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The Walkabouts

Presqu’une claque magistrale…

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Fin 2011, The Walkabouts publiait un excellent album intitulé « The dustland ». Pour la circonstance, Chris Eckman et Carla Torgerson avaient d’ailleurs accordé une longue interview à Musiczine. Dans la foulée, la formation américaine est donc repartie en tournée. Un périple qui transitait par le Handelsbeurs de Gand, ce samedi 21 janvier. Il ne fallait donc surtout pas manquer cet événement…

Il revenait à Terry Lee Hale d’assurer le supporting act. Un pote à Chris Eckman. Pas étonnant, puisqu’il est également originaire de Seattle. Il se produit seul en s’accompagnant à la guitare à douze cordes. Une acoustique électrifiée. Il est plutôt habile sur son manche, possède un baryton, dont le timbre peut rappeler tantôt Neil Diamond ou Johnny Cash, et se sert parfois d’un harmonica posé sur un rack. Il ne manque pas d’humour et dispense quelques bons mots entre ses compos. Mais quoique bien interprété, son répertoire manque quand même de relief…

Place ensuite aux Walkabouts. Ce soir, le line up est  limité au sextuor. Soit le bassiste Michael Wells (un sosie de Charles Michel), Glenn Slater aux claviers et synthés, Terri Moeller aux drums (NDR : au fond de la scène, peu visible, mais diablement efficace) et l’ex-Willard Grant Conspiracy Paul Austin, à la guitare. Sans oublier, bien sûr, les pièces centrales, Chris et Carla, très complices tout au long du show, aux vocaux et aux grattes (NDR : Carla, surtout en seconde partie de show). Première constatation, par rapport à l’album, la voix de Carla est beaucoup plus présente. On a même parfois l’impression qu’elle dirige les débats. Elle possède une très belle voix, sorte d’hybride entre Sharleen Spiteri (Texas) et Grace Slick (Jefferson Airplane), mais sans jamais en faire trop. Elle est vêtue d’une robe noire moulante, traversée d’une bande blanche verticale. Sa chevelure noire est pigmentée de quelques mèches blondes. Le son est excellent. Les musicos irréprochables. Même quand le bassiste pète une corde sur « Thin on the air », obligeant le combo à reprendre le même morceau, dès le début. La setlist privilégie les compos issues de « Travels in the dustland », mais l’adaptation ‘live’ est bien plus percutante. A cause de cette section rythmique terriblement pulsante. En outre, le reste du répertoire s’intègre parfaitement à l’ensemble. Au fil du concert, la prestation s’électrifie davantage. Et le concours de Paul Austin aux six cordes n’y est pas pour rien. Il est peu démonstratif voire même un peu distant, mais ses interventions sont très judicieuses et particulièrement élégantes. Les climats sonores sont riches et évoquent tour à tour les grands espaces australiens (Triffids, Nick Cave & The Bad Seeds) ou issus de la West Coast (le Paisley Underground de Steve Wynn, le country rock éthéré de David Crosby et ses acolytes, si bien mis en valeur sur l’indispensable « If I Could Only Remember My Name »). Respectueux et attentif, le public est ravi et le manifeste bruyamment. Humble et chaleureux, le groupe lui accorde alors deux rappels, dont le premier permet à Carla de présenter les musiciens, et un second au cours duquel elle décrète ajouter un morceau au répertoire.

Franchement, il y a un bon bout de temps que je n’avais plus assisté à un concert d’une telle qualité et d’une telle intensité. Mais je ne lui attribuerai qu’un 9/10. Motif, le synthé qui supplée les parties orchestrales de l’album. Car si le groupe avait eu la bonne idée d’engager un quatuor à cordes, on prenait une claque magistrale…

(Organisation : Handelsbeurs)

Setlist:

1. Every river will burn
2. The dustlands
3. Rebecca wild
4. They are not like us
5. Follow me an angel
6. Thin of the air
7. Lazarus heart
8. Long drive in a slow machine
9. The light will stay on
10. Soul thief
11. Acetylene
12. My diviner
13. Prayer for you
14. Jack Candy
15. The stopping-off place

Rappel 1 :

1. Horizon fade
2. Grand theft auto

Rappel 2:

