La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Yo La Tengo

Le noisy/rock à son zénith !

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L’an dernier, Yo La Tengo a publié son 15ème opus, “There's a Riot Goin' On”, une œuvre atmosphérique, expérimentale, dont les longs développements instrumentaux, ondulatoires et brumeux, sont propices à la méditation. En tournée depuis quelques mois, le trio de Hoboken (NDR : c’est dans le New Jersey), se produisait ce samedi 16 février. Compte-rendu.

Le concert est découpé en deux parties, séparées par un entracte de 15’. Et la première, recelant 5 morceaux issus du dernier LP (voir chronique ici), va nous plonger au sein d’une forme d’ambient où se mêlent électro (NDR : y compris boucles et samples), psychédélisme, électro, folk, bossa nova, jazz ou encore lounge. Même les 4 autres compos, extraites du back catalogue, vont baigner au sein d’un même climat. Sobre, le décor se limite à des cds suspendus à des hauteurs différentes…

Le set s’ouvre par le drone instrumental pulsant « You are here », un morceau au cours duquel James McNew, le bassiste, vient frapper sur une caisse claire et une cymbale, pour étoffer le drumming de Georgia Hubley (NDR : que l’on distingue difficilement, car elle est installée en retrait, sur les planches). Faut dire qu’au cours de cet acte, il va se servir régulièrement de percussions manuelles. Il troque sa basse contre une lourde contrebasse, tout au long de « Can’t forget ». Lors du show, hormis Georgia –qui vient quand même régulièrement en avant-scène pour se consacrer au chant– les membres du combo vont régulièrement changer d’instrument, parfois même au beau milieu d’un titre, Ira Kaplan alternant entre gratte électrique, sèche et ivoires. La flexibilité dans toute sa splendeur ! Ira se consacre aux claviers pendant « Ashes », mais se lève comme de son siège, pour venir donner un coup de stick, sur une cymbale, à intervalles réguliers. McNew se sert plus régulièrement d’un autre synthé, plutôt bizarre et aux sonorités parfois surprenantes. Et pour les vocaux, si Georgia possède un timbre clair et délicat, celui d’Ira, lorsqu’il ne chuchote pas, est en général plus rauque, alors que McNew campe un falsetto éthéré. En outre, quand les deux ou trois voix se conjuguent en harmonie, comme pendant « Black flowers », c’est tout à fait remarquable. Et pour clore ce premier volet, « Here you are » s’immerge généreusement dans l’ambient…

Les inconditionnels du rock indé ont certainement dû rester sur leur faim. Pourtant, au cours de cette première partie, on a pu apprécier la virtuosité des différents instrumentistes, mais aussi la richesse de la musique proposée par YLT. En quittant le podium, Ira annonce que le trio reviendra dans quelques minutes…

Et c’est le « Polynesia #1 » de Michael Hurley, qui entame le deuxième volet, une cover rappelant que l’influence majeure –et animale– de Yo La Tengo est bien le Velvet Underground. « Here to fall » replonge d’abord dans l’ambient, avant que la section rythmique n’impose un tempo funky, alors que Ira est revenu derrière les claviers. Petit retour au cœur des eighties ensuite, « Shaker » lorgnant vers Wire, alors que « Stockholm syndrome » aurait pu figurer au répertoire de Pavement voire de Guided By Voices. Un peu de répit dans le show, lorsque le trio opère un retour dans son dernier long playing, en interprétant les très mélodieux « For to you » et « Shades of blue », titre au cours duquel James a récupéré sa contrebasse. Place alors au bouquet final ! Allumé par « Sudden organ ». Ira se déchaîne sur ses ivoires merveilleusement et étrangement détraqués. « Decora » commence à se nourrir généreusement de feedback, alors que « Sugarcube » va osciller du shoegaze au krautrock, une compo au cours de laquelle McNew agite ses percus manuelles. Mais, quel que soit le morceau, malgré les délires instrumentaux, le fil mélodique finit toujours par réapparaître, comme par enchantement. Et comme votre serviteur s’y attendait, le concert va s’achever en apothéose par l’incontournable « I hear you looking », une version épique d’un instrumental qui va allègrement dépasser les 10’. Le noisy/rock à son zénith ! (NDR : même si on est à l’Aéronef). Un quatrième larron débarque alors pour se consacrer aux synthés. Impassible, le regard absent, un stylo à bille dans la poche de sa chemise, on dirait qu’il vient d’une autre planète. N’empêche, Ira va nous réserver une démonstration de son talent à la guitare. Il superpose ses interventions en couches. Il torture une gratte, la balance de droite à gauche dans les airs, la pose sur la tête, et finit par l’abandonner sur son ampli pour en tirer le meilleur feedback, puis en prend une autre pour reprendre son exercice de style tentaculaire, abrasif, rappelant alors le concert que Yo La Tengo avait accordé, dans le cadre du festival de Dour, en 2003. Fabuleux !

