Le rire de Will Paquin

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

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Volbeat

Elvis, taille Heavy

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Nous sommes mi-novembre. Une légère mais sournoise pluie vous gifle le visage. L’hiver n’est pas loin. Devant Forest National, on ne recense que quelques téméraires qui grillent de l’herbe à nicotine. Les autres se réchauffent au sein du hall d’entrée. Le regard s’évade en direction du stand merchandising. Volbeat, la tête d’affiche, n’a décidément pas lésiné sur les souvenirs à emporter : de l’ultra-classique t-shirt au hoodie, en passant par le sac de sport et même le pot de gel –histoire de se gominer la chevelure à la Michael Poulsen, vocaliste du band– le fan a de quoi dépenser quelques deniers. Mais trêve de contemplation, la batterie de Crobot résonne…

La fosse est encore clairsemée et les gradins guère peuplés, quand Crobot attaque « Legend of the Spaceborne Killer », le titre d’ouverture de son premier opus. La musique de la formation pennsylvanienne plait aux mélomanes. Sa perfusion de hard rock libère une fameuse dose de groove. En outre, sa bonne humeur est incroyablement contagieuse. Vêtu d’une chemise blanche, surmontée d’un gilet brun et d’un jeans moulant, Brandon Yeagley a un look qui rappelle les sixties. Sa voix est puissante et suave. Malheureusement, et c’est souvent le cas à FN, le son n’est pas au top. Il rebondit, devient confus et manque cruellement de relief. Mais qu’importe, le band se démène en espérant que l’auditoire le suive. Recroquevillé sur sa basse, Jake Figueroa est littéralement habité par son instrument et semble vivre chaque note qu’il en extirpe. Lorsqu’il n’est pas debout sur son ampli, Chris Bishop fait tournoyer sa gratte autour de lui. Mais soudain, le vocaliste l’assaille et, en un bond, finit par atterrir sur ses épaules. Une belle occasion pour entamer une sympathique distribution d’onglets aux premiers rangs. En une demi-heure de show, les Yankees ont montré ce qu’ils avaient dans le ventre.

Le backflag de Crobot, petit format, est décroché, et laisse la place à celui d’Airbourne. Imaginez plutôt : un immense corps rouge en plan taille, moitié humain, moitié squelette, yeux exorbités et mâchoire largement ouverte, surmontés d’une longue chevelure bouclée, prend toute la longueur du podium. En fait, il s’agit d’une réplique morbide de Joel O'Keeffe, le chanteur charismatique du band. La présence dans le pit est désormais beaucoup plus conséquente. Il faut dire qu’Airbourne, c’est déjà presque une tête d’affiche. Débarquant torse nu sur l’estrade, jeans noir largement troué, O’Keeffe se démène comme un beau diable sur les planches. C’est simple : il ne tient pas deux secondes en place, s’acharne derrière son pied de micro ou arpente la scène de long en large, en courant ou en imitant le célèbre pas chassé d’Angus Young, guitariste d’AC/DC. Ce groupe légendaire du Hard Rock hante largement les compositions d’Airbourne ; et ses musicos ne s’en cachent absolument pas. La rumeur raconte d’ailleurs que le chanteur aurait pu –c’est du moins ce que les fans d’Airbourne espéraient ardemment– rejoindre AC/DC, lorsque l’été dernier, Brian Johnson avait dû jeter l’éponge. Bénéficiant un peu moins d’une heure de set, la formation australienne (NDR : tout comme la bande à Angus, si vous voyez l’analogie…) enchaîne les morceaux pour construite un mur de Hard Rock bien gras, incisif et qui va droit au but. Un show carré et généreux, au cours duquel le chanteur, guitare à la main, décide de monter sur les épaules d’un de ses roadies (NDR : c’est récurrent) et commence à se promener au coeur de la fosse, avant de fracasser une canette de bière (NSR : une de 50cl, s’il vous plait !) sur son crâne, pour en faire jaillir une fontaine de houblon au milieu des metalheads. Très rock’n’roll !