1. Wild sky revelry
2. Death At Low Water

(Voir aussi notre section photos : ici )

The Walkabouts

Travels in the Dustland

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Le nouvel album des Walkabouts est donc paru ce 21 octobre 2011, chez Glitterhouse (NDR : distribution Munich). Carla Torgerson et Chris Eckman nous en parlent abondamment, lors d’une interview qu’ils ont accordée à Musiczine (lire ici ). Découpée en 11 titres, cette œuvre s’étale quand même sur plus d’une heure. Et le résultat est tout bonnement excellent. Une musique très ‘West coast’, même si l’un ou l’autre titre bénéficie d’arrangements de cordes luxuriants, réalisés par l’Appolon Chamber Orchestra. Quant aux lyrics, ils décrivent l’Amérique profonde (‘les Dustlands’) et surtout le comportement de la population rurale qui y vit. Sa manière dont elle pense et réagit face à l’évolution du monde contemporain. Des mœurs, des principes et de la morale qui régissent leur mode de vie ainsi que de sa manière de se protéger face à tout envahisseur potentiel… le tout dans un climat dominé par des sentiments de déception et de culpabilité…

En concert le 21 janvier 2012, au Handelsbeurs de Gand.

 

The Walkabouts

‘Devil's Road’ n’existerait pas sans ‘Born Sandy Devotional’…

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Les Walkabouts viennent donc de publier leur nouvel album. Son titre ? ‘Travels in the Dustlands’. Il fait suite à ‘Acetylene’, sorti déjà il y a six longues années. Entretemps, Chris Eckman et Carla Torgeson ne se sont pas pour autant reposés sur leur lauriers. Chris a même multiplié les projets parallèles. Bref, leur nouvel opus est très riche. Musicalement, mais aussi et surtout au niveau des textes. Et franchement, il m’aurait fallu une bonne demi-journée d’interview, si je m’étais évertué à décortiquer leur prose, en leur compagnie, tant elle est intéressante. Mais, l’important était quand même de vous donner une idée globale du contenu de cet elpee, en essayant de poser des questions (im)pertinentes, auxquelles Chris et Carla ont eu la grande gentillesse de répondre…

Mais où se trouvent donc les ‘Dustlands’ ? Près de la frontière mexicaine, quelque part en Afrique ou en Australie ? Vu les lyrics, pas loin du désert, c’est sûr. D’ailleurs la collaboration de Chris apportée à Tamikrest, formation malienne, est peut-être une explication. Chris réagit : « C’est près du Mexique, pas en Afrique. Bien sûr, j’y ai puisé quelques idées pour écrire mes chansons, mais les ‘Dustlands’ se situent bien en Amérique » Et Carla d’ajouter : « S’ils étaient localisés en Afrique, on aurait mis en scène des chameaux… »

Ex-Willard Grant Conspiracy, Paul Austin a rejoint le line up des Walkabouts. Mais était-ce Chris et Carla qui le souhaitaient ou Paul qui a demandé de rejoindre le groupe ? Carla clarifie la situation : « Nous l’avons invité. On le voulait pour son talent, sa créativité ; et puis parce qu’il fait partie de la famille de nos amis depuis au moins dix ans. En fait, on souhaitait tout réorganiser de fond en comble. C’est un peu comme quand on joue aux cartes et puis qu’on décide de les redistribuer. »

Les lyrics sont donc très importants chez les Walkabouts. Ils sont signés par Chris. Une des compos s’intitule ‘They are note like us’ (Trad : ils ne sont pas comme nous). Mais qui sont-ils ? Chris nous éclaire à ce sujet : « Cette chanson parle d’un gars qui vit en Amérique profonde ; un type issu de la droite conservatrice, un peu fêlé. Il conduit un camion avec semi-remorque et porte un flingue. Il s’est taillé dans le désert avec son véhicule. Et quand il s’arrête enfin, il se place devant son camion, l’arme à la main, en se demandant de quoi sera fait demain. Cette histoire décrit la mentalité de ce type de personnage qui vit là-bas, aux States. Et elle est encore bien d’actualité. Il ne faut cependant pas s’arrêter au rôle du camionneur. En fait, le narrateur se met dans sa peau. C’est un peu caricatural, mais vous savez, aux Etats-Unis, il existe encore des hameaux où les habitants se barricadent dans leur ranch ou s’isolent dans une forme de camp retranché, en érigeant de hautes clôtures faites de fils barbelés. Ils veulent se protéger, se défendre. Mais qui craignent-ils ? Les bourgeois. En fait ce qu’ils considèrent comme des bourgeois : les démocrates, les intellos, les gens qui débarquent de l’extérieur. Ils ne comprennent pas les décisions prises par le gouvernement. Ce sont de farouches individualistes qui votent pour des partis d’extrême droite et s’accrochent à un certain style de vie. D’un point de vue politique et philosophique, je ne partage pas leurs opinions. Elles sont dangereuses. Par contre, je leur reconnais un sens des responsabilités particulièrement élevé. Ils ne demandent rien à personne. »

