New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Stuck in The Sound

Billy Believe

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“Billy Believe” constitue le sixième elpee de cette formation française, issue de Montreuil, en Seine St-Denis, très exactement. Au fil de sa discographie, on constate que la musique de ce quintet embrasse un profil de plus pop voire électro/pop. Et sur ce nouvel opus, pour une bonne moitié du tracklisting. Notamment en début de parcours. Nous réservant trois plages efficaces (« Serious » et un « Forever days » hanté par Smashing Pumpkins) qui pourraient aisément revendiquer une place sur une playlist de bande FM et puis un excellent « Alright » assez proche de l’esprit d’un Vampire Weekend.  A partir de l’excellent « Unlovable », une piste aux sonorité indie rock, le long playing change de cap en replongeant dans son style post hardcore, inspiré par les 90’s. A l’instar de l’enlevé et tribal « Petit chat », un morceau enrobé de chœurs, du percutant « Action », rehaussé par la présence d’une voix féminine, du rock bien pêchu et menaçant « Vegan porn food », qui aurait pu naître de la rencontre entre Fugazi et Marilyn Manson et enfin du final « Riots », un titre au tempo versatile, mais dont les riffs de gratte semblent empruntés à Helmet. Enfin malgré son flux d’énergie, « Radioactive god explosion » est un peu trop brouillon pour convaincre. Bref, un album qui risque de diviser les opinions, vu son style un peu trop éclectique. Une constante quand même, la voix haut perchée de José Réis Fontao, assez proche de celle de Jason ‘Jay’ Kay (Jamiroquai)…

The Soundtrack Of Our Lives

Des Vikings impressionnants...

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Journée de grande effervescence au Bota ce mardi 16 novembre ; puisque si l'Orangerie accueillait Ash et Hitch, la Rotonde proposait trois groupes : The Soundtrack Of Our Lives, The Detroit Cobras et The Radiation Kings.

The Radiation Kings nous viennent d'Allemagne et jouissent d'une popularité certaine dans leur pays. Un groupe de garage qui se réclame ouvertement des Stones, du Velvet Underground et des Stooges. Fondé en 1997, cet ensemble compte quelques albums à son actif et a même déjà eu l'honneur de participer à l'émission de la WDR, 'Rockpalast'. Pour le peu que j'ai pu les apercevoir, leur prestation n'a guère soulevé l'enthousiasme. Brouillonne pour ne pas dire bâclée, elle s'est même achevée dans l'indifférence générale. Et le chanteur a eu beau se démener comme un beau diable (NDR : physiquement on dirait une sorte d'hybride entre Ian Brown et Mick Jagger), son groupe n'est parvenu qu'à patauger allègrement dans la choucroute…

The Detroit Cobras est un quintet dont la plupart des membres viennent de Detroit (NDR: vous vous en doutez!). Une formation fondée en 1995 par le guitariste Steve Shaw, et qui compte dans son line up deux filles. Tout d'abord la guitariste Maribel Restrepo ; et puis la chanteuse Rachael Nagy, sorte d'Amanda Lear qui aurait rajeuni de 30 ans. Moulée dans son jeans, cette blonde hyper sexy fume comme une cheminée, boit comme un cosaque et (NDR : non je n'ai rien dit…). Bref, une chose est sûre, son timbre vocal rauque sied particulièrement bien à la musique du groupe. Une musique basique, garage, inspirée par le R&B, le gospel et le rock'n roll des années 50. Leur set est essentiellement composé de reprises obscures. Des titres souvent très brefs imprimés sur un tempo 4/4 qui me rappellent les Ramones. Et le look des mâles (NDR : rouflaquettes, cheveux longs en bisbille avec leur shampooing depuis belle lurette !) corrobore ce point de vue. Si leur prestation reste plutôt agréable, elle ne décollera jamais. En cause : Rachael. Qui a plutôt l'air de s'en foutre comme de l'an 40. De cette soirée, elle ne retiendra probablement que le goût de la bière belge…

