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The Dodos

No Color

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The Dodos est certainement une espèce rare mais pas encore éteinte. Même si certains auraient voulu les abattre après la confection d’un album (« Time to die »), qualifié par une certaine presse critique de décevant. Mais ces drôles d’oiseaux n’ont pas dit leur dernier mot. Et il ne s’agit pas ici de faire du bruit inutile pour parader devant un public, tel un perroquet. Ils ne nous prennent pas pour des pigeons et nous servent un chant qui berce mélodieusement nos oreilles. Leur musique est aussi douce et pure que la colombe, aussi poétique que l’albatros, aussi rythmée que les battements d’ailes du colibri. Ces airs, qui soulèvent les membres plumés de ces divers volatiles, nous emmènent vers des cieux décalés. Témoin de cette véritable envolée sauvage, Léonard De Vinci doit se retourner dans sa tombe en voyant à quel point il est simple de nous envoyer dans les nuages. Le temps d’un album nous sommes tous membres d’un peuple migrateur suivant non pas son instinct, mais le talent d’un groupe. Car même s’il n’y a pas de grande surprise le long de la route, cette dernière mène toujours au soleil. En bref, The Dodos ne sont pas cuits, car « No Color » leur rend le crédit qu’ils avaient peut-être perdu lors de la sortie de leur dernier opus ; mais ils restent bel et bien savoureux.

Mais trêve de métaphores et de mauvais jeux de mots. Ces neuf pistes ne sont pas les plus éclatantes et originales de la formation. Bien que « Companions » affiche un petit côté ‘drôle’ et inattendu ou que « No color » soit sans doute orphelin d’un brin de folie, le groupe laisse toutefois la place pour combler ce manque sur scène. Finalement, ce quatrième elpee ne se grave pas dans les mémoires mais délivre un certain plaisir sensoriel immédiat. Par conséquent, les vautours de la critique devront encore attendre avant de savourer la carcasse sans vie de The Dodos.

 

The Dodos

Time to die

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Pour enregistrer leur troisième opus, The Dodos a reçu le concours d’Ek à la production, un personnage dont la carte de visite mentionne la mise en forme de disques de Fleet Foxes, de Band Horses et des Shins. Mais de là à comparer la formation californienne à cette dernière, il y a un pas que je ne franchirai pas. C’est pourtant ce qu’une certaine presse spécialisée essaie de nous faire croire. Anglo-saxonne en particulier. A mon humble avis, elle ferait bien de retourner au lit…

Bref, venons-en à ce « Time to die ». Pas un titre rigolo, mais manifestement adapté aux lyrics. Peut-être un des seuls reproches que l’on puisse faire au groupe. Des textes trop occultes traitant notamment de mort, de suicide et autres thèmes morbides. A contrario, la musique pète des flammes. Le line up est donc officiellement élargi à un trio. Keaton Snyder se chargeant du xylophone (surtout, même en tirant des sonorités à l’aide d’un archet) et des percus (parfois). Si sur les planches, ses interventions sont plutôt discrètes, sur disque elles apportent une dimension supplémentaire aux compos. Pas sur tout l’elpee, mais sur une bonne moitié. A l’instar du morceau d’ouverture, « Small death », titre découpé en trois mouvements, au cours duquel ses interventions épousent littéralement les lignes de guitares distordues de Meric Long. Du carillonnant « Two medecines », du sinueux « Troll nacht » et enfin du titre maître, caractérisé par ses fréquents changements de tempo, un morceau qui me rappelle étrangement le climat entretenu tout au long du le 3ème album de Led Zeppelin (NDR : oui, oui, le plus acoustique). Mais sous un format plus pop que rock. Une impression qui fait d’ailleurs régulièrement surface, en écoutant cet elpee. Parce que cordes acoustiques voire semi-acoustiques (NDR : il y a un zeste d’électricité quand même) ainsi que percus tribales, pulsantes, propulsives, percutantes, syncopées, complexes, vivifiantes mais tellement subtiles alimentent les 9 morceaux de cet opus. A la gratte Meric Long alterne fingerpicking et arpèges enfiévrés. Aux drums, Logan Kroeber établit les différents tempi. Qui peuvent varier plusieurs fois a sein d’un même morceau. Et lorsque la frénésie contamine une compo, on est comme emporté par un tourbillon dévastateur. Mais le combo prend soin de préserver un sens mélodique particulièrement contagieux que lustre le timbre vocal ondulatoire, sucré, de Meric (NDR : circonstanciellement rejoint en harmonie par la voix de Logan), à la manière d’un Paul McCartney. Un des albums de l’année !