Alors, rappel ou pas ? Ben quand même, un encore de trois reprises (NDR : malgré ses presque 35 ans au compteur, Yo La Tengo est toujours considéré comme les maîtres dans ce domaine), dont celle du « Swallow my pride » des Ramones, dans une version punk mais clean. Puis deux titres acoustiques, le « Griselda » de The Holy Modal Rounders ainsi que le « By the time it gets dark » de Sandy Denny (NDR : décédée en 1978, cette remarquable vocaliste a notamment milité chez le Fairport Convention), deux plages qui vont à nouveau mettre en exergue les superbes harmonies vocales. 2h30 de concert ! Mais plus que probablement et déjà un des meilleurs de l’année.

(Voir aussi notre section photos )

set 1

You Are Here, Can't Forget, What Chance Have I Got, All Your Secrets, She May, She Might, Don't Have to Be So Sad, Ashes, Black Flowers, Here You Are

set 2 Polynesia #1 (Michael Hurley cover), Here to Fall, Shaker, Stockholm Syndrome, For You Too, Shades of Blue, Sudden Organ, Decora, Sugarcube, I Heard You Looking

Encore:

Swallow My Pride (Ramones cover), Griselda (The Holy Modal Rounders cover), By the Time It Gets Dark (Sandy Denny cover)

Yo La Tengo

There’s a riot going on

Écrit par

Yo La Tengo a intitulé son 15ème opus, “There's a Riot Goin' On”, soit le même titre que celui choisi par Sly & The Family Stone, en 1971. La musique est bien sûre bien différente, entre les deux groupes, nés à des époques différentes, mais le message politique est aussi revendicatif. En fait, les lyrics traitent de l’inquiétude existentielle, née de l’insécurité provoquée, notamment, par Donald Trump, dans leur pays. Mais le plus paradoxal, c’est que le nouvel elpee est sans doute le plus contemplatif et probablement le plus expérimental, concocté par le trio de Hoboken (NDR : c’est dans le New Jersey), depuis ses débuts. Il lui a quand même fallu trois longues années pour le réaliser.

Les 15 plages de cet album baignent au sein d’un climat atmosphérique hanté par des harmonies vocales éthérées et alimenté par une expression sonore qui oscille entre psychédélisme et électro, en passant par le folk, la bossa nova, l’ambient, le jazz et même la lounge. Tour à tour, on pense à Damon & Naomi, Syd Barrett, Ducktails, le Floyd circa « Meddle », Robert Wyatt et même Brian Eno. Il y a même un peu de doo-wop sur « Forever », une compo dont la ligne de basse passe en boucle. Sans quoi, si le mélomane lambda épinglera surtout les pistes psyché/folk (« She may, she might », « Dream dream away ») ainsi que les deux compos les plus accessibles (le très sixties « Shades of blue » et le power/pop « For you too »), il faut reconnaître qu’il faut vraiment avoir l’esprit totalement serein pour se laisser emporter par ces longs développements instrumentaux ondulatoires et brumeux, souvent propices à la méditation, à l’instar du particulièrement mélodieux « You are here », un morceau contaminé par le drone flou et hypnotique… mais lorsqu’on y parvient, on a envie d’y rester…