Dans les textes, Chris évoque souvent la sécheresse. Je lui signale qu’en Belgique, il pleut très souvent. ‘Rainmaker blues’ nous parle d’un faiseur de pluie. Existe-t-il vraiment ? L’a-t-il vu à l’œuvre. Il commente : « En fait, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, on rencontrait des faiseurs de pluie, au cœur des Etats-Unis. Ils se déplaçaient de ville en ville et proclamaient qu’ils étaient capables de faire pleuvoir. En tirant un boulet dans les nuages, par exemple. En fait, cette chanson traite de faux espoirs placés en quelqu’un. Le ‘Rainmaker’ arrive dans un bled et déclare qu’il peut la sauver la région de la sécheresse. Mais rationnellement, on sait que ce n’est pas possible. Donc, le personnage de la chanson, celui que j’interprète, croit fermement qu’il va y parvenir. Mais sa femme émet des doutes sur ses pouvoirs. En fait, elle n’y croit pas du tout. Et lui, répond qu’elle doit y croire et ne pas se montrer aussi cynique, car c’est leur dernier espoir. Il s’agit d’une métaphore qui vise notre monde contemporain, au sein duquel nous sommes tous en attente d’une solution. On espère que la technologie va nous sauver des dégâts causés à la planète. La crise que nous vivons est symbolisée par la sécheresse. Elle n’existe pas seulement en Amérique et en Europe. Elle sévit partout. Beaucoup de gens, aujourd’hui, se posent des questions, doutent et rejettent même la science… » Cette compo est imprimée sur un tempo tribal. Chris argumente : « Il faut demander à Terri. Elle a transmis (NDR : par e-mail) trois propositions pour le tempo, et j’ai choisi celle qui me semblait la plus adaptée à cette chanson. Mais ne me demandez pas quelle est son inspiration ? » Carla approuve et précise : « C’est une compo plus agressive »

Dans les lyrics, on retrouve souvent un sentiment de culpabilité qui ronge les personnages. Pourquoi donc ? Chris argumente : « En fait, l’émotion principale véhiculée est la déception et souvent la culpabilité va de pair avec la déception. Et quand on analyse pourquoi naît cette déception, la réponse est en nous-mêmes. On n’a que soi à critiquer. Et c’est alors que surgit la culpabilité. La plupart des personnages mis en scène dans mes chansons sont des gens qui on le mal de vivre. Qui n’ont plus beaucoup de choix. Qui sont acculés. Et donc, ils jettent un regard rétrospectif. Ils regardent d’où ils viennent et essaient de trouver des solutions (‘Quand tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d'où tu viens’ – Aimé Césaire). La culpabilité est une réponse parmi d’autres, mais une réponse à court terme. A longue échéance, vous devez faire des choix. Un exemple ? On arrête un criminel. On le met en prison. A-t-on résolu le problème ? » Autrement dit, ce dont l’avenir sera fait ne devrait pas être l’héritage de notre responsabilité envers le passé. Mais laissons notre interlocuteur poursuivre ses explications : « On doit regarder vers l’avant. Dans mes textes, on retrouve également des personnages qui sont toujours pressés et d’autres qui décident de mettre les voiles. En fait on pourrait penser qu’ils vont de l’avant pour donner une nouvelle orientation à leur existence. Mais en réalité, ils sont paumés et ne savent pas de quoi demain sera fait… »