Auteur d'un quatrième opus remarquable (« The origin vol. 1 »), The Soundtrack Of Our Lives, se produisait pour la première fois, en Belgique. Pas les membres fondateurs, puisque le chanteur Ebbot Lundberg et le guitariste Ian Person s'y étaient produits en compagnie de Union Carbide Productions, leur précédent groupe. Dès l'entrée le premier titre, on est complètement noyé par la puissance du son. Tel un prédicateur évangéliste, Ebbot s'installe au centre de la scène. Viking barbu, vêtu d'une robe noire, il ressemble à un Brian Wilson (NDR : le leader des Beach Boys !) des seventies. Les deux guitaristes virevoltent d'un côté à l'autre de la scène. Une rivalité qui ressemble presque à une compétition. Imaginez un peu une joute entre Bernard Butler et Bernard Butler, et vous aurez une petite idée de la scène en présence. L'un d'entre eux se prend même parfois pour Pete Townshend, en faisant tournoyer son bras. En fin de concert, il sort sa guitare à deux manches. Bien soutenu par un solide bassiste, le drummer – habillé comme un joueur de base-ball - dynamise la solution sonore. Des drums qui comptent deux grosses caisses. Excusez du peu ! A gauche de la scène, le claviériste chavire au gré de ses interventions rognées. C'est limite qu'il ne grimpe sur son orgue. Dans l'esprit de Ray Manzarek ! Paraît même qu'il fait chavirer les cœurs… Le combo aligne la plupart des compos de son dernier elpee. Même « Midnight children ». Un tracklist qu'il entrecoupe de nombreux titres issus de « Behind the music », le précédent opus. Véritable gourou, Ebott impressionne par son charisme. Il orchestre même les improvisations. Ce qui ne l'empêche pas de descendre ans le public. Ou d'aller vider toutes les bières qui jonchent le sol près du drummer. (NDR : qui a dit rentrez-le ventre ?). Un seul bémol, le public. Trop réservé pour un tel spectacle. Ne se libérant qu'en fin de concert, pour finalement obtenir deux rappels, dont le second n'était normalement pas prévu. Impressionnant !

 

Stuck in The Sound

Pursuit

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« Pursuit » constitue déjà la 3ème page de l’aventure de Stuck in the Sound. En 2006, le groupe français est lancé par son hit « ToyBoy ». Mais la suite ne confirme pas leurs excellentes dispositions. Il faut même avouer que sur les deux derniers albums, leurs bonnes intentions s’essoufflent un peu trop rapidement. Leur nouvel opus lorgne toujours vers le rock des années 90. Celui de Nirvana, Pixies, Pavement et consorts, tout particulièrement. On retrouve ce mur de guitares aux sonorités saturées. Ces compos bourrées d’énergie. Mais sur cet elpee, le combo tient la distance. Son rock a gagné en efficacité et devrait faire des ravages sur les planches. Comment résister au single accrocheur « Bandruptcy », caractérisé par sa ligne de basse imparable et des lyrics simples mais d’une frontalité rare: ‘We are Stuck in the Sound, we’ve been gone for years and now we are back again. For the worst, for the best, for trials and mistakes. If you want to join us for a while’. L’album recèle d’autres pépites comme « Silent and Sweet », une ballade empreinte de sensibilité ou encore « Fred Mercure », sorte de croisement parfait entre The Cure et les Pixies (NDR : on y revient !) Il reste cependant encore à la formation à bien digérer toutes ses influences, parfois encore trop évidentes (Stuck in the Sound of the 90’s ?) ; on est d’ailleurs pas tellement loin du plagiat d’Arid sur « Who’s the Guy ? » et même sur « Tender »…

Nonobstant ces petits dérapages, « Pursuit » constitue certainement un des meilleurs albums de rock (à fort potentiel commercial), sorti en ce début d’année. J’aspire même à redécouvrir les Parisiens en live !

 

The Soundtrack Of Our Lives

Communion

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Au départ la formation suédoise avait envisagé donner une suite à son album “Origin”; mais manifestement, l’inspiration n’était pas au rendez-vous. Dès lors, TSOOL a préféré se lancer dans une nouvelle aventure. Celle d’un double opus. Qui s’intitule « Communion ». D’après la presse spécialisée anglo-saxonne, le second volume de cet opus ne valait pas tripette. C’est donc par esprit de contradiction que je me suis attaqué d’abord à ce deuxième compact-disc.

