Formation de roots étasunienne, The Delta Saints a été formé en 2007 par des étudiants qui fréquentaient un Collège de Nashville, dans le Tennessee. En l’occurrence le chanteur et joueur de dobro Ben Ringel, le guitariste Dylan Fitch, l’harmoniciste Greg Hommert, le bassiste David Supica et le drummer Ben Azzi. Avant de publier ce nouvel opus, ils avaient gravé deux Eps autoproduits, "Pray on" et "A bird called Angola". « Death Letter Jubilee » constitue donc leur œuvre la plus aboutie. Leurs lyrics traitent des amours difficiles, du manque de moralité et des vagabonds ; mais ils y intègrent des éléments de base comme la terre, l'air, le feu et l'eau! Leur style ? Un mélange de blues, de southern rock, de rock des bayous et de funk.
Des percussions syncopées et particulièrement néo-orléanaises ouvrent "Liar". Nous pénétrons dans l’univers des Delta Saints. Un univers sonore intense où chaque élément tient bien sa place. Très alerte, l'harmonica libère sa puissance et sa passion face aux cordes largement amplifiées. "Chicago" constitue un tribut à la Cité des Vents. Un blues imprimé sur un tempo lent. La voix de Ben est fervente et autoritaire. Tout au long de ce disque, elle impressionne, même. Très réverbérée, la guitare crée le lien qui mène au Delta lointain. Discrets, les arrangements de cuivres soulignent les interventions de musique à bouche. Sur ce rythme, Greg se sent comme un poisson dans l’eau. Caractérisé par les changements de tempo judicieux, "Death letter jubilee" identifie des chœurs a cappella. "Jezebel" s’ouvre comme une worksong authentique, avant que des cordes acoustiques ne viennent soutenir la voix. Des cordes rejointes par un harmonica pour le primaire "Out to sea", un folk blues au cours duquel le chant à l’agonie est saturé d’émotion. Une slide trépidante entame "Boogie" avant qu’elle ne s’enroule autour du timbre envoûtant de Ringel qui ne laisse finalement s'évader que l'instrument volatile de Greg. Une voix féminine atmosphérique épaule celle de Ben sur "Sing to me", précédant un déferlement instrumental. "Drink it slow" est balisé par les solides percussions de Ben Azzi. Mais au fur et à mesure que le ton monte, les cordes de Fitch saturent. "From the dirt" est certainement une des meilleures plages de l’elpee. Passionnée, impérieuse, la voix emprunte des accents tragiques. Les instruments resserrent les rangs pour mettre en exergue cet organe. Hommert prend son billet de sortie. Son registre est éloquent. Il aligne de nombreuses notes à la manière d'un Jon Popper chez Blues Traveler ou de Magic Dick au sein du J Geils Band. La résonance métallique du dobro envahit "The devil's creek", une compo puissante. "River" défile tel un holler. A cause de la propagation des voix et des répliques féminines, sur fond de percussions. "Old man" est une compo dépouillée, énigmatique, au cours de laquelle les cordes montent en crescendo. Un peu comme chez Neil Young. Et "Jericho" ponctue parfaitement ce superbe long playing. On a cependant encore droit à un morceau caché. Un jazz traditionnel issu de la Nouvelle Orléans exécuté par un Dixieland band…

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