La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Toy

Happy in the hollow

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Originaire de Brighton, en Angleterre, Toy est une formation dont la musique est issue d'un subtil dosage entre psychédélisme, rock, krautrock, shoegaze et post-punk. Enfin, sur ses trois premiers albums. "Happy in the hollow" constitue son quatrième, et si la formation a conservé ses principes de base, elles s’est aujourd’hui davantage ouverte à d'autres courant musicaux. Au surf, à la bossa nova ("The Willo"), à la new wave ("Jolt awake"), au folktronica ("Charlie's house") et par corollaire à l'électronique, y compris la boîte à rythmes. Et si les guitares jouent encore un rôle important, notamment sur le tribal "Energy", titre sur lequel un violon grinçant (John Cale?) vient s'insérer dans le jeu de quilles, les claviers infiltrent bien plus généreusement l'expression sonore. Atmosphériques, cosmiques, étranges, vaporeuses, cathédralesques même, ils rappellent tantôt le Floyd circa "A saucerful of secrets" ou Eyeless in Gaza. Ils empruntent même insidieusement des accents au "Baba O'Riley" du Who sur le décadent "Mechanism". Et le tout est parcouru d'harmonies vocales évanescentes, qui correspondent bien à l'univers shoegaze. Pas mal du tout !

A Toys Orchestra

Holes in the dancefloor (Ep)

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Fondé en 1998, A Toys Orchestra est une formation italienne qui jouit d’une solide popularité dans la botte, notamment à cause de ses nombreuses B.O. pour films ou séries TV de son pays. Ce qui lui a également permis de décrocher toute une série de prix honorifiques. Si à l’origine sa musique puisait son inspiration dans l’underground, et tout particulièrement le punk et la scène indie yankee des 90’s, ainsi que chez Bowie et Kurt Weill, au fil du temps elle est devenue de plus en plus pop et accessible, bénéficiant de clips primés dans les médias de la péninsule. Sur cet Ep trois titres, « Take my place » et « Always I’m wrong » reflètent cet art à torcher des mélodies synth/pop contagieuses, alors que plus intéressant, le dernier morceau, « Quiver » marche davantage sur les traces de dEUS voire de Ghinzu…

 

Flotation Toy Warning

The Machine That Made Us

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A ce jour, cette formation n’avait enregistré qu’un seul album, « Bluffer’s Guide to the Flight Deck ». Ce qui lui avait valu le flatteur –mais peu rémunérateur– statut de groupe culte… Encensée par la critique mais boudée par le grand public, cette œuvre puisait ses sources chez quatre formations alternatives, nées au cours des 90’s : Grandaddy, Mercury Rev, Flaming Lips et Sparklehorse. Et les mélomanes qui avaient eu la chance de découvrir cet opus à l’époque, imaginaient, sans doute, que ce disque allait rester un ‘one shot’…

Pourtant, 13 ans plus tard, le groupe ouvre un nouveau chapitre. Baptisé « The Machine That Made Us », il bénéficie du soutien de la toujours aussi audacieuse maison de disque française, Talitres. Quelle influence le temps allait-il avoir sur le génie musical de Flotation Toy Warning ? A l’écoute des 10 magnifiques titres… on serait enclin à dire : strictement aucune ! Dès l’inaugural « Controlling the Sea », on retrouve ce lyrisme et ce mélange unique de mélodies imparables rappelant Mercury Rev au sommet de sa forme ainsi que ce sens de la théâtralité, principalement incarné par la voix si singulière de Paul Carter. D’autres pistes, telles que le somptueux « Due to adverse weather conditions all of my heroes have surrendered », enrichi d’une myriade de cuivres, et le tout aussi réussi « Everything That is difficult will come to an end », enrobé de chœurs célestes, achèvent de nous convaincre, tout en espérant qu’il ne faudra pas 13 ans à ce combo anglais pour accoucher d’un successeur à ce nouveau chef-d’oeuvre !

Un regret ? La pochette. Pas vraiment à la hauteur. Mais bon, vu le contenu, on ne fera pas la fine bouche.