Et manifestement, il est bien moins décapant que ce dont la discographie du groupe nous avait habitués. Mais beaucoup plus subtil. L’aspect acoustique y est privilégié, même si l’électricité n’est pas complètement absente. Elle est même terriblement vivifiante sur « Reconnecting the dots », un morceau psyché/garage réminiscent des sixtes et puis sur « Saturation wanderers » (NDR : ce titre !), une compo imprimée sur un tempo new wave, mais baignant au sein d’une forme de noisy pétillante. Le reste est néanmoins chargé de multiples nuances. Depuis le baroque (Syd Barrett ?) « Everything beautiful must die » à l’hymnique « The Passover », en passant par le médiéval « The fan who wasn’t there », « Flipside », fruit d’une rencontre hypothétique entre le « Tommy » du Who et « Forever changes » de Love, la ballade uptempo « Lost prophets in vain », dont le sens mélodique peut rappeler Oasis (NDR : encore qu’en y ajoutant des guitares-cornemuse on pourrait alors penser à Big Country), la valse rafraîchissante « Songs of the ocean », caractérisée par de superbes harmonies vocales et de remarquables interventions en picking à la sèche et au banjo et l’instrumental « Digitarian riverbank » dont les digressions psychédéliques acoustiques, parcourues d’un tabla, peuvent rappeler le troisième opus du Led Zeppelin. Ajoutez-y le vaguement oriental « Utopia », dont les vibrations staccato évoquent un certain Stone Roses (NDR : mais sans la house) et un magnifique et tendre « Lifeline », fluidifié par un mellotron, et vous comprendrez que tout le mal qui a pu être écrit sur ce deuxième disque s’apparente à une absence totale d’analyse objective. En fait, c’est vrai, le disque est tellement long, que l’essoufflement annihile le discernement. Pas très pro tout ça !

Venons-en maintenant au premier volume. Plus facile à chroniquer, il s’inscrit dans l’esprit des opus précédents. Le Floyd de Syd Barrett, les Pretty Things (circa « S.F. Sorrow »), les Doors (NDR : surtout pour les claviers ‘manzarekiens’) et même le Primal Scream (NDR : sur le contagieux « Thrill me » et le final brûlant « Distorted child ») alimentent l’intensité psychédélique des compos. Et si la voix d’Ebbot Lundberg peut se montrer rageuse, râpeuse ou sauvage, elle peut se révéler tendre et limpide (NDR : c’est souvent le cas sur le premier cd), se conjuguant même parfois en harmonies éthérées, sinusoïdales voire ‘byrdsiennes’. De ce volume j’épinglerai encore le morceau d’entrée, c’est-à-dire l’extatique « Babel on » (NDR : cordes de guitares croustillantes, claviers chaleureux, basse vrombissante et drums tribaux donnent d’ailleurs le ton au reste de cette plaque), l’énigmatique « Universal stalker », le clin d’œil adressé au Who, et en particulier à son « Pictures of Lily » sur « Pictures of youth », une plage curieusement relevée d’accès de bossa nova et enfin la cover étonnante du « Fly » de Nick Drake. Le tout, vous vous en doutez, mis à la sauce acide chère à The Soundtrack Of Our Lives. Il ne vous reste plus qu’à entrer en « Communion »…

 