En concert ce 16 février à l’Aéronef de Lille (réservations ici)

 

Yo La Tengo

They were not afraid of us and they have beaten our asses

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Tourcoing. Grand Mix. 21 h 00. Pas de première partie, les exigeants Yo La Tengo n'acceptent pour les devancer que des formations dont ils ont pu entendre et apprécier la musique. Attendus de pied ferme par une salle comble, les récents auteurs du fantastique « I'm Not Afraid Of You And I Will Beat Your Ass » ne vont pas décevoir. Les hostilités débutent par la longue pièce d'introduction du nouvel album, le mirifique « Pass The Hatchet, I Think I'm Goodkind » et déjà, l'assistance succombe. Deux morceaux (et un quart d'heure) tout en stridences salvatrices plus tard, la messe semble dite et un bonjour est lâché. Le trio enchaîne sur « The Summer », extirpé du classique « Fakebook » avant que Ira ne passe aux claviers et aligne « The Weakest Part », « Beanbag Chair » et « Mr. Tough », les ritournelles les plus pop de son dernier-né. Comme pour se remettre d'un peu trop de gentillesse, nos ôtes balancent le fumeux « Big Day Coming » (sur « Painful ») et c'est l'explosion. James jongle avec les instruments et passe allègrement du pianotage à une basse vrombissante. La notion de distorsion prend tout son sens. Tout simplement dantesque. Georgia donne de la voix sur « I Feel Like Going Home » et fait ressurgir quelques instants l'inévitable comparaison avec Moe Tucker. Les instants de bravoure se succèdent et ne se ressemblent pas jusqu'au final extatique, « The Story Of Yo La Tango », interminable déluge apocalyptique où le temps n'a plus cours. De retour sur scène pour un « Nuclear War » emprunté à Sun Ra et plus groovy que jamais, le groupe consent à jouer quelques requêtes et fera l'honneur de deux autres rappels. Les deux heures quart d'une prestation passée trop vite n'auront lassé personne. Une seule envie nous taraude, se repasser l'album vite fait. Chapeau.

Yo La Tengo

Popular songs

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Fondé à Hoboken, dans le New Jersey, Yo La Tengo fête donc son quart de siècle d’existence en sortant son douzième elpee. Intitulé « Popular songs », il peut se découper en deux volets de plus ou moins 35 minutes. Une première partie plus pop. Même le morceau d’ouverture, réminiscent du psychédélisme orchestral de Love. Seule différence, la compo s’étale sur plus de 6 minutes, alors que les huit autres chansons durent plus ou moins 3 minutes. Quatre d’entre elles trempent dans un folk pastoral, fort proche de Belle and Sebastian. En y ajoutant des claviers. Souvent rognés. Normal, puisqu’il s’agit d’un Hammond B3. Des claviers toujours aussi vintage sur le garage « Nothing to hide », qui autorise un superbe solo de guitare que n’aurait pas renié un certain John Mascis ainsi que tout au long du funkysant « Periodically double or triple » (NDR : pensez à Booker T.) et du plus ‘motownesque’ « If it’s true ». Reste l’éthéré, presque slowcore « By two’s », nappé de claviers flottants.

La seconde partie se limite à trois plages. Tout d’abord les 9’ de shoegazing dévolues à « More stars than there are in heaven », dans l’esprit de Slowdive. Ensuite deux instrumentaux. Soit « The fireside ». Un morceau contemplatif, presque ambient, dominé par les cordes de guitare acoustiques et traversé de bruitages électro de plus de 11’. La plage la plus dispensable de l’elpee. Enfin, « And the glitter is gone ». Soit 15’51 de noisy rock tentaculaire, décapant, hypnotique, terriblement dense, sauvagement destructeur, digne de Sonic Youth. Et pour que votre info soit complète sachez que c’est leur collaborateur de longue date Roger Moutenot, qui s’est chargé de la mise en forme.