 

Coco Montoya

Hard truth

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Ce chanteur/guitariste californien vient de fêter ses 65 balais. Il peut se targuer d’une longue carrière. Il a milité chez les Bluesbreakers de John Mayall, durant plus de dix ans. Il a ensuite embrassé une carrière personnelle, ponctuée d'une dizaine d'albums. "Hard truth" a été enregistré au Ultratone de Burbank, sous la houlette de Tony Braunagel. Et bien entendu, tous les musicos de la bande à Braunagel ont participé aux sessions : Mike Finnigan aux claviers ainsi que Johnny Lee Schell à la guitare rythmique. Sans oublier, Tony à la batterie.

"Before the bullets fly" est une composition signée Warren Haynes (Gov't Mule, Allman Brothers Band). Coco se sent comme un poisson dans l’eau tout au long de cette cover. Il étale déjà toute sa technique tellement proche de celle d'Albert Collins, et bénéficie du soutien de Mike Finnigan à l’orgue Hammond. Une parfaite entrée en matière! "I want to shout about it" est issu de la plume de Ronnie Earl. Coco chante d’une voix naturellement puissante, ce soul/blues imprimé sur un tempo enlevé qui tire parti, à nouveau, de cette parfaite dualité entre la guitare et l'orgue. Braunagel balise de son drumming, "Lost in the bottle", un blues/rock nerveux et énergique, au cours duquel on assiste à un duel de haut vol entre la six cordes de Montoya et la slide de Lee Roy Parnell (NDR : établi à Nahsville, ce Texan est un artiste notoire dans l’univers du roots). "Old habits are hard to break" a été composé par John Hiatt et Miss Marshall Chapman. Blues, la version est subtilement rythmée et se distingue par une nouvelle envolée magique de Montoya. "Devil don't sleep" évolue sur un rythme indolent. Sombre, le climat est entretenu par les roulements lugubres de Braunagel, alors que la gratte de Coco et la slide de Johnny Lee Schell entrent en dialogue. "Where can a man go from here?" constitue le meilleur blues lent du long playing. Les interventions à l'orgue Hammond sont chaleureuses. La voix de Coco est chargée de feeling et de passion. Enchanteresses, ses cordes adoptent toutes les ficelles du style. "I'll find someone who will" est plus funky et dansant, une piste dont le refrain est repris en chœur par les deux choristes, Teresa James et Deb Ryder. Un genre qu’il apprécie également. Il attaque "The moon is full", une compo issue de la plume de Gwen Collins (NDR : c’est la veuve d'Albert) qui figurait sur "Showdown!", un opus sorti en 1985, auquel avait participé Robert Cray, Johnny Copeland et Albert Collins. Coco et Billy Watts conjugue leurs cordes, avec bonheur, tout au long de "Hard as hell", un rock’in blues au cours duquel Finnigan se révèle impérial à l'orgue...

 

Coco Montoya

Songs from the road

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Coco Montoya est un prestigieux guitariste. Un bluesman californien qui s’est forgé sa notoriété en militant chez les Bluesbreakers du vétéran anglais John Mayall. Il a pourtant entamé sa carrière comme drummer, au sein du backing band texan d’Albert Collins. Une légende du blues. Mais c’est sa dextérité aux cordes qui va le rendre célèbre. Coco va vivre d’incessantes tournées, pendant 10 ans, auprès de Mayall. Alors qu’il est encore sous la houlette de son employeur, il tente l’une ou l’autre aventure individuelle. Avant de se lancer en solitaire. Début des 90’s il publie pas moins de trois elpees chez Blind Pig. Puis début de ce siècle, il rejoint Alligator, réservant à nouveau 3 opus à sa nouvelle écurie. Enfin, en 2009, il signe sur le label allemand de Thomas Ruf, pour lequel il vient de graver "I want it all back".

Ruf a décidé de consacrer des albums live, en Cd et Dvd, à ses artistes, qu’il a baptisé "Songs from the road". Joan Shaw Taylor, Oli Brown, Luther Allison, Savoy Brown et Royal Southern Brotherhood avaient déjà bénéficié de la formule. Qui a permis à Coco Montoya et son band de réunir 14 plages sur un double compact disc, épinglant quatorze titres issus de la discographie du Californien, dont cinq extraits du dernier LP "I want it all back", et trois, du tout premier, "Gotta mind to travel", paru en 1994.

