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The Low Frequency in Stereo

Morne plaine

Écrit par

E40/A10, sortie 4. Direction Dixmude. Grisaille et crachin ternissent tristement les paysages dépouillés de la vallée Handzamevaart. Espaces ouverts abritant précieusement la scène du 4AD qui nous avait réservé la surprise de programmer les talentueux Norvégiens de The Low Frequency In Stereo. Peu dépaysés par le manteau de vent, de froidure et de pluie qui recouvre les plaines flandriennes, les cinq Scandinaves devaient l’être davantage par l’accueil, à vrai dire, inexistant du public. Le calme et le grand vide étaient effectivement les principaux protagonistes de ce concert flandrien.

Après le brillant concert accordé la veille au Nijdrop (Opwijk), il revenait au cinq de Rogaland de relever le défi de nous présenter leur excellent quatrième album « Futuro » (voir rubrique chroniques Cd) en dépit de l’absence de visiteurs et de briser habilement le silence de leur lo-fi post rock.

« Turnpike » imprègne d’emblée les lieux d’un instrumental atmosphérique expérimental. Les rythmiques hypnotiques ‘stereolabiennes’ et les textures ambiant se mettent hâtivement en place. Les influences multiples s’accordent dès le deuxième morceau. Ainsi, « Texas Fox »  invite rapidement la délicieuse voix pop de Hanne Andersen à se découvrir sur des textures électroniques industrielles. Les mélodies éthérées du quintette nordique passent astucieusement d’un univers dream pop noirci (« Starstruck ») à une cold wave électrique (« Geordie La Forge » ou « Man Don’t Walk »). Elles sculptent des atmosphères shoegazing qui s’impriment sur un héritage Krautrock omniprésent. L’âme de « Futuro » demeure intacte.  

  Cependant, quelque chose déroute tout au long du concert, une sensation dérange. Le sentiment de ne pas retrouver cette parfaite orchestration et ces minutieux arrangements préalablement entendus sur le dernier album devient une évidence. La substance sonore est moins polie, les mélodies complexes et sophistiquées se lissent. Un set qui déborde de sincérité mais qui se révèle moins créatif, moins original que sur la galette. Les cinq musiciens de The Low Frequency In Stereo passent du pop-rock à la new-wave avec la même expressivité scénique introvertie. Les longs passages instrumentaux ‘shoegazés’ inspirés des Ecossais de Mogwai s’alourdissent et ne décollent jamais réellement. Mais, dans cet espace sonore, un danger guette les artistes, ils marchent sur un fil tendu au-dessus du néant. Car l’identité culturelle et marque de fabrique scandinave dont certains groupes se vêtent avec bonheur, fait sombrer cruellement d’autres dans le piège annihilant de la monotonie.

Un concert trop linéaire qui ne reflète pas la qualité intrinsèque de « Futuro ».

(Organisation 4AD)

The Low Frequency in Stereo

Futuro

Écrit par

Disons-le tout de go : le quatrième album 8 titres du combo post-rock norvégien « The Low Frequency In Stereo » est simplement excellent !

Découvert en Belgique lors de l’édition 2002 de Dour, il aura fallu sept ans et quatre albums à la formation norvégienne pour atteindre les cimes étincelantes du sublime. 

Rien n’est laissé au hasard dans le lo-fi post-rock du quintet scandinave. Tout concourt au sentiment subtil d’une synthèse parfaite : l’heureuse adéquation du nom du groupe, l’orchestration des influences, la multiplicité instrumentale et technologique, les arrangements minutieux… L’ensemble évoque une horloge intemporelle aux mécanismes complexes et sophistiqués !

Tels de talentueux alchimistes, TLFIS soude efficacement les sonorités modernes à la musique alternative allemande des années 70 héritée du Krautrock (Can, Faust, Kraftwerk…) sans jamais tomber dans les clichés. Tailleurs de son brut (rough) et horlogers de mécanique industrielle, la formation polit la substance sonore et nous en livre l’éclat pur et kaléidoscopique. 

Après « The Last Temptation Of…The Low Frequency in Strereo (Vol. 1) », sorti en 2006, les cinq norvégiens haussent encore la qualité de leur jeu. Tout au long de « Futuro », ils explorent les sources électroniques (Notwist), jonglent avec les rythmiques hypnotiques (Stereolab), expérimentent les techniques de studio, innovent des textures Ambient et usent de leur héritage des 70’s pour produire un instrumental avant-gardiste et expérimental. Instrumental couvert de deux voix mixtes mélodiques et séduisantes. Voix médium pour lui, Per Steinar Lie (« Geordie La Forge ») et plus doucement pop pour elle, Hanne Andersen (« Starstruck » ou Texas Fox).  

Tandis que « Mt. Pinatubo » et « Solar system » –orgie cosmo-trip-groove de près de 10 minutes– sculptent des atmosphères shoegazing à coups de pédales wah-wah et de dream pop noircie, « Starstruck » nous offre un fantastique bijou pop dont l’intro flirte incestueusement avec « The End » des Doors. Les longues vagues d’orgue psyché présentes sur l’excellente première plage « Turnpike » rappellent également le spectre de la tribu Morisson.

Cinq musiciens dont le talent use de tout médium technique et influences pour créer un univers très personnel. Lieu où les climats alternent, s’éloignent, divergent mais ne s’altèrent pas. L’ensemble reste incroyablement cohérent et inventif.

Entre le mouvement Krautrock et Stereolab, TLFI se pose tranquillement comme l’un des phénomènes Post-rock de ces dernières années. Quant à « Futuro », tant par son originalité que par sa sophistication musicale, il comptera certainement parmi les meilleurs albums de l’année  2009.

Indice supplémentaire de liberté artistique affichée par le groupe : des pistes de 9’20’’ et de 6’54’’. Et vos chances de trouver ce genre de format sur les ondes radio s’amenuisent fortement.

Un incontournable que tout amoureux de musique expérimentale devrait poser sur son étagère.