 

The Dodos

Guerriers apprivoisés

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Pour bien démarrer la saison, le Botanique a eu la bonne idée de dépoussiérer la Rotonde en y conviant The Dodos. Et pour cause, la popularité de cette formation issue de San Francisco est en phase ascendante. Le line up a été élargi depuis l’arrivée d’un troisième membre ; une occasion idéale pour découvrir son troisième rejeton devant une salle pleine à craquer.

La soirée s’est ouverte par un set tout en délicatesse de Wye Oak, duo originaire de Baltimore. Petits protégés du label Merge, Jenn Wasner et Andy Stack présentent leur deuxième recueil, « The Knot », dont les compos sentent bon l’indie des années 90, sans le côté dépassé. Tout n’est pas parfait mais le duo parvient à tenir une bonne partie du public en haleine pendant près d’une quarantaine de minutes.

Exit les barriques. The Dodos jouent toujours aussi fort mais privilégient la carte de la subtilité en additionnant Keaton Snyder et son vibraphone géant à leur configuration. Le duo, devenu depuis trio, avait déjà soufflé ses fans belges lors de sa visite au Pukkelpop en 2008, avant de remettre le couvert un peu plus tard cette année-là au VK. Mais leur prestation accordée à Dour cet été n’a manifestement pas emballé grand monde, alors que le nouvel ouvrage de la bande n’a, jusqu’à présent, reçu qu’un accueil assez mitigé. L’appréhension était donc au rendez-vous avant la montée sur scène de la formation.

Premier constat : Logan Kroeber à switché ses instruments rustiques contre de grosses caisses plus belles et plus chères. La formule est tout de suite moins excitante mais le gars joue avec tant de classe et de passion qu’on ne peut pas vraiment lui reprocher grand-chose. Meric Long a une petite gueule d’ado attendrissant. Ce qui ne l’empêche pas de se déchaîner sur sa gratte. Il balance au micro quelques uns des morceaux de « Time To Die ». Joe Haener, le discret, mais terrible percussionniste de la tournée précédente à cédé sa place au tout aussi circonspect Keaton Snyder à qui il aura fallu quelques titres avant d’être complètement en phase avec ses camarades. Ses coups de vibraphones sont certes intéressants mais n’apportent, à mon humble avis, pas plus de substance aux compos de la formation.

The Dodos parcourent essentiellement leur dernier né ; mais entrecoupent le tracklisting de  quelques extraits inévitables de « Visiter ». Les petits gars livrent un set captivant mais peut-être un trop formel par rapport à ceux auxquels ils avaient habitués leur public. Ils se rattraperont néanmoins en offrant au public deux rappels vibrants. Au bout d’une heure et demie, le trio se retire. On suit le mouvement, un sourire ravi aux lèvres.