Le concert a été immortalisé au Triple Door de Seattle, en août 2013. Il s’ouvre par  "Got a mind to travel", une plage au cours de laquelle les interventions dispensées à la guitare sont tellement proches de celle du Master of the Telecaster, Albert Collins. Le premier envol est cependant accordé par Leeper, à l’orgue. "Hey Senorita" est un hit décroché par un combo doo-wop, baptisé The Penguins. Et il remonte à 1954. La touche latino-américaine contamine cette cover, une piste qui permet aux deux solistes de tirer leur épingle du jeu. De superbes cordes introduisent "Too much water", une excellente ballade au cours de laquelle le chant naturellement puissant de Coco se détache de l'ensemble. Ce qui ne l’empêche pas d’injecter toute sa sensibilité dans un des meilleurs soli du concert! La reprise du "The one who really loves you" de Smokey Robinson met également en exergue la voix de Coco. Elle nous transporte dans l’univers northern soul de Motown. Il marche de nouveau sur les traces d’Albert Collins lorsqu’il aborde "Love jail". Ivre de bonheur, il est comme un poisson dans l'eau. Les plages s'allongent. A l’instar de "Don't go makin' plans", une piste R&B funky qui s’étale sur plus de 11'. Le premier disque s’achève par "I wish I could be that", une belle opportunité pour les deux solistes de briller sur leurs instruments respectifs !

La seconde plaque s’ouvre par un blues pur et dur. En l’occurrence le "Fanny Mae" de Buster Brown. Caractérisée par cette trame plutôt simple, mais répétée à l’infini, cette compo avait décroché un n°1 au top R&B en 1960. Roots R&B bien nerveux,"I love your love in my life" permet à nouveau au band de se lancer dans de longues chevauchées instrumentales. "Good days, bad days" est un titre issu de la plume de Gary Nicholson. Un blues lent. Enfin ! Mélodique, cool, il baigne dans un style proche d’un Eric Clapton contemporain. Une piste qui s’étale sur plus d’un quart d'heure. La longueur de la plage aurait pu s’avérer un handicap, mais vu la constance dans l’esthétisme et la sensibilité, on finit par y succomber. "I want it all back" est une autre compo issue de la plume de David R Steen, un ami fidèle à Coco, qui lui apporte son concours à l'écriture. La mélodie est exquise. Les accords de gratte son raffinés. Tous les musiciens reprennent en chœur le refrain. Le concert s’achève par trois morceaux signés par Henry ‘Coco’ Montoya. D’abord le très soul "I won't beg" et le plus blues "You'd think I'd know better by you", une piste balisée par le piano de Leeper. Enfin "My side of the fence", un blues nerveux, susceptible pour la dernière fois de ressusciter Collins. Et pour que votre info soit complète sachez que la production et le mixage ont été assurés par Jim Gaines. Un album de bonne facture, même si un seul cd aurait largement suffi…

 

Joy As A Toy

Dead As A Dodo

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Pour rappel l’apocalypse est annoncée prochainement (et perpétuellement).

Vous ne disposez plus de beaucoup d’opportunités de vous lancer à corps et cœur perdus dans cet excellent album de surréalisme effroyable.

Bande-son incontournable de série B, mais truffée de vraies bonnes chansons, « Dead As A Dodo » revisite l’univers décalé et sensuel d’une approche cinématographique très seventies, époque dorée du genre érotico-gore.

On pense plus d’une fois au Vampyros Lesbos de Jésus Franco, et ces images en filigrane collent parfaitement à l’univers de Joy As A Toy.

Plus subtil qu’il n’y paraît sous ses allures parfois grotesques (la frénésie de « Successful Failure » par exemple), cet album est gorgé de bonnes idées. De titres jouissifs aussi.

Zombie Safari », « Better Lock Your Door » ou « Only Mother Shot In The Head » sont suffisamment évocateurs…

Mais le côté excitant de l’objet, c’est qu’il ne sombre jamais dans le potache et reste avant tout un album décomplexé et enthousiasmant.

Fun comme un épisode d’un bon vieux Scooby Doo !