Dans la chanson ‘No rhyme, no reason’, on parle d’un scorpion cerné par les flammes, qui se pique lui-même pour ne pas périr brûlé. Une description qui méritait des éclaircissements. Chris nous les fournit : « Cette histoire est puisée dans une de mes lectures. Un épisode qui se déroule au Sahara. Lorsque les indigènes trouvent un scorpion sous leur tente, ils allument des feux autour de cette tente. Et le scorpion se pique. Il meurt. Il se suicide quoi. Maintenant, j’utilise cette image pour illustrer l’état d’esprit d’une personne désespérée, prête à mettre fin à ses jours. Elle pose un choix : je me suicide ou pas ? »

Parmi les références littéraires reconnues par Chris, on retrouve les écrivains Paul Bowles, Willa Cather et William T. Vollmann. On peut lire d’ailleurs des citations de ces artistes, au sein de son booklet. Chris confirme : « Ce sont trois écrivains que j’aime. Ils contribuent à décrire ce que j’essaie d’exprimer. Ils me construisent un cadre qui m’aide dans ma création. C’est une sorte de fenêtre que j’ouvre au groupe. Des sources multiples qui oscillent des écrits journalistiques aux bouquins d’histoire, en passant par la Bible ou des récits mystérieux. Ce qui contribue à focaliser les collaborateurs sur le contenu de la chanson. Il y a 9 ans que je vis en Slovénie. Et donc je communique avec les autres musiciens par internet. » Carla confirme : « Il donne ce cadre général constitué de citations et invite le groupe à digérer le tout… » Tiens, parmi les citations, dans son booklet, figure également un passage de la Bible. De l’Ancien Testament, justement (NDR : Jérémie – chapitre 12 – paragraphe 11 et12 – ces passages évoquent les thèmes de la désolation et de la dévastation). Voudrait-il concurrencer David Eugene Edwards ? (rires) Chris se défend : « Je ne suis pas croyant. J’ai utilisé ce texte comme référence littéraire, pas religieuse. J’apprécie la description de ce qu’il raconte. Pas davantage. En ce qui concerne Eugene, je respecte son œuvre ; mais afin de ne pas nous brouiller, il est préférable de ne pas aborder de sujets religieux ou politiques avec lui, mais plutôt parler de la pluie et du beau temps… »

‘My diviner’ est une chanson très lente, une sorte de slowcore qui me rappelle les Cowboy Junkies. Carla partage cet avis : « Absolument ! Effectivement, ce groupe pourrait reprendre cette compo. C’est une chanson d’amour, et dans cet exercice de style, les Cowboy Junkies sont remarquables. Ce qui est singulier, c’est que lorsque je la chante, le public la reprend en  chœur, et ça me touche. Et si Margo a envie de l’interpréter, j’en serais très flattée. D’ailleurs, je l’encourage à l’adapter… »

The Appolon Chamber Orchestra a participé aux sessions d’enregistrement de l’album, pour plusieurs morceaux. On a même parfois l’impression que l’esprit de Scott Walker plane sur ces compos. Chris nuance : « En fait, personnellement, je fais la distinction entre deux mondes. D’abord, il y a les arrangements pour cordes, ensuite les arrangements de cordes de Scott Walker. Et là, on n’est plus dans la même division. C’est vrai que dès que me viennent des idées d’orchestrations de cordes, je pense à Scott Walker. En fait, c’est la référence. Une voie universelle. Le summum de la maîtrise. Une référence à la production de la fin des années 60, en termes d’orchestration. On n’a jamais l’impression que les cordes écrasent l’ensemble ou le travail de l’artiste. Elles le subliment. Elles font partie intégrante des morceaux. C’est harmonieux. Il ne s’agit pas d’en remettre une couche. On avait repris ‘Cowbell shakin’’ sur une compile intitulée ‘Out of the Blue Volume 6’. Mais je n’imite pas, mes influences sont intégrées, digérées. Sur ce nouvel album, il y a 4 chansons qui bénéficient de ce type d’arrangements. Dès le départ, on savait qu’on les intégrer. C’était prévu. On a arrangé les compos en conséquence, car on considérait cette technique comme complémentaire » Carla insiste : « Les arrangements sont destinés à capter l’attention ». Et Chris d’enchaîner : « Ils ont une présence réelle. C’est une voie fondamentale pour ces morceaux… »