Stuck in The Sound

Nevermind The Living Dead

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Avis aux boulimiques, Stuck in The Sound est fait pour vous, tout frais sorti de la confiserie Discograph. Un premier album ô combien prometteur, enduit de riffs désinvoltes et survoltés, arrosé par les acrobaties vocales de José Reis Fontão, version française d’un Bixler-Zavala (At The Drive-In). Preuve que le Vieux Continent se maintient en forme dans un registre rockambolesque, « Nevermind The Living Dead » (grand frère d’un EP éponyme autoproduit en 2004) est sans conteste l’une des meilleures récoltes de l’Hexagone: véritable machine de guerre où fusionnent les genres (métissage réussi entre un rock pro Pixies et expérimentations à la Mars Volta), son arrivée est saisissante, nous catapultant instantanément sur les scènes underground anglo-saxonnes. Après une traversée festivalière au cours de laquelle ils ont partagé l'affiche aux côtés de Franz Ferdinand, Queens of the Stone Age, Foo Fighters ainsi que les Pixies ou apporté leurs collaboration - sur invitation - à Dirty Pretty Things, The Kooks et même à Deportivo, la bande de groupies de Frank Black sort officiellement sa première galette (réarrangeant « Delicious Dog » et « I Shot My Friends » issus de leur production maison), un bijou fécond d’énergie 'subjuguante'. Et la garantie de sacrées courbatures aux mollets! C’est peu dire quand il s’agit pour le combo de dégainer « I Shot my Friends ». Misant sur un rock alternatif, il poursuit son attaque lors d'un « ToyBoy » explosif, single où saturent à merveille les cordes emballées par une batterie échauffée.

Jouissant d'une fameuse réputation scénique, les Parisiens ne font pas dans la dentelle et posent des mines susceptibles de fracasser les baffles les plus chétifs. A l'instar des décapants « Cramp Push and Take it Easy » ou « Don’t Break The Bar Please Dumbo! », deux fragments bourrés de dynamite. Le temps de retrouver ses esprits sur le folk mélodique de « Waste », œil d’un cyclone dévastateur, la marée refait surface. Que ce soit sur « Don’t Go Henry », « Never On the Radio » ou « I Travel The World », l’ambiance surexcitée est à son comble. A se ronger les ongles ! Le corps à terre, écrasé par un morceau éponyme à la mélodique impitoyable, un ange passe. Au terme de ce combat de boxe auditif, Stuck In the Sound pousse son rock expérimental à l’extrême sur « It’s Friday », avant de s'envelopper dans des atmosphères indies alternatives. Et des titres comme « Third Eyed Girl » et « You Ain’t For Me » happent le peu d'énergie qu’il nous reste. Vainqueurs haut la main avec les félicitations du jury. Une tuerie pour rester polie.

 

 

The Soundtrack Of Our Lives

Origin Vol. 1

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Lors du poll 2002, j’avais plébiscité « Behind the music », le troisième opus de ce sextuor suédois, album de l’année. Un disque qui ne puisait plus exclusivement son inspiration dans l’essence du psychédélisme, mais aussi dans toute l’histoire de la pop et du rock. Je vous invite d’ailleurs à relire cette chronique. « Origin Vol. 1 » est sculpté dans le même moule, mais revisite d’autres pans de l’histoire de cette musique. On y retrouve bien sûr toujours les références aux Beatles (le ‘lennonesque’ « Song for the others ») et au Floyd circa « The Piper at the Gates of Dawn ». Tout au long de « Believe I’ve found », c’est une évidence. Donc à Syd Barrett. Et lorsque la voix nasillarde d’Ebbot Lunberg emprunte ses inflexions sinusoïdales, c’est encore plus flagrant. L’esprit de Roger rencontre ainsi Lenny Kravitz sur le très groovy « Royal explosion (part II) », George Harrison tout au long du contagieux « Bordeline » et l’orientaliste « Wheels of boredom ». Mais à l’instar du défunt Guided By Voices, TSOOL a exhumé l’intensité hymnique du Who. Du chef d’œuvre « Tommy », bien sûr. Pensez à « Pinball wizard ». « Transcendental suicide », même si le sens mélodique rappelle les débuts d’Oasis, et le final « Age of no reply », nonobstant ses claviers rognés, ‘manzarekiens’ (NDR : comme chez les Doors, si vous préférez), épousent ce profil. Si « Bigtime » s’enfonce dans la noisy ténébreuse et hypnotique de Jesus & Mary Chain, l’allègre « Heading for a breakdown » adresse un clin d’œil aux Byrds. Violent, furieux et échevelé, « Mother one track mind » carbure sur un tempo punk que n’aurait pas renié le MC5. Enfin « Lone summer dream » bénéficie d’orchestrations somptueuses dignes de Love. A moins que ce ne soit des Pretty Things. En fait, le psychédélisme de l’œuvre est tellement ample, tellement riche, que je ne puis m’empêcher de penser à la période la plus hallucinée des Jolies Choses. Et pour couronner le tout, Jane Birkin est venue donner de la voix sur « Midnight children », une chanson tout aussi langoureuse, mais forcément moins sensuelle que le célèbre « Je t’aime, moi non plus », qu’elle partageait alors avec Gainsbarre. Et pourtant, on n’a jamais l’impression que l’œuvre souffre de revivalisme. En fait, TSOOL est encore une fois brillamment parvenu à transcender ses influences pour les conjuguer au présent. Et à ce titre, cet elpee mérite de figurer parmi les ‘musts’ de l’année…