 

Joy as a Toy / Germanotta Youth

Joy as a Toy / Germanotta Youth (Split Ep)

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Pour fêter son second anniversaire, le label le plus démoniaque de Belgique a décidé de publier deux split Eps. Le premier, nous en avions déjà parlé, réunit Keiki Bee et Flower, le second Joy As a Toy et Germanotta Youth. Faut dire aussi que Joy as a Toy, une des formations bruxelloises les plus intéressantes du moment sortira bientôt son second album. Il s’intitulera « Dead as a Dodo ».

La première partie de ce split Ep est réservée à JaaT. La seconde à Germanotta Youth, un combo italien peu notoire chez nous dont le patronyme se réfère à Lady Gaga (de son véritable nom Stefani Joanne Angelona Germanotta). Un groupe au sein duquel on retrouve Massimo Pupillo, moitié de la formation expérimentale Zu.

Sur cette plaque, Joy as a Toy interprète un titre composé dans les 70’s par Goblin pour le long métrage « Profondo Rosso (Deep Red) », réalisé par le maître de l’horreur, Dario Argento. Les Bruxellois avaient adapté ce morceau dans le cadre du festival consacré au film d’horreur (‘Zombifff Nights’), qui s’était déroulé à Bruxelles. L’autre piste, « Monster » donne un avant-goût plutôt alléchant de leur futur long playing.

Chez Germanotta Youth, on reste au sein d’une ambiance démoniaque, mais musicalement, le climat est davantage ténébreux. Afin de correspondre au thème proposé par le disque, les Transalpins nous proposent leur version d’« Halloween », un morceau issu d’une bande sonore d’un film d’épouvante culte. Caractérisé par leur puissance dispensée tantôt lentement, tantôt rapidement, les trois pistes exécutées par le band italien évoquent inévitablement Zu.

Bref, si l’originalité est manifestement au rendez-vous, on ne peut pas en dire autant de l’accessibilité. M’enfin, tout est une question de goût et de couleurs…

 

Joy As A Toy

Valparaiso

Écrit par

Joy as a Toy est né de la rencontre entre trois musiciens chevronnés qui ont fait leurs armes au sein de diverses formations belges, comme Mud Flow ou encore aMute. Gil Mortio, Clément Nourry et Jean-Philippe De Gheest ont débuté cette aventure en 2008. Signé sur le label belge Cheap Satanism (Keiki, Trike, …), Joy As a Toy définit sa musique comme un mélange de Vampire Rock et de Tennis Pop. Ok !!! De quoi éveiller notre curiosité.

Concrètement Joy As a Toy baigne dans une forme d’indie-rock teinté de légères touches de psychédélisme. La musique du combo bruxellois évolue à la croisée des chemins de Talking Heads, Mr Bungle et Robert Wyatt. Les mélodies sont contagieuses, et les délires psychédéliques sont tour à tour parfaitement maîtrisés ou complètement imprévisibles, sans pour autant déraper dans l’impro. A l’instar de « Sub Rosa » sorte de danse macabre, qui finit quand même par partir en cacahuète. Les compos sont vivifiantes. Passant allègrement de la joie à la mélancolie. Suscitant autant l’envie de se trémousser que de s’enfoncer tranquillement dans son canapé… Un bémol, la voix du chanteur, qui semble parfois manquer de souffle. Mais le reste vaut son pesant d’arachides…

A découvrir en live ce 04/09 au Pot au Lait de Liège, le 17/09 au Magasin 4 et le 1/10 à l’Atelier 210.

 

Eat Your Toys

On the Ledge

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David, Vince et Benji ont formé Eat Your Toys en 2007. L’année suivante, ce trio rennais enregistre son premier essai. Un trois titres qui, dès sa sortie, entre immédiatement au sein du  CQFD (Ce qu’il fallait découvrir) des Inrocks. Deux ans plus tard, les Français publient leur premier Ep, «  On The Ledge ». Un pur bonheur !!!

Influencé par la scène indie-rock des années 90, le post-punk d’Eat Your Toys véhicule des accents manifestement noisy. La formation se réclame cependant autant de Sonic Youth que de Nirvana.