‘Thin of the air’ me fait penser à Jefferson Airplane, surtout la voix de Carla, finalement proche de celle de Grace Slick, et ‘Every river will burn’ lorgne également vers la musique issue de la West Coast des seventies. Ce titre me semble même abordé dans l’esprit d’‘If I could only remember my name’ de David Crosby. Chris s’extasie : “Il est hors catégorie”. Et Carla d’embrayer : “Nous sommes des produits issus de la West Coast. On y est nés. C’est dans notre nature. » Chris approuve : « Même en Slovénie, on est ‘West Coast’. C’est notre seconde peau. Le berceau de notre enfance, c’est CSNY, The Doors, Buffalo Springfield, les Byrds, … le premier album que j’ai acheté, gamin, c’était ‘Déjà vu’. Mes parents avaient bien des albums des Beatles, qu’ils m’avaient filé, mais le premier que je me suis procuré est celui-là… » Carla reprend la parole : « J’aime bien ‘Thin of the air’, c’est une chanson un peu venimeuse… De mon côté, j’appréciais surtout Paul Revere & The Raiders. D’ailleurs, à l’époque, on s’habillait comme les Beatles du ‘Sgt Peppers’… »

Sur ‘Long drive on a slow machine’, il y a une étrange atmosphère, hantée par le spectre des Triffids ; même que la voix de Chris me fait penser à celle de feu David McComb. Chris réagit : « Ah bon, parce que la presse a déjà écrit que je chantais comme Bruce Springsteen. Et soit dit en passant David McComb appréciait beaucoup Springsteen. Il en était même un fan. C’était un de ses 3 ou 4 dieux. Quelle famille ! Bon, on l’avoue, on ne s’est jamais réellement prononcés et on n’a pas davantage émis la moindre dénégation à ce sujet ; mais les Triffids nous ont quand même influencés. » Carla nuance : « Mais ils étaient quand même plus romantiques » Chris reprend le crachoir : « C’est surtout l’atmosphère de leurs chansons qui nous a marqués ; mais nous ne sommes pas des voleurs. Et ‘Devils’s road’ n’aurait jamais existé sans ‘Born Sandy Devotional’. Mais, vous savez, entre le moment de la sortie de l’album de la formation australienne (NDR : 1986) et le nôtre (NDR : 1996), des années se sont écoulées. Oui, bien sûr, ‘My Diviner’ baigne encore dans un climat susceptible de rappeler ‘Born Sandy Devotional’. Faut dire que Paul (Austin) nous avait envoyé un bouquin consacré à David McComb et puis aussi des bandes d’enregistrements ‘live’ réalisé par un Tribute Band des Triffids, juste avant de commencer les sessions d’enregistrement… »

La manière de jouer des claviers de Glenn évoque quand même Garth Hudson, le claviériste du Band. Surtout lorsqu’il nappe les compos d’orgue Hammond. Il fluidifie les compos de la même manière. Chris est d’accord : « Dans le groupe, on le surnomme Garth ! C’est une inspiration majeure pour lui. Il vient pourtant de l’univers de la musique électronique, voire même progressive. En fait, il a tourné en notre compagnie avant d’enregistrer. Je l’avais prévenu qu’il ne devait pas jouer du synthé sur notre album, mais uniquement du clavier et du piano. Et à la fin des sessions, on lui a dit qu’il pouvait mettre du synthé. Il a assumé tous les morceaux d’une traite, mais il ne participe pas à toutes les plages… »

Outre les Walkabouts, Chris et Carla sont impliqués dans de multiples projets. En duo, d’abord. Chris sévit notamment chez Dirtmusic et L/O/N/G, lorsqu’il ne tourne pas au sein du backing group de Willard Grant Conspiracy, alors que Carla bosse de temps à autre en compagnie du musicien grec Akis Boyatsis. Et bien, soyez rassurés, ils ne comptent pas abandonner leur différentes expériences parallèles. Ils vont les poursuivre, sans aucun problème. Carla se déclare quand même moins active, mais publiera quand même un nouvel album avec le producteur et multi-instrumentiste hellène, l’an prochain.