The Soundtrack Of Our Lives

L intemporalité suivant Ebbot Lundberg

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The Soundtrack Of Our Lives (TSOOL) nous vient de Suède. De Gothenberg, très exactement. Une formation responsable, à ce jour, de quatre albums remarquables, dont le dernier " The origin vol 1 ", vient juste de sortir. Un sextuor qui se produisait pour la première fois en Belgique. Au Botanique. Avant de monter sur les planches, Ebbot Lundberg, le leader/chanteur/compositeur/lyriciste s'est volontiers prêté à l'exercice de l'interview. Un personnage qui aurait pu revendiquer un rôle dans la saga du 'Seigneur des anneaux'. Vu son look. Mais surtout un artiste dont le discours ne manque pas de philosophie. Et l'entretien comme très fort…

TSSOL cherche à créer son petit univers sonore, un univers parallèle susceptible de tendre vers l'intemporalité. Mais n'y a-t-il pas risque, en visant un semblable objectif, de ne l'atteindre qu'à l'infini ? Ebbot ne craint pas cette quête de l'impossible. " Chaque concert et chaque album nous permettent d'explorer un autre monde. Et cette démarche suscite notre curiosité. Enfin, elle le devrait. C'est la raison pour laquelle, nous créons… " Oui mais, est-il possible de demeurer intemporel lorsqu'on est un produit de sa propre époque. Ebbot réagit au quart de tour : " C'est relatif ! Je considère le temps comme le temps expérimenté. Je ne crois pas au temps dans lequel on vit. Le temps appartient à nos expériences. Par exemple, lorsque tu as l'impression qu'une heure s'est écoulée en une minute, tu abordes l'expression de l'intemporalité. On entre ici dans un concept 'bergsonien'. La notion du temps vous échappe, alors que vous êtes occupés d'en faire l'expérience. Le temps est fugace, insaisissable, même si vous essayez de lui tordre le cou. Il appartient au spectateur de se placer dans cette position d'intemporalité. Mais nous faisons tout pour qu'il y parvienne. Personnellement, lorsque je suis sur la scène, la surprise d'avoir pris du bon temps me surprend parfois … "

Avant de fonder TSSOL, Ebbot avait sévi chez Union Carbide Productions, un groupe punk qui se réclamait notamment de UK Subs, de Black Flag et de tas de formations punk américaines. Des groupes réputés pour communiquer des vibrations punks meurtrières lors de leurs shows. Ebbot tempère : " Je n'ai jamais tenté de reproduire de semblables vibrations. Tu sais, lorsque tu as quelque chose à dire, c'est plutôt un problème d'expression. Et ce qui compte est plutôt l'expression ouverte de ces groupes. Ce qu'ils expriment. Une invitation à les écouter… " Pourtant, notre interlocuteur déclare que TSOOL est une extension de son groupe précédent. Ce qui méritait une explication. " Union Carbide Productions était un concept underground. Le fruit d'une attitude destructrice. Jouer dans ce groupe était la résultante de la musique. La musique n'était pas la résultante du groupe. Pour TSSOL, nous avons voulu privilégier la musique sur l'attitude. La musique est devenue un message. Elle nous a permis de nous diriger où nous le souhaitions… "