L’Ep s’ouvre par « Before The Coming Blast ». Un excellent titre caractérisé par des interventions aussi grinçantes qu’efficaces de guitares. Funky, le titre maître pioche parfois dans l’univers de LCD Soundsystem. Sandrine Maisonhaute, la chanteuse du groupe rennais It Isn’t Kane, vient poser sa voix sur « Flags for museum ». Le refrain de « Control » est imparable. La basse y est virevoltante. On croirait presque entendre dEUS période « Ideal Crash ». « Avalanche » conclut le disque. Un titre plus atmosphérique. Parfait pour conclure ce superbe Ep.

Vivace, efficace et bourré de feeling, cet Ep parvient, en cinq plages, à étaler toute la palette d’influences d’Eat Your Toys. Et elle est impressionnante. Sans jamais nuire à la cohérence de l’expression sonore. De quoi mettre l’eau à la bouche, en attendant la sortie d’un premier album…

 

Coco Montoya

I want it all back

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Thomas Ruf s'est offert Henry ‘Coco’ Montoya, un guitariste californien dont le mandat accompli auprès des Bluesbreakers de John Mayall est le plus long à ce jour. Et pour cause, il y est resté une dizaine d'années. Il y a partagé, d’ailleurs, le poste de soliste, auprès de Walter Trout et a participé à la confection de sept albums du natif de Macclesfield, pour Ruf. Il a fait ses premiers pas au cours des 70’s, en épaulant Albert Collins, comme drummer. Lorsque Montoya entame une carrière solo, il est signé par Blind Pig, une écurie yankee pour laquelle il va graver "Gotta mind to travel" en 1995, puis "Ya think I'd known better" et "Just let go". En 2000, il passe chez Alligator, la boîte de Bruce Iglauer. Un bel avancement. Il aligne alors "Suspicion", "Can't look back' et enfin "Dirty deal" en 2007.

A cours des derniers mois, il a collaboré, composé et s’est produit en compagnie de Keb Mo et Jeff Paris. Et "I want it all back" constitue le résultat des sessions studio. Keb Mo se réserve la guitare rythmique et Jeff Paris, les claviers. Ont également participé à la confection de cet elpee, le drummer Stephen Ferrone, le bassiste Reggie McBride et le percussionniste Courtney Branch.

L'album s’ouvre par "Hey senorita". La frontière mexicaine n’est pas bien loin. Rythmes latinos et syncopés sont alimentés par les baguettes de Stephen Ferrone et les accords de piano de Jeff Paris. Légères, intrépides, toujours brillantes, les cordes de guitare s'évadent entre chaque couplet. Ballade soul séduisante, le titre maître met en exergue la voix chaleureuse de Coco. Elle semble taillée pour ce style. Jeff le soutient aux chœurs. Evoluant sur un tempo plus lent, "Forever" conserve une coloration soul. Signée Dozier/Holland, cette composition avait été un hit des Marvelettes, pour la Tamla Motown. Coco dispense parcimonieusement ses notes au sein d’un climat fort cool, entretenu par l'orgue Hammond. Ballade légèrement blues rock, "Cry lonely" est issue de la plume de Gary Nicholson (NDR : un folk singer notoire, issu de Nashville). Les interventions vocales de notre Californien sont impeccables. Sa six cordes libère des notes très mélodieuses, empreintes de beaucoup de finesse et de sensibilité. "As close as I have come" est également une compo signée Nicholson, une autre ballade pleine de tendresse. Manifestement, Coco nous avait habitués à plus d’audace. Tout au long de cet elpee, il semble se complaire dans une forme de blues/pop à la Eric Clapton. Et "The life of my broken heart" en est une autre illustration, une ballade écrite par Jeff Paris. Exclusivement et discrètement concentré sur sa seule guitare rythmique, jusqu’alors, Keb Mo offre enfin une réplique vocale chaleureuse. Le "The one of my broken heart" de Smokey Robinson est bien entendu une compo soul. Encore une ballade. C’est au moment où on désespérait qu’on se rend compte que Coco Montoya n’et pas définitivement perdu pour le blues percutant, qui avait fait ses lettres de noblesse. A l’instar de cette bonne réplique du "Fanny Mae" de Buster Brown, une plage qui bénéficie du concours du célèbre tandem Piazza/Alexander. Rod souffle dans son harmo et Honey se charge des ivoires. Coco n'a écrit qu'une seule des onze plages : "Don't go makin' plans". Un trip funky parcouru de cuivres synthétiques! Tout au long de ce long playing, on se rend compte que Montoya a pris des risques en tempérant son expression sonore pour mettre en exergue ses qualités vocales. Ce qui pourrait, je le crains, ne pas trop plaire à ses aficionados de la première heure. En finale Coco et Keb conjuguent leurs voix face au saxo racoleur de Paulie Cerra, lors d’une cover particulièrement réussie du "Somebody's baby" de Jackson Browne. Le produit fini frise la perfection, c’est indéniable. Mais je ne suis guère convaincu du résultat. A l’approche de ses 60 balais, Coco aurait-il pris un coup de vieux ?

