Selon Suecide High, le chaos a son charme

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Thee Shams

Please yourself

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A l’origine exclusivement attaché à la cause du blues, Fat Possum a donc décidé d’élargir son horizon sonore. Une seule condition : que le groupe soit inspiré par le blues. A quelque échelon que ce soit. Pas de problème pour Thee Shams, dont les maîtres répondent aux noms de Muddy Waters et de Howlin’ Wolf. Pourtant, le quatuor ne nous vient pas du Mississippi, mais de l’Ohio. De Cincinnati, très exactement. Et à l’instar d’Afghan Whigs (NDR : ou d’une manière plus contemporaine des Twilight Swingers), Thee Shams ont également un faible pour le rythm’n blues. Celui des Animals et surtout des Stones, pour ne rien vous cacher ! Un feeling blues ou rythm’n blues que le groupe filtre à travers un garage rock malsain, marécageux, au parfum sixties. Surtout lorsque l’orgue hammond rogne les mélodies. A cet instant, Sam the Sham & the Pharoahs ne sont vraiment pas loin. Pourtant, l’expression sonore peut prendre une forme plus sauvage, plus aride, réminiscente des Troggs (« Can’t fight it »), les lyrics focalisés sur la luxure et la perversion accentuant cette impression. Des lyrics chantés par la voix graveleuse, trempée dans le whiskey de Zachary Gabbard. Dans le registre, la cover du « If you gotta go » de Dylan est superbement écorchée. Et lorsque le combo s’aventure dans le psychédélisme mystique (NDR : allo la terre !), c’est à 13th Floor Elevators qu’on se met à penser (NDR : qui a dit hallucinogènes ?). Bref, un chouette album, même s’il trempe allègrement dans le revivalisme. Mais pourquoi je n’ai parlé ni de la pochette, ni de l’harmoniciste ?