Six musiciens dont quatre compositeurs pour un même groupe est une situation qui doit inévitablement déboucher sur des conflits. Comment le groupe s'en sort-t-il ? " Lorsqu'ils composent, c'est toujours en ma compagnie. Toutes les formules sont possibles ; mais j'y suis toujours impliqué. En fait, je prends les décisions finales et les autres musiciens me font confiance. J'avoue qu'il est parfois difficile d'écarter de bonnes chansons et de les laisser sur une liste d'attente. Mais d'autre part, chacun sait qu'elle sortira un jour. Ma responsabilité consiste à rendre chaque disque homogène… " Depuis que le groupe existe (NDR : en 1995), il doit donc exister un fameux stock de chansons. Alors pourquoi ne pas les réunir sur un double ou un triple album ? Y aurait-il un problème financier ? Ebbot se défend : " Non, non, il ne s'agit pas d'une question financière. D'ailleurs nos deux premiers elpees étaient doubles (NDR : sous la forme du vinyle, pour être plus précis). Et sur le troisième nous avons ajouté 4 à 5 bonus tracks. 'The origin vol.1' est notre premier album qui affiche une durée normale. Il aurait pu être plus long, mais nous voulions que tous les morceaux appartiennent au même concept. C'est un choix ! Le prochain sortira en 2005 et s'intitulera 'The origin vol.2'… " Et le suivant volume 3 ? Ebbot réplique instantanément : " Peut-être ! Nous n'avons pas encore décidé… "

Les influences révélées sur les quatre premiers albums du groupe son claires. Essentiellement puisées dans les sixties, elles oscillent du Floyd au Who, en passant par les Stones, Love, les Doors, les Byrds et les Beatles. Que des classiques ! Et il n'est pas tabou de causer de ces influences avec Ebbot. " Ce n'est pas tabou, mais les influences sont tellement nombreuses, qu'elles sont difficiles à décrire et impossible à répertorier. Certaines sont plus évidentes (NDR : celles susvisées). D'autre moins. En fait, nous essayons de concocter l'album qui nous manque. En fonction de nos frustrations, nous créons notre musique… " Sur le dernier opus, j'avais même relevé des traces empruntées aux Pretty Things. Une influence cachée ? " Non, non, j'adore les Pretty Things. Un excellent groupe largement sous-estimé. Comme les Sonics, que peu de médias mentionnent dans leurs articles… " Du Floyd aussi, mais surtout du tout premier elpee 'The piper at the gates of dawn'. En chantant, Ebbot épouse même parfois les inflexions sinusoïdales d'un Syd Barrett. " C'et assez flatteur. Et je n'y avais jamais pensé. Mais j'avoue que j'ai commencé à écouter ce groupe vers l'âge de 10 ans. Et tout gosse je chantais du Syd Barrett. A croire que ce souvenir est resté gravé dans mon subconscient. Ce n'est pas du tout délibéré, mais c'est sans doute l'explication… " TSOOL affirme beaucoup apprécier le jazz, ajoutant même que leurs chansons véhiculent des sonorités mélancoliques jazzyfiantes. Ce qui n'est pas du tout évident à déceler, lorsqu'on écoute leur musique. " En fait, nous avons composé plusieurs morceaux du style. Nous les avons même enregistrés. Mais ils ne figurent sur aucun elpee. Nous aimons beaucoup le jazz suédois. Celui des années 50 et 60. A cette époque, il existait beaucoup de bonnes formations qui y émargeaient. Et ils nous ont influencés. Ce qui explique pourquoi, parfois, nous improvisons 'live'. Cette impro fait partie du spectacle. Rien n'est planifié. Elle coule de source. Comme la musique, comme la vie… " Est-ce la raison pour laquelle, Ebbot a un jour déclaré qu'au cours d'un concert, le groupe et le public jouaient au ping pong ? " C'est exact. Comme si on procédait à un échange d'énergie. Il est important que l'audience se sente comme faisant partie intégrante du show. Comme si nous nous produisions dans leur living-room. Nous essayons d'interagir avec lui. Le plus possible. La prestation 'live' est un événement qui embrasse, qui englobe… "