Paradoxalement, lors de ses remerciements mentionnés au sein du booklet, il cite ses musiciens de tournée qui l’accompagne pour l’instant ; soit Randy Hayes, Brant Leeper et Nathan Brown. Mais aucun d’entre eux n’a participé à la confection de ce disque… Coco tourne pour l’instant en Europe. Il est ainsi annoncé ce 15 mars au Spirit of 66 de Verviers. Il participe également au nouveau périple organisé par Ruf, "Blues without frontiers", une Blues Caravane partagée en compagnie des chanteuses Meena et Shakura S'Aida..

 

LeToya

LeToya

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Question : 'Quelle est l’ex-Destiny’s Child ayant le mieux réussi sa carrière en solo : a) Beyoncé Knowles, b) Kelly Rowland, c) la figurante dont personne connaît le nom, d) LeToya Luckett?'. Beyoncé ? C’est votre dernier mot ? Pas de bol. A quelques semaines près, vous auriez peut-être récolté le pactole. Profitant de l’hibernation de ses ex-consoeurs, LeToya réussit un véritable tour de force aux Etats-Unis en squattant la pole position du Billboard, aussi bien du côté des singles que des albums. Une belle revanche pour la demoiselle qui, quelques années auparavant, s’est vu gentiment remerciée pour avoir osé suggérer le remplacement du papa à Beyoncé, manager des feues Destiny’s Child, par une personne neutre. De plus, LeToya ne manque pas d’humour. Après avoir intenté deux procès à ses anciennes camarades, elle déclare ‘Non, je n’ai pas de ressentiments envers elles’. Fatiguée de nourrir la rubrique potins des tabloïds, la jeune fille prend sur elle, efface l’ardoise et lance un nouveau girl band, Anjel. Un flop intégral. Il lui fallait donc faire un choix entre une carrière solo ou devenir serveuse au McDo. Et comme il aurait été triste de gâcher un tel potentiel commercial dans la vente de Big Mac, le label Capitol la prend ‘généreusement’ en charge et confie la production de son premier album solo à quelques uns des plus grands producteurs R’n’B (Jermaine Dupri, Terry Allen, etc.). « LeToya » débarque alors dans les bacs. Carton plein.

Question : 'Auquel de ces éléments doit-elle ce succès : a) ses hits potentiels, b) les photos sexy de la pochette, c) une production originale, d) une voix unique en son genre ?'. Réponse b ? C’est votre dernier mot ? Bien joué. En effet, hormis les charmantes images qui alimentent le livret, il n’y a pas grand-chose à retirer de cet essai éponyme. Condensé de R’n’B soporifique et de ballades mièvres aux textes clichés, « LeToya » est une simple relecture des tubes de ce genre musical, circa mid-nineties. On pense, sans la moindre excitation, à TLC (« So Special »), Toni Braxton (« Torn ») ou encore Brownstone (« Obvious »). Bref, toutes ces artistes aujourd’hui disparues de la circulation. Ce succès serait-il donc expliqué par une certaine nostalgie ? Le fait est que même les titres un tant soit peu ‘modernes’ n’ont rien d’original (« All Eyes On Me » et ses rythmes aussi arabisants et tubesques que le « Baby Boy » de sa principale rivale…). A l’heure où une certaine chaîne musicale n’en a plus que pour la Urban Music, LeToya peut dormir sur ses deux oreilles. Mais nul doute que l’heure de son règne est commercialement comptée. D’ailleurs, à ce propos, dernière question : ‘La femme à Jay-Z, elle sort pas un album bientôt ???’…