La scène est à peine rallumée qu’un drapé vient immédiatement la voiler. Pour laisser la place à une tête de mort ailée, surmontée du logo de Volbeat. La salle de Forest National est à présent pleine comme un œuf. Depuis le parterre jusqu’en haut des gradins. Les premières notes de « Born to Raise Hell » du tant regretté Motörhead servent d’échauffement ultime. Les poings se lèvent pendant le refrain. La foule est à point pour accueillir –comme il se doit– Volbeat. Toujours invisible, le groupe entame « The Devil's Bleeding Crown », plage d’ouverture de son dernier elpee, « Seal The Deal & Let’s Boogie ». La batterie s’ébroue. Le rideau tombe. Le public exulte. Face à son pied de micro, Michael Poulsen, cheveux gominés, veste à patchs recouvrant un t-shirt de Mercyful Fate et jeans noir, fait claquer sa magnifique voix dans les enceintes de la salle. À ses côtés, Rob Caggiano, l’ancien guitariste de Thrash Anthrax, mais devenu depuis 2013, le second homme fort du combo danois, est tout sourire face à l’auditoire. À moins d’avoir eu la chance d’applaudir le quatuor au cours des festivals d’été, cette nouvelle tournée est également une belle opportunité pour les amateurs de faire connaissance avec Kaspar Boye Larsen, le nouveau bassiste qui a rejoint le line up, en mai 2016. Casquette vissée à l’envers sur la tête, Jon Larsen martèle ses fûts. Discrètement. L’arrière du podium forme un demi-cercle métallique surélevé, sur lequel les artistes viennent régulièrement se dégourdir les jambes. En son centre –au point donc le plus haut de la structure– est planté un pied de micro dont Poulsen vient fréquemment s’emparer ; ce qui lui permet de bénéficier d’une vue privilégiée sur l’ensemble de la salle.

Volbeat n’est pas du genre à se payer la tête de ses fans. Pendant pas loin de deux heures, il va parcourir un bel éventail de sa discographie, en faisant néanmoins la part belle aux compos de son dernier LP, dont « For Evigt » (chantée entièrement en anglais, alors que la version cd propose une version partiellement en Danois), « Seal the Deal » et encore le slayerien « Slaytan ». Mais également des titres plus anciens, comme le devenu culte « Pool of Booze, Booze, Booza », « Hallelujah Goat » mais aussi « Still Counting ». Certains medias n’ont pas hésité à qualifier sa musique d’‘Elvis Metal’. Qui serait donc le fruit de la rencontre parfaite et bienheureuse entre Elvis Presley et Johnny Cash (NDR : ils sont considérés comme deux des principaux précurseurs du heavy metal) sur un lit de… Rockabilly. Michael Poulsen ne manque d’ailleurs jamais de se référer à la mémoire de l’Homme en Noir, en invitant la foule –troquant pour l’occasion sa guitare électrique pour une sèche– à reprendre en chœur le célèbre « Ring of Fire », en guise d’introduction au pastiche cashien, « Sad Man’s Tongue ». Le quatuor ne manque également pas de communiquer sa bonne humeur à l’auditoire. Le chanteur est d’ailleurs surpris en lisant une banderole brandie aux premiers rangs, invitant le groupe à interpréter « Ecotone ». Amusé, Michael demande au fan de lui envoyer le bout de tissu, afin de l’afficher dans le local de répétition. ‘Cette chanson, tu peux la retrouver en effet sur un de nos albums…’, balance-t-il à la personne concernée, passablement gênée, avant de finalement poursuivre : ‘Il y a longtemps qu’on ne l’a plus jouée ; mais on va quand même essayer’. Volbeat se lance donc dans une improvisation, d’un titre hors set list, pour le plus grand bonheur des fans et de la foule. Et les plus jeunes risquent fort de ne pas oublier ce concert ; surtout lorsque Poulsen invite les ‘kids of rock’ à monter sur l’estrade, afin de vivre la fin de parcours auprès des musicos. Des moments qui resteront gravés dans leurs mémoires. Et notamment lorsque le chanteur s’installe derrière un des ces petits mecs, baladant sa guitare au-dessus de l’enfant tout en continuant d’en jouer, à sa hauteur. Ou encore lorsqu’il invite ces metalheads en herbe à donner un dernier coup d’onglet sur sa gratte, en guise d’au revoir plus que d’un adieu.