Jane Birkin et Natacha le June, vocaliste d'AS Dragon, chantent sur 'Midnight children', une des compos du dernier elpee. Etonnant, surtout pour un groupe scandinave ! " En fait, nous avions composé une chanson, comportant un refrain en français, un peu dans l'esprit de 'Je t'aime moi non plus' ; et nous avons contacté le manager de Jane pour solliciter une éventuelle collaboration. Or, le manager est un de nos fans. Il lui a demandé. Elle a écouté la chanson. Elle a aimé. Et elle a accepté. Pour Natacha, notre bassiste, le responsable du morceau, lui avait d'abord proposé. Et finalement, les deux artistes ont participé à l'enregistrement. Pour un résultat amusant, puisque Jane, qui est anglaise, chante en français ; alors que Natacha, qui est française, en anglais. "

Lundberg et les frères Gallagher se sont liés d'amitié, il y a quelques années. Lors d'une tournée commune. Une amitié dont ils ne se cachent pas et qui semble très profonde. Nonobstant ces liens, il était intéressant de savoir ce que pensait Ebbot du déclin de créativité dont souffre Oasis… " Oui, c'est exact, nous sommes très amis. Ils nous ont beaucoup soutenus, lorsque nous étions en Angleterre. Et ils nous encouragent encore, alors qu'ils ne jouent même plus. Je les connais tous personnellement. Nos relations sont excellentes. Je dois avouer que leurs relations le sont beaucoup moins. Nous faisons notre truc. Ils font le leur… pour les hooligans britanniques (rires). Comment comprendre leur baisse de crédit ? Ils ont fait de la merde et le reconnaissent. Ils ont même déclaré que nous valions mieux qu'eux. Mais ils commencent à changer et à prendre la musique au sérieux… "

En 2002, TSOOL a décroché un Grammy pour avoir commis le meilleur album alternatif de l'année, 'Behind the music'. Ils n'ont cependant pas découpé le trophée en six parts égales. D'ailleurs Ebbot ignore totalement où il se trouve. " Peut-être au studio ! Nous ne fonctionnons pas au prix. Ce type de récompense entre plutôt dans le cadre de la performance sportive. Je trouve assez bizarre de recevoir un prix pour la musique. Je pense que ce type de récompense intéresse davantage la firme de disques que le groupe… "

Merci à Vincent Devos

 

 

 

 

The Sound

From the lions mouth

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Adrain Borland s'est donc donné la mort en avril 99. Sa carrière solo a été un véritable fiasco. Et ses aventure successives chez les Outsiders et chez le Sound, au sein desquels il était le leader/compositeur/chanteur/guitariste n'ont pas eu le succès mérité. Celle du Sound s'est terminée en 1988. En compagnie duquel il a commis huit albums et une poignée de singles. Dont ce " From the lions mouth ", paru en 1981 ; et qui fait aujourd'hui l'objet d'une réédition en compact disc. Dix fragments plus un morceau caché, qui n'est autre que le single " Hothouse ", commis également la même année.

A l'aide d'une structure instrumentale classique (basse, batterie, guitare, claviers), le Sound développait une structure sonore dense, lyrique, mélancolique, mais tellement bouleversante. Une structure ‘cold wave’ sur laquelle la voix tendre et intense d'Adrian collait à merveille. Mais victime de l'ignorance collective, ce groupe n'atteindra jamais le statut d'Echo & The Bunnymen ou de Joy Division auxquels il était parfois comparé.

 

The Soundtrack Of Our Lives

Behind the music

Écrit par

En 1996, ce sextuor suédois commettait son premier elpee, " Welcome to the Infant freebase ". Un disque assez étonnant qui puisait essentiellement son inspiration dans la quintessence du psychédélisme. Un opus qui est cependant passé totalement inaperçu. Tout comme le suivant d'ailleurs, " Extended revelation for the psychic weaklings of western civilization ".