(Organisation : Botanique)

(voir aussi notre section photos) 

The Dodos

‘On peut comparer le studio au boulot et le concert à une récréation…’

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The Dodos, un nom à coucher dehors. Mais The Dodos, c’est surtout le patronyme choisi par une formation issue de San Francisco. Devenue un trio depuis peu. C’est-à-dire lors de l’intégration du xylophoniste/percussionniste Joe Haener. Les deux piliers de cet ensemble californien sont cependant le drummer Logan Kroeber et le chanteur/compositeur/guitariste Meric Long. Et c’est ce dernier qui a choisi le nom du groupe. En fait il s’agit tout simplement d’un mot tendre chuchoté par sa maman lorsqu’il était nourrisson. Une Tahitienne. Donc de nationalité française. Ce qui peut expliquer le choix. Avant de nous gratifier d’un set époustouflant au VK de Bruxelles (voir review), le groupe nous a accordé une interview. Au grand complet, même si Joe ne prendra jamais la parole, se contentant épisodiquement de hocher la tête ou de sourire. Et pour entrer dans le vif du sujet rien de tel d’aborder un sujet percutant : les percussions…

Ainsi Meric estime qu’il existe quelque chose de primal et d’universel dans l’art du drumming et des percus. Il est fasciné par les polyrythmes pratiqués à l’Est de l’Afrique, et en particulier au Benin et au Togo, discipline qu’on appelle aussi le West African Ewe (Wikipédia :  http://en.wikipedia.org/wiki/Ewe_drumming). Il s’explique : « Effectivement. De manière générale, les gens apprécient les percussions, les toms qui résonnent. Qu’elles soient jouées en force ou subtilement. Mais ce qui nous intéresse, ce n’est pas uniquement le rythme, mais le rôle ou l’apport du percussionniste dans la mélodie. Ce qui importe, c’est la façon dont le musicien arrange sa chanson plutôt que son niveau technique. En fait, on base notre recherche sur des éléments simples. Exemple : la batterie. Et ensemble, on arrive à tramer le tout de manière à rendre les morceaux intéressants (NDR : en quelque sorte, la somme des interactions est plus importante que les parties individuelles). Ce qui ne veut pas dire qu’on se marche sur les pieds… » Mais dans cet esprit, peut-on dire que Meric joue de la guitare comme des drums et Logan des drums comme de la guitare ? Meric admet : « Sûrement ! Je traite parfois ma guitare comme une batterie et Logan ses drums de manière très mélodique. Enfin, la façon dont nous jouons chacun de notre instrument est très percussive. C’est mon explication. » Meric joue de la gratte depuis son plus jeune âge. Mais il a d’abord commencé sur un ukulélé. Celui de son oncle. Ce qui explique peut-être un certain goût des Dodos pour les instruments insolites. « J’ai même hérité de cet ukulélé. Et il est exact que c’est le premier instrument sur lequel j’ai joué. Je voulais une guitare, et je me suis retrouvé avec un ukulélé… Vu que nous gagnons mieux notre vie aujourd’hui et avons acquis une certaine notoriété, on va pouvoir penser à se payer des instruments insolites. Je connais un luthier qui fabrique des instruments à cordes sur mesure. Et nous allons lui demander d’en confectionner l’un ou l’autre… » N’empêche, pour afficher une telle dextérité aux cordes, Long doit avoir suivi des cours. Pas à l’Académie, mais dans une autre école artistique. Il reconnaît avoir bénéficié des conseils d’un excellent prof. « Mais mon truc, c’était plutôt la dance et la pop. Je compte encore enregistrer trois ou quatre albums, dans le style proposé actuellement par les Dodos, puis j’envisage de reprendre des études musicales. Approfondir mes connaissances, mais dans un autre domaine que la pop. En fait, c’est toujours ce que j’ai fait : jouer, chanter, écrire de la musique. C’est mon truc et un type d’existence que je compte poursuivre… »  Logan est davantage branché sur le metal progressif. Etonnant pour un musicien impliqué dans un tel projet. Il se justifie : « En fait, dans le métal progressif, les drums sont joués très rapidement. Et c’est ce qui m’intéresse. » Pour l’anecdote, Logan et Joe consomment de nombreux sticks durant un concert. Mais c’est ce dernier qui détient le record absolu de bris de baguettes…