(Merci à Vincent Devos)

Sortie du nouvel album, « Travels in the Dustland », ce 21 octobre chez Glitterhouse / Munich

The Walkabouts

Shimmers

Écrit par

Concocter un "best of" des Walkabouts n'est pas une mince affaire. D'autant plus qu'ils ont commis une bonne quinzaine d'albums en presque deux décennies d'existence. Aussi, ne retenir que 13 chansons sur 9 albums me paraît fort réducteur. C'est pourtant ce que nous propose ce " Shimmers ", un disque qui épingle deux reprises incontournables (" Man from Reno " de Scott Walker et " Poor side of town " de Johnny Rivers), une version 'live' de " Findlay's motel " ; et puis les grands classiques " The light will stay on ", " Prayer for you ", etc. Bref, un opus à conseiller exclusivement à celles et ceux qui voudraient découvrir la country-folk orchestrale aux accents dramatiques de cette formation à géométrie variable ; mais toujours drivée par Carla Torgerson et Chris Eckman…

 

The Walkabouts

Slow days with Nina

Écrit par

Les Walkabouts vouent une grande admiration à Nina Simone. A travers cet Ep cinq titres, cette formation américaine mythique n’a pourtant pas voulu rendre un hommage à la célèbre chanteuse de jazz et de rythm’n blues américaine, mais proposer des versions alternatives et élégiaques de son répertoire. Bien qu’elles y figurent, « The desperate ones » et « Lilac wine » ne sont d’ailleurs pas signés par Simone. Des exercices de style austères, méthodiques, intimistes, minimalises, parfois même légèrement psychédéliques, qui démontrent une nouvelle fois leur art à adapter le patrimoine d’autrui. « Cotton-eyed Joe » trempe même dans le pseudo cabaret, alors que l’interprétation spectrale, incantatoire, de « Lilac Wine » (NDR : une chanson écrite par James Shelton), nous entraîne, nonobstant la voix féminine de Carla Torgerson, dans un univers dramatique réminiscent d’un certain Peter Hammill…

The Walkabouts

Setting The Woods On Fire

Au cours des deux dernières années Chris Eckman et Carla Torgerson ont essentiellement développé des expérimentations acoustiques. D'abord en duo. A l'occasion d'une tournée européenne qui sera immortalisée sur l'album "Shelter For An Evening". Ensuite en compagnie des Walkabouts, pour l'enregistrement de "Satisfied Mind", opus exclusivement consacré à l'interprétation de covers. En gravant "Setting The Woods On Fire", Chris et Carla ont remis les pendules à l'heure électrique. Pas que l'instrumentation acoustique ait totalement disparu de la circulation, puisque la mandoline, la guitare sèche, le violoncelle, l'accordéon et l'harmonica ont toujours leur mot à dire. Mais sans jamais se faire violence, elle se liquéfie dans l'électricité garage, un peu comme chez Green On Red. Râpes fiévreuses, claviers fluides, piano gémissant, drums arides, basse flottante, vocal âpre –comme le miel épanché sur le gravier– de Chris, et plaintive, sensuelle de Carla –à mi chemin entre Emylou Harris et Sonja Kristina du défunt Curved Air– se concentrent en une même intensité blanche pour projeter des images chargées de passion, de douleur et de grâce sur les désillusions de l'existence. Une excellente surprise!

 

The Walkabouts

Satisfied Mind

L'an dernier, Chris Eckman et Carla Togerson s'étaient quelque peu démarqués de leurs compagnons de groupe en accomplissant une tournée à caractère acoustique, à travers le monde. De cette expédition, le duo yankee (Seattle) avait retenu les sets accordés en Allemagne, et en particulier ceux dispensés à Cologne et à Hambourg, pour graver un opus ‘live’. Il faut croire que cette aventure les a marqués, puisqu'ils ont décidé d'entraîner les Walkabouts dans une expérience semblable. Simplement, elle s'est déroulée en studio. A bénéficié du concours de quelques grosses pointures telles que Peter Buck (REM), Steve Turner (Mudhoney) ou Mark Lanegan (Screaming Trees). Une œuvre consacrée exclusivement à l'interprétation de covers. Depuis Gene Clark à Patti Smith, en passant par John Cale, Nick Cave, Robert Forster et quelques autres. Une œuvre qui ne manque certainement pourtant pas de charme, mais bien d'un zeste d'électricité...