 

Yo La Tengo

Figure de style

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Avant la sortie de leur nouveau recueil, prévu pour septembre, Yo La Tengo s’autorise quelques pérégrinations ‘en roue libre’. La série de concerts–concept a transité, ce vendredi 12 juin, par une Orangerie bondée, configuration assise. Mais la réalité du projet était tout autre que celle relatée par la presse…

The Freewheeling Yo La Tengo’ avait, en effet, été présenté comme une série de concerts au cours desquels la formation n’interprèterait que des titres expressément sollicités par les fans, tout au long de la soirée. Après deux morceaux introductifs, Ira Kaplan met les choses au clair. Pas de ‘requests’ au programme. La formation, dans sa mouture ‘Freewheeling’, consent, en fait, à un jeu de questions-réponses entre chaque chanson. Le trio improvise ensuite la setlist selon ce que lui inspirent les questions soulevées par l’assistance. Et celle-ci se prend rapidement au jeu, bien que le style ‘conférence de presse’ du concept n’ait pas l’air de plaire à tout le monde.

Tandis que Georgia Hubley et James McNew brillent par leur discrétion, Ira répond aux questions du public. En montrant une belle ouverture d’esprit et en injectant à ses répliques une bonne dose d’humour. Il s’excuse cependant de ne pouvoir accomplir cet exercice de style que dans sa langue maternelle, apparemment conscient de la crispation d’une frange de la foule, peu familiarisée à la langue de Shakespeare. Tout à son honneur ! Pendant le show, certains petits malins ciblent leurs interrogations autour de l’une ou l’autre chanson qu’ils aimeraient entendre jouer ; mais le leader de la bande dévie systématiquement, mais intelligemment la conversation en formulant quelques anecdotes inspirées.

Des questions sur les Simpsons, Henry Rollins ou Daniel Johnston aboutissent sur une reprise de ce dernier, une autre de Black Flag et une version très psyché du thème des Simpsons. Le trio survole également sa discographie, de « Speeding Motorcycle » et « What Can I Say » tirés de « Fakebook » (1990) à « Mr. Tough », gravé dans le plus récent et incontournable « I’m Not Afraid Of You And I Will Beat Your Ass » (2006). Bien que la setlist soit indirectement influencée par le public, Yo La Tengo n’oublie pas son actualité en présentant tout de même quelques extraits de leur prochain ouvrage, intitulé « Popular Songs ». Ira, Georgia et James se retirent en toute humilité, après non moins de deux heures d’interaction généreuse avec un public en grande partie enthousiaste. Le ‘Freewheeling’ à la Yo La Tengo est un concept qui gagne définitivement à être adopté par d’autres artistes !

Organisation : Botanique.