A travers les différentes revues de presse, les Dodos sont comparés tour à tour à Tyrannosaurus Rex, Led Zeppelin (album III), Animal Collective, Velvet Underground, The Feelies, High Places, Yeasayer, Indian Jewerly, Magnetic Fields, Sufjan Stevens, Gorky’s Zygotic Mynci, Syd Barrett, Arcade Fire, Beta Band, Tom Waits, Robert Johnson ou Elliot Smith. Les musiciens n’aiment pas trop les comparaisons. Ils préfèrent parler d’influences. Finalement au plus la liste est longue, au plus elles sont diluées. Et au plus leur musique devient originale. Logan est même ravi d’entendre dire que leur musique a atteint un tel niveau de complexité qu’elle pourrait incarner la synthèse des artistes et groupes susvisés. Par contre, aucun des deux interlocuteurs ne connaît Johnny Dowd. Ils n’en ont jamais entendu parler, mais ont promis de prêter une oreille à sa musique. Il est vrai que même si ce Texan émarge à la roots, il est très friand de percus et de bruitages insolites… Dans un autre registre, Meric apprécie beaucoup Orchestral Manœuvres In The Dark. Ce qui méritait une explication. « Effectivement. Les voix, les mélodies. Andy McCluskey et Paul Humphreys étaient de grands compositeurs de chansons. Et la plupart d’entre elles sont devenues intemporelles. »

Qu’est-ce qui botte le plus les Dodos, le live ou le studio ? Logan réagit instantanément : « Sans hésitation : les concerts ! » Meric nuance : « Cela dépend. Ce sont des expériences différentes. Jouer en concert, c’est comme quand tu t’injectes une petite dose. C’est rapide. L’adrénaline te booste immédiatement. Mais la réaction n’est satisfaisante que jusqu’au lendemain matin. Et puis, lorsque tu te réveilles, il faut se remettre au travail. En fait, on peut comparer le studio au boulot et le concert à une récréation… » A propos de ‘live’, le groupe n’a-t-il pas l’intention d’enregistrer en public ? La réponse de Logan fuse : « Un Dvd sort ce mois. Nous l’avons enregistré à Londres. » Pourtant, Logan n’aime pas trop les festivals. Il estime qu’ils projettent une image tronquée du groupe. Il commente : « Lors d’un festival, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. C’est la façade ! Et dans ce gros bazar, il y faut faire passer un maximum d’artistes sur les planches. Imagine le concert que nous allons donner ce soir, dans une petite salle, et transpose-le dans un grand festival. Ce n’est plus la même chose. L’amplification et l’éclairage sont différents. On n’a l’impression de ne plus vivre dans la réalité. Tout le monde est mélangé et on doit même jouer au milieu des rockers… »

Laura Gibson (http://www.myspace.com/lauragibson) est une chanteuse/guitariste américaine qui vient poser sa voix sur le deuxième opus des Dodos. Mais comment l’ont-ils rencontrée ? Meric raconte : « Un an avant que nous enregistrions notre premier elpee, je l’ai croisée dans un studio d’enregistrement à Portland. Nous avons fait connaissance. Elle appréciait notre musique. Elle m’a refilé un cd et on s’est échangé nos e-mails. On s’est ensuite revus à New York. Et je cherchais une voix féminine pour participer aux sessions de ‘Visiter’, notre deuxième opus. J’avais pensé à Diane Krall, mais elle n’était pas disponible. Aussi j’en ai profité pour lui demander et elle a accepté l’invitation. Elle ressent les choses qu’elle chante. Elle a participé aux vocaux pour trois compos. La situation était surprenante, car Logan et moi l’observions de la salle de contrôle. Elle était de l’autre côté de la vitre. Nous ne l’entendions pas. On la voyait simplement remuer les lèvres. Et nous nous inquiétions du résultat. En définitive, nous avons fait le bon choix, car sa voix et belle et très riche… »

Merci à Vincent Devos.

 

The Dodos

Percutant et percussif...

