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The Delta Saints

Bones

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Groupe de blues/rock, The Delta Saints est constitué de jeunes musiciens. Etabli à Nashville, il s’est formé en 2007. Au cours des premières années de son aventure, le combo publie quelques Eps sous une forme indépendante. Lorsque le succès est au rendez-vous, il grave un premier elpee officiel, "Death Letter Jubilee". Nous sommes alors en 2013. Depuis, il est constamment en tournée. "Bones" constitue son second opus. Le line up du band est inchangé. Il réunit le chanteur/guitariste Ben Rigel, le bassiste David Supica, le drummer Ben Azzi, le guitariste Dylan Fitch et le claviériste Nate Kremer. Particulièrement créative, sa musique est en constante évolution. Si au départ elle trempait dans un blues/rock classique, aujourd’hui elle se révèle particulièrement originale. La formation signe les dix plages de "Bones". Les sessions se sont déroulées au studio Sputnik Sound, à Nashville. 

"Sometimes I worry" nous plonge au sein d’un univers étrange, peuplé de sonorités invraisemblables, d'où s'échappe la voix frêle de Ben, avant que la plage ne se charge d’une puissance instrumentale étonnante. Et une slide parvient à trouver sa place au cœur de cette trame musicale complexe. Chaque musicien apporte son écot à cet impressionnant assemblage. "Bones" se révèle aussi surprenant. La voix est douce. Les claviers tapissent un ensemble au cours duquel les percussions de Ben Azzi servent de moteur à cette expression sonore. Responsables d’une transe psychédélique, les guitares préludent déjà "Heavy hammer", une compo secouée par les grondements de basse provoqués par Supica. Si Delta Saints avoue pour références majeures Led Zeppelin, Black Keys et autres White Stripes, c’est par modestie ; car son delta blues est bien plus aventureux et probablement destiné au futur. "Zydeco" continue de baigner au sein de ce monde étrange. Le piano est passé à l’avant-plan ; mais offensive, la section rythmique reprend rapidement le flambeau, laissant les parties vocales se dédoubler à l'infini. Une claque ! "La Butte La Rose" retourne aux racines. Un bottleneck véhicule des accords arides. La voix est expressive et solennelle. Subtiles, les cordes de Dylan parviennent cependant à se frayer un chemin au cœur de cette structure alambiquée. Largement amplifiées, fuzzy, torturées et implacables, elles attaquent "Dust", au sein d’un climat puissant, claustrophobe et écrasant. Et au cœur de cette machinerie sans concession, Ben Ringle se met à hurler. "My love" s’ébroue depuis les racines, avant que le tempo ne s’élève. La voix est bouleversante, reflétant impeccablement une intensité latente. Toujours aussi complexe, "Into the morning" autorise des sorties de cordes baroques, torturées, déjantées, qui se fondent dans les percus quasi-tribales de Ben Azzi. Des percus qui reprennent le pouvoir sur "Soft spoken", après une amorce plus tendre.  Moment choisi par Ringel pour adopter les intonations tortueuses d'un Robert Plant de ce nouveau millénaire. "Berlin" clôt cette œuvre particulièrement riche, un funk nerveux mais qui ne sobre jamais dans la répétition. Prodigieux ! 

 

The Delta Saints

Death Letter Jubilee

Écrit par

Formation de roots étasunienne, The Delta Saints a été formé en 2007 par des étudiants qui fréquentaient un Collège de Nashville, dans le Tennessee. En l’occurrence le chanteur et joueur de dobro Ben Ringel, le guitariste Dylan Fitch, l’harmoniciste Greg Hommert, le bassiste David Supica et le drummer Ben Azzi. Avant de publier ce nouvel opus, ils avaient gravé deux Eps autoproduits, "Pray on" et "A bird called Angola". « Death Letter Jubilee » constitue donc leur œuvre la plus aboutie. Leurs lyrics traitent des amours difficiles, du manque de moralité et des vagabonds ; mais ils y intègrent des éléments de base comme la terre, l'air, le feu et l'eau! Leur style ? Un mélange de blues, de southern rock, de rock des bayous et de funk.

Des percussions syncopées et particulièrement néo-orléanaises ouvrent "Liar". Nous pénétrons dans l’univers des Delta Saints. Un univers sonore intense où chaque élément tient bien sa place. Très alerte, l'harmonica libère sa puissance et sa passion face aux cordes largement amplifiées. "Chicago" constitue un tribut à la Cité des Vents. Un blues imprimé sur un tempo lent. La voix de Ben est fervente et autoritaire. Tout au long de ce disque, elle impressionne, même. Très réverbérée, la guitare crée le lien qui mène au Delta lointain. Discrets, les arrangements de cuivres soulignent les interventions de musique à bouche. Sur ce rythme, Greg se sent comme un poisson dans l’eau. Caractérisé par les changements de tempo judicieux, "Death letter jubilee" identifie des chœurs a cappella. "Jezebel" s’ouvre comme une worksong authentique, avant que des cordes acoustiques ne viennent soutenir la voix. Des cordes rejointes par un harmonica pour le primaire "Out to sea", un folk blues au cours duquel le chant à l’agonie est saturé d’émotion. Une slide trépidante entame "Boogie" avant qu’elle ne s’enroule autour du timbre envoûtant de Ringel qui ne laisse finalement s'évader que l'instrument volatile de Greg. Une voix féminine atmosphérique épaule celle de Ben sur "Sing to me", précédant un déferlement instrumental. "Drink it slow" est balisé par les solides percussions de Ben Azzi. Mais au fur et à mesure que le ton monte, les cordes de Fitch saturent. "From the dirt" est certainement une des meilleures plages de l’elpee. Passionnée, impérieuse, la voix emprunte des accents tragiques. Les instruments resserrent les rangs pour mettre en exergue cet organe. Hommert prend son billet de sortie. Son registre est éloquent. Il aligne de nombreuses notes à la manière d'un Jon Popper chez Blues Traveler ou de Magic Dick au sein du J Geils Band. La résonance métallique du dobro envahit "The devil's creek", une compo puissante. "River" défile tel un holler. A cause de la propagation des voix et des répliques féminines, sur fond de percussions. "Old man" est une compo dépouillée, énigmatique, au cours de laquelle les cordes montent en crescendo. Un peu comme chez Neil Young. Et "Jericho" ponctue parfaitement ce superbe long playing. On a cependant encore droit à un morceau caché. Un jazz traditionnel issu de la Nouvelle Orléans exécuté par un Dixieland band…