Coco Montoya

Look back

Écrit par

L'ancien drummer d'Albert Collins a fait son chemin! Originaire de Santa Monica, en Californie, il a aujourd'hui dépassé le cap du demi-siècle. Au début des années 80, il avait sévi chez les BluesBreakers de John Mayall en compagnie d'un autre guitariste devenu célèbre, Walter Trout. Il y est resté une dizaine d'années, avant d'entamer sa carrière personnelle. Son 1er album est paru en 1995 : "Gotta mind to travel". Sur Silvertone. Le suivant, "Ya think I'd know better", est sorti l'année suivante et "Just let go" en 97. Tous deux sur Blind Pig. En 2000, il a décroché un contrat chez Alligator. Pour lequel il a commis, quelques mois plus tard, "Suspicion".

L'opus s'ouvre par "Wish I could be that strong". Un titre blues rock qui flatte l'oreille. Blues modéré, légèrement funky, "Running away from love" a sans doute été inspiré par Albert King. Coco ne perd à aucun moment sa ligne mélodique, permettant ainsi à la guitare de s'égarer de manière divertissante. Il reprend avec beaucoup de bonheur "Something about you", un ancien hit des Four Tops écrit par Holland, Dozier & Holland, l'équipe attitrée de la Tamla Motown. Le backing band assure très bien son rôle ; et notamment Chuck Kirkpatrick à la rythmique et Benny Yee à l'orgue. Montoya est alors libre de délivrer un de ces solos dont il a le secret. "I won't beg" est une ballade rythmée plus soul, sur laquelle il peut mettre en évidence sa voix naturellement puissante et chaude. "Trip, stumble and fall" est une plage tonique, écrite par les texans Stephen Bruton et David Grissom. Constituée de Steve Evans à la basse et de Randy Hayes à la batterie, la section rythmique est d'une solidité soumise à toute épreuve ; une assise qui permet à la guitare de galoper à vive allure. Coco peut enfin aborder "Can't see the streets for my tears", un slow blues conduit de manière fort semblable à celle de son ex patron, John Mayall. "Same old thing" est une composition du maître de la Telecaster, Albert Collins. De toute évidence, il rend un nouvel hommage à celui qui l'a tant aidé à se forger une personnalité, dans les années 70. "Can't look back" est une ballade soul agrémentée de cuivres. Joe Sublett est au sax et Darrel Leonard à la trompette. "Women have a way with a fool" permet de mesurer une nouvelle fois encore l'aisance vocale de Coco dans le R&B. Sa versatilité sur les cordes est assez remarquable. Inspiré une fois encore par le travail qu'il a accompli au sein des Blues Breakers, "Back in a Cadillac" est un blues bien rythmé. En fin d'album, il concède "No longer a part of your dreams", une plage dansante bien agréable enrichie par la guitare slide, le sax de Sublett et l'orgue de Tommy Eyre, un ancien sideman de Joe Cocker. Ce disque de bonne facture s'achève par "Free", une plage très blues rock, assez majestueuse dans le riff. Montoya peut encore y faire respirer sa Stratocaster aux parfums très électriques. Et pour être complet, sachez que la production est signée Jim Gaines.

 

Babes In Toyland

Nemesisters

C'est vrai qu'au cours de ces deux dernières années, les bruits les plus alarmistes ont alimenté une hypothétique séparation du trio de Minneapolis. Pas seulement à cause des projets menés à l'extérieur du groupe. Mais surtout à cause des nouvelles résidences respectives des trois filles. Pensez donc, elles ont aujourd'hui élu domicile aux trois coins des States! M'enfin, le problème semble provisoirement résolu, puisque le combo est reparti en tournée... Venons en à "Nemesisters". Onze titres taillés dans le granit punk metal tourmenté et viscéral (ça rime!). Mais, aussi trois covers totalement imprévisibles. Une de Billie Holliday, "Deep song", chantée a cappella par la "drummeuse", Lori Barbero. "All by myself", standard d'Eric Carmen. Et beaucoup plus surprenant, le hit disco de Sister Sledge, "We are the family"...