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Si mes souvenirs sont bons, il y a onze années que je n’avais plus mis les pieds au VK. C’était lors du concert de Chumbawamba. Le seize novembre 1997, très exactement. Faut dire que le climat dans le quartier, à l’époque, était plutôt tendu. S’aventurer le soir à Molenbeek, c’était un peu la zone. Enfin, c’est le sentiment que j’éprouvais. Et que partageait, vu les expériences vécues, la plupart des baroudeurs de concerts rock. Aujourd’hui, les choses ont bien changé. Les rues sont bien éclairées. Pas vu de rassemblement hostile. Un commissariat de police a été construit dans le quartier. Et on se sent davantage en sécurité. D’autant plus que le staff du VK implique une équipe multiculturelle aussi soudée qu’efficace. Un bel exemple d’intégration…

Suite au remarquable concert accordé dans le cadre du festival Pukkelpop, la formation californienne (NDR : de San Francisco très exactement) revenait donc en Belgique pour un set très attendu. On n’était d’ailleurs pas loin du sold out…

Jennifer Gentle servait de supporting act. Une formation italienne. Issue de Padoue très exactement. Née en 1999, elle a compté jusque cinq musiciens ; mais est réduite aujourd’hui à un duo : le chanteur/compositeur/guitariste et membre fondateur Marco Fasolo ainsi que le claviériste/vocaliste Liviano Mos. Moustache à la gauloise et longs cheveux, ce dernier trahit le look d’un musicien de métal des seventies. Pensez à Black Sabbath. Il souffle aussi ponctuellement dans un kazoo. Premier groupe transalpin à être signé sur le label Sub Pop, Jennifer Gentle compte parmi ses admirateurs Mark Arm (Mudhoney), Grahan Coxon (Blur), Jarvis Cocker, Mars Volta, Julian Cope et même des musiciens d’Architecture In Helsinki ainsi que des Dandy Warhols. En fait leur psychédélisme farfelu, presque cartoonesque, s’inspire de Syd Barrett ; mais également du cinéma italien (Fellini et Morricone, tout particulièrement). Marco possède un timbre particulièrement aigu, androgyne, rappelant parfois Danielson, alors que le falsetto de Liviano est plus limpide. Leur musique est très minimaliste, mais assez complexe. Les accords dispensés par Marco, à la guitare, plutôt arides. Les changements de rythme constants. Cool au début, le set s’achève par deux titres puissants et énergiques, dont le premier bénéficiera de la participation de Meric et Logan des Dodos, aux percus. Une demi-heure, c’était largement suffisant. En fait, pour pouvoir apprécier ce style musical, finalement très proche de la prog, il est indispensable de bien connaître les morceaux. Sans quoi, on est constamment déboussolés.

Place ensuite aux Dodos. Un trio californien. A gauche, Meric Long. Probablement d’origine mexicaine (NDR : la formation est issue de San Francisco !) Le plus souvent assis devant deux micros. L’un destiné aux basses, l’autre aux aigus. Il change de guitare à chaque morceau. Ses grattes acoustiques électrifiées, il les joue en fingerpicking. Il imprime régulièrement le rythme en frappant du pied sur le podium. Il se sert de temps à autre d’un bottleneck. Parmi ses râpes électriques, il dispose d’un spécimen qui a du vécu, tant la boiserie est usée. Ses interventions allient punch et virtuosité. Il possède une voix claire, qui se conjugue très souvent en harmonie avec celle du drummer, Logan Kroeber. Le deuxième larron siège à droite de la scène. Pas de grosse caisse. Rien que des toms et des cymbales. Et puis un tambourin fixé en-dessous de son pied droit. Son amplitude, sa versatilité et sa dextérité en matière de drumming sont sidérantes. Il est capable de reproduire le bruit d’une machine à écrire, en tapotant le bord de son tom ou de ficeler une mélodie rien qu’en caressant ses peaux. Enfin, au centre, mais en retrait, milite le dernier arrivé : Joe Haener. Préposé au xylophone et aux percus. En fait de percus, il tire le plus souvent parti de sonorités qui émanent d’une poubelle métallique complètement cabossée. Et franchement, ça claque ! Très discret (NDR : il se cache derrière son matos quand il ne doit pas participer aux festivités), Joe se révèle terriblement efficace.

