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The Rest

Everyone All At Once

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Il y a maintenant une bonne dizaine années que le Canada incarne le centre névralgique de la musique indie. Est-ce dû au brassage des cultures, exemple d’un véritable melting-pot ? Ou peut-être à la richesse de leurs paysages naturels ? Allant de la toundra des territoires du Nord aux Rocheuses, en passant par les plaines de l’Ontario, en quelques heures tout solitaire peut s’isoler et se retrouver seul à seul face à dame nature. Mais peu importe les raisons qu’elles soient géographiques, culturelles ou autres, le fait est que chaque année, que dis-je chaque mois, un groupe canadien déboule sur la scène musicale et une fois sur trois celui-ci est digne d’intérêt. Autant dire que le taux de réussite est élevé. Même si la Belgique n’a pas à rougir, il faut reconnaître que l’univers musical canadien a de quoi faire rêver. Arcade Fire, Broken Social Scene, Black Mountain, Wolf Parade et l’écurie Constellation en sont probablement les plus beaux fleurons. Mais on n’oubliera pas Japandroids, Tokyo Police Club, The Acorn, Caribou, auxquels on pourra ajouter dès à présent, The Rest.

Fondé à Hamilton (situé à quelques centaines de kilomètres de Toronto), le collectif évolue au sein d’un univers sonore assez proche de celui d’Arcade Fire. A l’instar des géniaux Montréalais, leur musique prend aux tripes. Un univers nébuleux, ténébreux, au cœur duquel l’aspect théâtral prend une place importante.

« Modern Time Travel » et « Coughing Blood/Fresh Travel (Necessities) » s’ébrouent en nappes de guitares avant de s’emballer au contact des refrains. Un exercice de style où le septuor se montre très à l’aise. Ce qui ne l’empêche pas de s’en écarter circonstanciellement pour emprunter un style plus épuré, tout en conservant l’intensité émotionnelle (« Drinking Again »). Ces Canadiens sont tout simplement ‘bluffants’. Ils tissent chaque morceau comme une toile distincte, véhiculant tour à tour des sentiments d’ivresse, d’envoûtement, d’obsession et de violence maîtrisée. Et impossible de résister à cette déferlante. En outre, la performance vocale somptueuse accomplie par Adam Bentley, tout au long d’« Everyone All At Once », accentue cette mélodicité contagieuse. Suffit d’écouter « Walk On Water (Auspicious Beginnings) » pour s’en rendre compte. Encore un groupe canadien qui ne devrait pas demeurer en Rest…