Fidèle à sa réputation de bête de scène et malgré de gros problèmes de son liés à la salle de Forest National (les sonorités de guitare dispensées par Rob Caggiano ont failli plus d’une fois percer nos malheureux tympans), Volbeat a véritablement assuré le show. En une quinzaine d’années, le quatuor est devenu un incontournable de la scène Metal, trustant désormais les têtes d’affiche de festivals. Le genre de groupe dont on risque, pour le plus grand bien des oreilles, d’entendre encore parler pendant de nombreuses années.

Setlist : “The Devil's Bleeding Crown”, “Heaven nor Hell”, “A Warrior's Call”, “I Only Want to Be with You”, “Lola Montez”, “Let It Burn”, “Sad Man's Tongue”, “Hallelujah Goat”, “The Gates of Babylon”, “Slaytan”, “Dead but Rising”, “16 Dollars”, “Ecotone”, “For Evigt”, “Pool of Booze”, “Booze”, “Booza”, “Boa [JDM]”, “Goodbye Forever”, “Fallen”.

Encore: “Black Rose”, “Doc Holliday”, “Seal the Deal”, “Still Counting”.

(Organisation : Live Nation)

Volbeat

Un excellent remède contre la morosité...

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Tandis que nous affrontons les embouteillages coutumiers sur le ring d’Anvers, des centaines de headbangers se pressent déjà à l’entrée de la salle Hof Ter Lo pour un concert qui affiche sold out ! Une fois n’est pas coutume, c’est un double évènement qui est proposé aux fans de metal en cette soirée ensoleillée. Le club ‘Trix’, adjacent à la salle bien connue des amateurs de rock puissant, propose un mini festival de death metal. En tête d’affiche : les Hollandais de Goresfest. Maigre consolation pour les fans de Volbeat sans ticket ; mais vu le droit d’entrée à 5€, il aurait été inopportun de faire la moue…

Il est un peu plus de 19h30 lorsque les jeunots de Serum 114 investissent le podium de l’Hof Ter Lo, déjà envahi par les backdrops de Volbeat. Tatoué, chapeau visé sur le crâne, le chanteur blondinet campe un hybride entre Kid Rock et le leader de Green Day. C’est d’ailleurs dans le registre de ces derniers, et plus particulièrement celui de Sum 41 que milite la formation allemande. Anissa me fera d’ailleurs très judicieusement remarquer que si l’on rabote deux lettres au mot Serum, et qu’on bascule le 4 de 114, on obtient Sum 411 ! Il est vrai que le combo n’a rien inventé et qu’il devient vite très ennuyeux.

Même si le chanteur du groupe fusion hardcore Stuck Mojo est soutenu par d’excellents musiciens, nous préférons prendre un rafraîchissement et fouiner dans les bacs à CD’s de l’échoppe de Metalzone. Le chant ‘rapé’ n’est décidément pas notre tasse de thé.

En insufflant un brin de country façon Johnny Cash et quelques touches de rockabilly à son metal lourd, Volbeat est devenu le phénomène à la page ! Comment résister et rester de marbre face à ce cocktail détonnant. On parle même d’‘Elvis metal’ tant l’organe de Michael Poulsen évoque celui du ‘king’, dont il reprend les intonations pour exécuter un metal à la limite du thrash, particulièrement teinté de Misfits et de Metallica.

Dans la salle, l’ambiance est survoltée et ne faiblira pas jusqu’au monumental « Still Counting ». Si la recette était rôdée dès le premier album de ces Danois atypiques, elle est ici encore améliorée ; et le public s’enflamme dès les premiers accords de « Guitars, Gangsters and Cadillac Blood ». Belle entrée en matière ! Le son est monumental. Les lights sobres ; et il est incontestable que l’atout principal du band demeure le timbre vocal de Poulsen. Tandis que « My Believe » s’enchaîne à « Sad Man’s Tongue », le service de sécurité n’en finit pas de réceptionner les nombreux ‘stagedivers’ qui participent joyeusement à cette soirée endiablée aux allures de grande fête du rock’n’roll !

Volbeat s’avère être un excellent remède contre la morosité. Il suffisait d’observer les mines réjouies des spectateurs qui ne sont pas près d’oublier cette prestation incandescente d’un groupe avec lequel il faudra désormais compter.