Finalement, la pertinence de cette double affiche apparaît sous la lumière nouvelle de ces quarante minutes, et l'on comprend l'engouement des Black Angels de les emporter dans leurs bagages.

Du bagage, les Texans en ont pris depuis la première fois où je les ai vus en concert.

En quelques années, ils sont devenus incontournables et malgré un crochet récent à la frontière hollandaise, dans le cadre d’un festival gratuit, il n'est pas étonnant que l'Orangerie soit comble ce soir.

Le public enthousiaste (dont certains énergumènes survoltés) ne s'y trompe pas et réserve à chaque titre un accueil chaleureux.

En une heure et demie de passage à la moulinette, de télescopage chromatique et de réverbération hallucinée, les sens tanguent sous la houlette d'Alex Maas et sa clique d'anges ténébreux.

Pas de temps mort. C'est pied au plancher que le groupe d'Austin emballe son auditoire.

Chant incantatoire, pop noyée d'effets multiples, orgue grésillant et assaut de noise, le tout précieusement enrobé du linceul de gloires éternelles, du Velvet aux Doors en passant par 13th Floor Elevators.

La tête dans le tambour d'une machine qui abriterait du beau linge coloré, mais dont le bruit de moteur pétaraderait jusqu'aux portes de l'enfer, nonobstant la dose nécessaire d'adoucissant ajoutée, afin que le groupe entre dans la légende.

Un bref aperçu des titres joués ce soir permet de se rendre compte de l'évolution du band, restant intègre et fidèle à sa ligne de conduite.

Une recette sans cesse génialement réinventée qui donne substance et matière à des morceaux devenant au fil du temps classiques du genre.

Bref, on n’est pas prêt d'arrêter d'en parler de ces anges noirs.

Après cette avalanche de morceaux imparables ponctuée par « Young Men Dead » en apothéose, je n'ai plus qu'à plier genou à terre, tirant ma révérence, définitivement aux anges.

(Organisation : Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

The Black Angels

Austin power

Écrit par

Quelques mois seulement après leur passage à Dixmude, les anges noirs d’Austin étaient de retour pour présenter leur excellent dernier album “Phosphene dream”. Petit tour d’horizon dans une Orangerie pleine à craquer. Il est étonnant que l’assistance du concert de ce lundi soit encore aussi conséquente. Pas que la musique abrasive de ces lointains cousins du Velvet puisse être taxée d’élitiste, mais de là à déplacer les foules ? Il faut donc se féliciter d’un tel engouement général ayant drainé aussi bien gente féminine que masculine, (très) jeune ou moins jeune.

L’hypnose instaurée par ces Américains au charisme quasi nul (bon sang, ce chapeau de cow-boy et cette veste en cuir à franges !) opérant dès les premières notes, très vite les chansons de ces Black Angels dessinent une trame enivrante dans laquelle l’auditoire s’enlise passionnément. Hochant la tête et me balançant d’avant en arrière, humant de tout mon saoul le souffle virevoltant de ces mantras psychédéliques, je succombe de mon plein gré à cet appel quasi mystique. La batterie de Stéphanie Bailey, l’écho répercutant les distorsions des guitares, la voix ‘Morrissonienne’ du chanteur, Alex Maas, casquette éternellement rivée sur le sommet du crâne, tous les éléments s’enchaînent et s’entrelacent dans un kaléidoscope hallucinatoire propre à donner le tournis. Les nouveaux titres « Science Killer », « River of Blood » ou le presque pop « Telephone » se mêlent aux classiques du groupe tel le « You on the run » toujours pertinent d’efficacité. L’aspect homogène de l’ensemble renforce l’aspect incantatoire de la musique de ces Texans, agissant comme le catalyseur d’une montée en puissance digne d’un écrit de William Burroughs. En rappel, le groupe revient à ses premières heures, déposant aux pieds de leurs fans des titres de « Passover », en signe de profonde gratitude.

Là où The Black Angels passent, nul besoin de s’enivrer de substances illicites pour goûter aux plaisirs de paradis artificiels…

(Organisation Botanique)