La musique de Dodos brasse une multitude d’influences (NDR : à cet égard, je vous invite à aller revoir la chronique consacrée à leur dernier album, « Visiter »). Cependant, l’une d’entre elles saute aux oreilles : celle du troisième album du Led Zeppelin. Oui, oui, le plus acoustique et personnellement l’œuvre majeure du dirigeable. Surtout lors des morceaux les plus bluesy. Mais en même temps, le groupe y injecte un feeling latino, hispanique plus précisément, et libère une intensité percussive qui vous prend littéralement aux tripes. Au fil du set, Meric commence à se lever de plus en plus souvent tout en martelant le rythme du pied sur les planches. Il abandonne même sa six cordes, en fin de parcours, pour cogner également sur le bidon martyr. A cet instant, Joe est allé rejoindre Logan pour partager les drums . Bref au fil de la prestation, l’intensité et l’ambiance montent en crescendo. Impossible de rester en place tant le rythme est contagieux. Et provoque in fine une véritable transe. On ne sait plus trop où on en est. L’intensité est à son paroxysme. Les changements de rythmes sont légion. Les instruments bavardent entre eux. Et multiplient les réponses cinglantes. Meric est en nage. Joe aussi. C’est même beaucoup plus spectaculaire. D’ailleurs, lorsque les perles de sueur giclent littéralement de son front, pendant qu’il assène furieusement ses coups sur le bidon, on ne peut y voir qu’une attitude esthétique. Et le concert s’achève dans la frénésie la plus totale.

Deux titres seront accordés en rappel. Et lors du dernier morceau, cerise sur le gâteau, les musiciens de Jennifer Gentle viennent apporter leur collaboration aux percus, martelant notamment le sol à l’aide de sticks. Un final extatique et carnavalesque ! Les Dodos ne reviendront plus. On en aurait quand même encore bien repris un morceau. Surtout d’un aussi savoureux gâteau…

Organisation : VK

 

The Dodos

Visiter

Écrit par

On ne va pas vous faire un dessin pour vous rappeler la définition d’un dodo ; aussi, dormez-en paix. Par contre le dodo, autre nom du Dronte, était un oiseau des Iles Mascareignes. Incapable de voler, ce volatile a été exterminé par l’homme au XVIIIème siècle. Mais venons-en maintenant à nos Dodos. Franchement, un nom à coucher dehors (NDR : oui, je sais le jeu de mots est facile). Un duo californien. Issu de San Francisco, très exactement. Partagé entre Meric Long et Logan Kroeber. Le premier se réserve les lead vocaux et se charge de tous les instruments à cordes (NDR : essentiellement acoustiques) et le second des percussions. Et ils n’hésitent pas à se servir des instruments les plus insolites. Mais le plus intéressant, c’est qu’ils utilisent toute cette panoplie pour en extraire des sonorités incroyables. En puisant dans leur imagination ; et puis en se servant de la technologie moderne. Autre particularité, les percus sont bien mises en avant. Parfois tribales, elles inoculent une plus grande vivacité aux compos. En outre, leurs chansons sont particulièrement mises en forme, fignolées, sculptées et parfois même lustrées d’arrangements (un zeste d’électro, quelques accords de piano, du glockenspiel et des cuivres), tout en préservant le sens mélodique. Un cocktail de pop, de psychédélisme, de punk, de blues, de world, de prog, de swing et de folk, au sein duquel on retrouve des traces, à des degrés divers, de Gorky’s Zygotic Mynci, Syd Barrett, Animal Collective, Sufjan Stevens, Arcade Fire, Beta Band, Tyrannosaurus Rex, Tom Waits, Robert Johnson, Elliot Smith et j’en passe… Et au plus on écoute cet elpee, au plus on s’en délecte…