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Two Gallants

Dommage, ces balances mal réglées…

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Pendant quelques années, les deux musicos de Two Gallants se sont consacrés à leurs projets respectifs. En solo pour Adam Haworth Stephens. Au sein de Devotionals pour Tyson Vogel. Il y a quelques mois, le duo a publié un nouvel opus, « The Bloom and the Blight ». Un album résolument différent des précédents elpees (NDR : tous excellents, il faut le rappeler !) et au cours duquel Stephens n’a pas hésité à se servir davantage de la distorsion. Le son y est donc beaucoup plus sauvage et âpre. Un changement radical qui avait éveillé notre curiosité et puis suscité l’envie d’assister à une future prestation scénique. Le concert au Botanique de ce 27 novembre tombait donc à pic.

Le tandem jouit quand même d’une notoriété certaine en Belgique, puisque le spectacle est sold out, déjà depuis quelques semaines. La première partie est assurée par un groupe anglais répondant au doux nom de To Kill a King. Un patronyme inspiré d’un film britannique réalisé par Mike Barker, sorti en 2003. Pratiquant une forme de folk rock, cette formation est venue présenter son premier Ep, « Word of Mouth ». Les Londoniens ont donc la lourde tâche d’ouvrir les hostilités. Malheureusement, sans être catastrophique, leur prestation ne casse pas ‘trois pattes à un canard’ ; dans ces conditions si le roi est mort, on ne criera pas ‘vive le roi’…  

Le temps de prendre l’air quelques minutes et il est temps de revenir dans la salle. Derrière le podium, s’étend une énorme banderole arborant un motif tout droit sorti des premières encyclopédies. Sa signification reste une énigme pour l’ensemble de la foule et esthétiquement les avis sont mitigés. Peu importe…

Les deux barbus montent sur l’estrade vers 21h05. Ils attaquent d’abord plusieurs morceaux de leurs derniers albums, dont l’excellent « My Love Don’t Wait ». Techniquement, les deux protagonistes sont toujours au top. Adams.H.Stephens affiche une dextérité impressionnante à la guitare même si son jeu s’est durci. Quant à Vogel, on se demande encore comment il parvient à tenir la distance à ce régime. Si la prestation tient la route, on ne peut pas en dire de même de la qualité du son. Et pour cause, sur-amplifiée, la batterie étouffe les subtilités des accords de la guitare. Et si au fil du concert, le phénomène va s’estomper, il sera toujours bien présent. Fâcheux ! Malgré ces soucis techniques, Two Gallants enchaîne les titres. Et les anciennes compos subissent un traitement plus pêchu. A l’instar de « Steady Rollin’» ou « Las Cruces Jail ». On aura même le droit à un nouveau morceau. En fin de parcours, deux membres du groupe anversois Hickey Underworld les rejoignent sur l’estrade, afin d’assurer les percus, pour une composition qui ne relève pas du répertoire des Californiens. Une reprise sympathique, mais loin d’être percutante. Et c’est « Halcyon Days » qui clôt le corps du set.

Un peu de calme pour entamer le rappel, puisque Two Gallants aborde deux ballades, « Broken Eyes » et « Sunday Souvenirs ». Mais « Nothing to You » conclut la prestation très électrique du duo étasunien. Dommage, ces balances mal réglées… 

(Organisation Botanique)

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Two Gallants

The scenery of farewell

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Après le succès de l’album « What The toll tells » et une tournée de près de 200 dates en 2006, Adam Fontaine et Hyde Edneud gravent sur « The scenery of farewell » une petite, mais convaincante, collection de chansons acoustiques. Sur scène, les Californiens sont accompagnés d’Anton Patzner (violon), Jackie Perez Gratz (violoncelle) et Chico Tunney (contrebasse). La rage électrique, survoltée, est ici mise de côté au profit d’un dépouillement fascinant. D’emblée, « Seems like home to me » donne le ton : sombre. Le chant est déchiré, les chœurs brisés, la batterie discrète soutient un violon en deuil. S’ensuit « Lady », morne plainte, amère et mélancolique, douloureusement sublime. Si « Up the country » puise son héritage chez Springsteen époque « Nebraska », les Two Gallants se livrent à de beaux échanges vocaux sur « All your faithless loyalties ». Enfin, introduit par un harmonica accablant, « Linger on » est une perle d’émotions, simple et captivante au long de ses huit minutes. Signé sur le label Saddle Creek (Conor Oberst, alias Bright Eyes), le duo révèle en cinq titres la splendeur d’un renouveau folk : introspectif et mélancolique, obscur et magnifique. Et s’ils croisaient le diable, ils lui donneraient cet EP en échange de leur âme. Jolie offrande pour patienter jusqu’à la sortie du troisième opus, prévu pour septembre.