" Behind the music " constitue donc le troisième album de TSOOL. Si le psychédélisme y est toujours bien présent, il n'y est plus omniprésent. Deux compositions libèrent ainsi un groove aussi voluptueux que chez les Stones. Circa " Gimme shelter " chez " Sister surround ", " Brown sugar " chez " 21st century rip off ". Hymnique, contagieux, "Keep the line movin" est taillé dans le même moule punk rock que le " Wild things " des Troggs, alors que " Broken imaginary time ", nonobstant ses séquences d'orgue en spirale, cathédralesques, est tramé suivant le schéma 'par paliers', adopté par les Beatles sur " I want you ". L'ombre des Fab Four plane encore sur " In somenone elses mind " ; mais acoustique, et plus exactement celle du " Double blanc ". Elle devient même progressivement sydbarretienne, avant de glisser insidieusement dans l'univers, planant, floydien, de " Broken imaginary time "… Si " Infra riot " réussit le parfait croisement entre le heavy folk du Led Zep (NDR : du " III ", of course !), la vision lysergique de 13th Floor Elevators et le psyché débridé de Spiritualized (NDR : pardon de Lupine Howl !), " Independent luxury " est agité par un tempo house que n'aurait pas renié les Stone Roses. Le reste de l'œuvre se révèle davantage mélancolique et contemporain. Hit potentiel, " Nevermore " transpire le feeling mélodique d'un Coldplay et l'uptempo " Still aging " celui des Bluetones. Le 'Remesque' " Ten years ahead ", le plus enlevé " The flood " et le légèrement countryfié " Into the next sun ", vibrent aux tonalités bringuebalantes de la six cordes, comme chez House Of Love. Acoustique et bouleversant, " In your veins " bénéficie d'arrangements de cordes prodigués dans l'esprit d'un Sophia, alors que le piano sonore frémit tout au long de " Tonight ". Un fragment qui aurait pu figurer sur le projet de Martin Hederos et de Mattias Hellberg (NDR : Normal, puisque Martin est le claviériste/pianiste de TSOOL). Bref, un album indispensable, ou si vous préférez, cinq étoiles (NDR : ça rime !). Et au plus je l'écoute, au plus j'y décèle de nouvelles richesses…

 

The Soundtrack Of Our Lives

Welcome to the infant freebase

La bande sonore de nos existences! Fallait le trouver, non? Si, si, c'est le nom du groupe. Pas le titre de l'album. Une formation suédoise née des cendres d'Union Carbide. Oui, on sait, le jeu de mot est mauvais. C'est quand même pas une raison pour rester sur votre nuage (NDR: toxique?). D'autant plus que cet album est remarquable. Et c'est pas de l'intox! Vingt titres. Plus de septante minutes. Donc, pas un groupe punk, obligé de prendre une pose toutes les 120 secondes. Remarquable disions-nous! Et toxique, pardon psychédélique. Ces musiciens puisant incontestablement leur inspiration dans la quintessence de ce style musical. Celui de Syd Barrett, de Kevin Ayers et des Beatles circa " Magical Mystery Tour " tout d'abord. De Tea Party dans son approche la plus acoustique de la musique orientale. De Paul Roland, lorsque la flûte et le clavecin veulent se réserver un espace champêtre. Des Doors lorsque les claviers épanchent leur fluide ‘manzarekien’. De Kula Shaker. Parce qu'on avait envie de le dire. D'Oasis. Parce qu'on ne pouvait se permettre de l'oublier. Et surtout d'House of Love. A cause de ce sens mélodique, de cette voix détachée, si proche de Guy Chadwick. Si après tout ce qu'on vient de vous raconter, vous n'êtes pas encore contaminés, c'est que vous portez en permanence un masque à gaz. Ce qui n'est pas indispensable si vous craignez uniquement la pollution par les oreilles...

 

The Sound Of Explosion

Teen Trash Vol 14

The Sound Of Explosion ne se traduit pas en vocabulaire compilateur mais en langage sixties de nature hellène (NDR : qui a parlé de garçons ?). Concrètement ce quartet de nationalité grecque pratique un garage revivaliste, réminiscent de Question Mark & The Mysterians et de Sam The Sham & The Pharaohs. Une musique excitante, sulfureuse, délicieusement rognée de claviers poussiéreux et imprimée sur un tempo allègre. Si vous êtes un collectionneur des volumes "Pebbles", nous ne pouvons que vous recommander ce "Teen Trash"...