Yo La Tengo

I Am Not Afraid Of You And I Will Beat Your Ass

‘Ils n’ont peur de personne et ils vont vous botter le cul’ : un sacré titre d’album (le douzième), qui prêterait à sourire si le trio d’Hoboken ne venait pas de pondre un des disques de l’année, peut-être leur meilleur. 78 minutes, 15 morceaux, rien à jeter : à l’heure de la culture-kleenex un tel constat ne peut qu’imposer le respect, surtout quand on sait qu’Ira Kaplan, Georgia Hubley et James McNew ne sont pas nés de la dernière pluie. Il y a vingt ans que ça dure, et voilà qu’ils signent un disque d’une qualité, et d’une variété (NDR : !) exceptionnelles. Tout le spectre pop-rock y est passé en revue, comme si l’on assistait en direct à une leçon de musique, sans les clichés et les rodomontades trop souvent en vigueur. « Pass the Hatchet, I Think I’m Goodkind » inaugure le disque en misant sur le psychédélisme : gros son, voix calcinée, schéma répétitif. On se rappelle alors que le trio s’est amusé par le passé à reprendre du Sun Ra, et là tout devient limpide. Par contraste, « Beanbag Chair » louvoie du côté pur de la pop sautillante : rondouillards, les cuivres jouent à saute-mouton avec la basse, pour le coup bien mutine. On dirait du Ben Folds Five sans le côté collège : une pop-song comme on en rêve la nuit, et c’est pareil pour le titre suivant, « I Feel Like Going Home ». Georgia s’y réserve le chant. On my mind ? On lui dédicacerait nos nuits, et tout le reste, mais déjà le soleil pointe ses dards, ça groove (« Mr. Tough », soul à mort), c’est l’extase kinksienne (« Black Flowers »). Après le vaporeux « The Race Is On Again » (« For the Prize » ?), le Rhodes se chamaille aux percus, pour un trip sous acide entre Stereolab et les Silver Apples (« The Room Got Heavy »). « Sometimes I Don’t Get You » est une autre pop-song parfaite (ce falsetto rieur !), avant l’instru « Daphnia », une ode bucolique qui sonne comme du Rothko joué par Virginia Astley. Aaaargh ! Pas la peine de vous frotter les oreilles en signe d’hébétude : oui, ce disque est un sans-faute. Du garage-rock qui trépigne, du rock’n’roll à la Trashmen ? « I Should Have Known Better » et « Watch Out for Me Ronnie », jouissifs. A la fin, Yo La Tengo boucle la boucle, retourne au kosmische rock (« The Story of Yo La Tango ») et nous envoie pour de bon en orbite. Maximum bamboule !

Yo La Tengo

Summer sun

Écrit par

Le célèbre trio new-yorkais compte aujourd'hui 10 années d'activisme musical, une attitude émaillée d'autant de sorties diverses et variées que de reconnaissance à travers le monde. Si, si ! Pour fêter l'événement, en quelque sorte, YLT nous a déjà gratifié cette année de l'EP "Nuclear War" (NDR : énervant, je le rappelle) ; et aujourd'hui d'un véritable album découpé en 13 chansons, en attendant la prochaine sortie prévue pour septembre. S'il existe une qualité avouable à YLT, c'est bien leur impeccable ligne de conduite qui parcourt leur discographie. Prolongement normal de "And then nothing", ce "Summer sun" en est un nouvel exemple. A l'époque, nous avions laissé notre petit groupe peinard, en famille, entre potes, tranquilles, apaisés et sereins sous le porche d'une maison typiquement américaine. Nous avions, tout à peine, été troublés par un bref sursaut électrique perdu au milieu de l'opus. Aujourd'hui, les choses sont encore plus claires : "Summer sun" s'écoule d'un bout à l'autre de façon inoffensive. Définitivement trop bruyants pour bébé, les amplis rangés au garage ne défriseront plus les voisins. Pourtant, l'espoir est toujours permis pour les spectateurs de voir et d'entendre ce qui reste les passages noisy les plus longs et les plus intenses qui puissent exister. Faudra quand même vérifier si la flamme brûle encore, lors de leur tournée européenne qui débute dès les premiers jours de mai. Car un éventuel problème pourrait surgir : comment expliquer à la ménagère de moins de 50 ans, susceptible d'assister à un de leurs sets, qu'avant "Summer sun", YLT incarnait le fer de lance du genre ?

 

Yo La Tengo

Nuclear War (Ep)

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Je suis au regret d'employer une formule désormais consacrée : pour fans uniquement. Ce maxi est découpé en quatre adaptations d'une même composition de Sun Ra. Ces différentes formes bénéficient cependant du concours des membres de cette formation mythique (hum, hum). " Nuclear war " est drôle sur une plage à la fois. Seulement. Et après avoir écouté les 8 minutes de la version du trio new yorkais, il devient difficile de supporter les 7 minutes qui suivent, les 15 d'après et les 6 finales. Construit sur une ritournelle enfantine qui répète à l'envi " Yeah, stop the nuclear war, they pushed the button, yeah ", ce maxi réussit quand même à mettre de bonne humeur. Enfin, quelques minutes. Juste avant d'espérer qu'effectivement quelqu'un décide réellement d'appuyer sur le bouton… 'stop', en l'occurrence.

