Bordé des trois côtés par les rivières Hudson, Harlem, Bronx et East River, le Bronx, quartier injustement qualifié de repères des gangs les plus dangereux, est l’unique borough de New York rattaché au continent américain. The Bronx, c’est aussi le nom d’un solide groupe punk qui, paradoxalement est originaire d’une région beaucoup plus assimilée au rêve américain : le Sud de la Californie. On se souvient d’un brillant album éponyme sorti en 2003 et de son successeur tout aussi jouissif paru trois ans plus tard. Pour ce troisième opus, le combo s’est acoquiné au producteur Dave Shiffman, coupable de l’excellente production d’œuvres signées The Mars Volta ou System of a Down. Toujours aussi influencé par le Black Flag de Rollins et Iggy n’ the Stooges, The Bronx s’immisce sans complexe dans la mouvance punk revival ‘Made in USA’ et n’a rien à craindre des Rancid et autres NOFX ou Pennywise. Matt Caughtran soigne tout particulièrement la qualité de son chant et de ses textes, empreints de multiples réflexions sur la société occidentale et ses carences. D’un point de vue plus strictement musical, The Bronx se distingue de cette nouvelle scène par cette rage authentique qui caractérise les onze plages de cette troisième livraison rugueuse et revendicatrice à souhait.
Nettement moins commercial que l’ensemble des groupes punk ‘à singles’, il se démarque aussi par cette fabuleuse rythmique gonflée au groove. Ce qui n’est pas particulièrement courant dans le style. Des titres comme « Knifeman », « Past Lives » et « Digital Leash » font mouche dès la première écoute. Bruyant, rapide et dynamique, tout en conservant une certaine approche du son minimaliste, ce troisième opus privilégie l’efficacité et met l’accent sur l’indifférence de la politique américaine face aux laissés pour compte. On n’est pas loin de l’esprit de Jello Biafra et de ses Dead Kennedys. Un bon album que les fans de metal apprécieront également à sa juste valeur.