 

Two Gallants

What The Toll Tells

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Tous droits issus de San Fransisco, les deux jeunes complices, Adam Stephens et Tyson Vogel, pratiquent un Electric Blues digne des plus grands. N'usant que d'une guitare et d'une batterie, le duo balance neuf morceaux impétueux (dont certains tournent autour des neuf minutes), qui ne sont pas sans remémorer les premiers travaux des White Stripes dans ses instants les plus frénétiques. Distillé avec un brio à faire froid dans le dos, les contes de la White Trash America de Two Gallants nous envoient tout droit dans les tréfonds du sud des Etats-Unis, à travers des paysages parcourus par de piteux `trailers parks'. « What The Toll Tells » témoigne de l'histoire de quelques quidams vivant dans ces contrées désenchantées. Oubliés du reste du monde, ces rednecks s'apitoient sur eux-mêmes, noient leur peine dans la bibine et évacuent leur frustration en faisant de femmes et enfants des punching-balls ambulants. Dès les premières notes de « Las Crucas Jail », titre d'ouverture de ce second recueil, Vogel et Stephens posent textes et musique avec une passion telle qu'il est impossible de ne pas penser avoir affaire à de futurs incontournables du genre. Yeeeeehaaaaw !

Two Gallants

Des effluves d'Amérique profonde...

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La nouvelle m'est parvenue au dernier moment : j'irai donc voir les Two Gallants au Bota. C'était le 10 novembre dernier… Agréable surprise s'il en est, car depuis plus d'un mois je n'ai cessé d'entendre parler de ces deux kids américains, que beaucoup me décrivaient comme de géniaux musiciens folk, tatouages en plus. Arrivé sur place, j'apprends avec délectation que les hostilités prendront place dans cette chère petite rotonde, tant affectionnée. Aucun autre théâtre ne m'a, de mémoire, proposé une si parfaite synthèse de chaleur, d'intimisme et de promiscuité. Le temps de retrouver mon complice du soir, de vider une petite mousse et de prendre un bol d'air en bonne et due forme, puis nous entrons tous deux dans une salle déjà bien garnie.

La formation en charge de la première partie répond au nom de Cold War Kids et défend, ma foi, fort bien son dernier opus. Ça swingue, les deux voix sont sympathiques et, une fois n'est pas coutume, on savoure calmement l'orage avant la tempête.

Arrivent ensuite les deux comparses de Two Gallants et la salle s'embrase. Cela se sent, les gaillards sont attendus impatiemment depuis la sortie de leur dernier album « What the Toll Tells » et leur apparition à l'AB ou durant les festivals de l'été (à l'affiche de Dour, notamment). Si Tyson Vogel (batteur) et Adam Stephens (guitare et chant) débarquent tout juste de leur Californie natale, et de San Francisco pour être précis, leur show n'en dégage pas moins des effluves d'Amérique profonde. Sans devoir fixer des yeux les premiers rangs (pas une fois on n'a eu la chance d'apercevoir les prunelles du batteur fou, dissimulées derrière sa longue tignasse inflammable, quant à son collègue, il ne semble pas être un inconditionnel du 'yeux dans yeux'), les deux artistes plongent l'assemblée dans une contemplation non feinte, et votre serviteur, bien que novice en la matière, opine du chef la bouche en cœur… Les aficionados d'Eddie Vedder, de Jack White voire de ce bon vieux Kurt auront, sans conteste, apprécié le folk torturé du duo et la facilité avec laquelle ses notes décharnées oppressent agréablement. On ne sort pas indemne de ce genre de concert, on m'avait prévenu… C'est soit la nuit d'introspection, soit le tournis… Après un rappel et un ban d'applaudissements de circonstance, je sens que pour moi il n'y aura pas d'introspection et je me précipite dehors vers un second bol d'air salvateur. Un camarade assez chargé arrose d'ailleurs déjà le jardin botanique de ses émotions éthyliques. Peut-être touche-t-on ici vraiment à l'essence du Rock'n'Roll… Un live des Two Gallants, c'est décidément éprouvant… Mais on en redemande !