 

Yo La Tengo

And then nothing turned itself inside-out

Écrit par

En rangeant les guitares au placard, nos joyeux lurons nous livrent un album de sérénité et de profondeur : histoires à se raconter dans la pénombre, chuchotements et regards complices, rires à peines étouffés. " And then... " nous raconte comment l'humain peut mettre en musique ses moments les plus intimes. Arrêts sur image, ralentis sur une complicité qui unit le groupe depuis des années... Echos d'une compréhension et d'un bien être à vivre ensemble, cet album marque l'acceptation totale, amorcée depuis longtemps mais enfin arrivée à maturité, de la vitalité de leur expression sonore. En accord avec eux-mêmes, les membres de Yo La Tengo rendent ici hommage, de la plus belle façon qui soit, à la musique. Paisible.

 

Yo La Tengo

I can hear the heart beating as one

Bien que fondé en 1984, Yo La Tengo n'est jamais parvenu à s'extraire de la zone crépusculaire de l'underground. Faut d'ailleurs croire que le trio du New Jersey, d'Hoboken très précisément, n'a jamais tellement exprimé le désir de s'en extirper. Préférant développer de nouvelles idées musicales plutôt que de soigner une image, dont il n'a rien à cirer. Bref, venons-en à ce nouvel album. Riche. Très riche. Alternant fragments turbulents et morceaux apparemment plus fragiles, mais beaucoup plus venimeux, à la limite rampants. Des chansons traversées par un gémissement de feedback presque continu qui apporte une sensation étrangement vertigineuse aux mélodies. Plongé dans l'espace le plus éthéré, YLT navigue aux confins de l'univers de Galaxie 500; voire de celui de Spiritualized, lorsque l'atmosphère vire au psychédélisme (" We are an american band "). Sous son angle le plus hypnotique, le plus répétitif, il justifie son attachement aux Feelies et au Velvet, dont il a récupéré une bonne partie de l'héritage. Quant à la noisy, il la traite selon la méthode bruitiste chère à Jesus & Mary Chain. Notamment sur la cover des Beach Boys, " Little Honda "... Et sur cette texture sonore déchirée entre électricité versatile, accès de basse menaçants, métronomiques et drums nourris et raffinés, vient se poser la voix blanche de Kaplan, dont la fragilité émotionnelle n'est pas sans rappeler un certain Neil Young. Une œuvre, qui recèle bien d'autres appas; mais nous vous laissons le soin de les découvrir...

 

Yo La Tengo

Genius + Love

Non, il ne s'agit pas d'un ensemble de flamenco, mais bien d'un trio américain. De Hoboken, dans le New Jersey, pour être précis. Qui compte aujourd'hui douze années d'existence. Et toute une flopée d'albums passés aussi inaperçus les uns que les autres. Une profonde injustice, car avec son faible prononcé pour le répertoire hardcore de Sonic Youth, l'électricité blanche de Television, le psychédélisme de Spacemen 3, ainsi que pour le minimalisme brumeux du Velvet Underground voire des Feelies, la formation aurait mérité un autre statut que celui de culte underground. Double album, " Genius + Love " propose un éventail de compositions enregistrées entre 89 et 95. Si le deuxième disque ne s'intéresse qu'au répertoire instrumental du combo, le premier morceau de plastique donne une bonne idée de l'orientation prise par YLT, depuis le début des nineties. Une musique tantôt turbulente, torturée, féroce, obsessionnelle, tantôt intimiste, fragile, propice aux atmosphères mélancoliques, insidieuses, hantée par le vocal hypnotique, blême d'Ira Kaplan...