Big Dez est une des plus anciennes formations blues de l'Hexagone ; mais aussi l'une des plus solides et talentueuses. C'est à Paris, en 1996, que le chanteur guitariste Phil Fernandez, dit Big Dez, fonde son groupe. Il y entraîne alors le redoutable claviériste Bala Pradal. L'harmoniciste Marc Schaeller est également de l’aventure. Par contre le second gratteur, Rodolphe Dumont, a débarqué au sein du line up, un peu plus tard.
Phil est un passionné du Texas. Il s’y est rendu de nombreuses fois et s'est fait des tas de connaissances. Il est monté sur les planches en compagnie d’artistes notoires comme Luther Allison, Billy Branch ou encore WC Clarck. Il était même devenu l’ami du regretté et légendaire batteur, Uncle Joe Turner (ex musicien de Johnny Winter). En mars 2003, le groupe s'envole pour Austin, afin de mettre en boîte son premier album "Sail on blues". L'année suivante, le combo reprend le même vol pour aller concocter son second opus, "Night after night", au même endroit. Il faudra cependant attendre février 2008 pour saluer la publication de "You can smile". Lors des sessions, le band avait reçu la collaboration de plusieurs pointures locales, dont Preston Hubbard des Fabulous Thunderbirds et Sax Gordon Beadle. Il était donc temps d’immortaliser un long playing ‘live’. Et c’est chose faite, puisque ce "…Late Live!" réunit des compos interprétées lors de tournées accomplies en 2008 et 2009 ; et notamment au festival Cognac Passions ainsi qu’au Fleurus in Jazz festival. Un disque qui nous offre près de 80' de musique dense et enflammée.
Le quartet de base est bien calé dans ses starting-blocks. Au fil des plages, différents musicos viennent apporter leur concours. Dont pas moins de cinq cuivres, parmi lesquels figurent l'ami américain, Gordon Beadle, mais aussi la saxophoniste du Bones Project de Boney Fields, Nadège Dumas. Le blues de Big Dez est teinté de rock, mais laisse également transparaître des accents très prononcés de R&B et de funk.
C'est sous un format big band que Big Dez attaque la plage d’ouverture, le "Sack o'woe" de Cannonball Adderley. Un instrumental tout en puissance. Du R&B très accrocheur. Les musiciens tirent leur épingle du jeu, chacun leur tour : Pradal à l'orgue Hammond, Andrew Crocker à la trompette, Gordon Beadle au sax ténor et Phil aux cordes, à moins que ce ne soient celles de Rodolphe, car l’entrée en scène de Fernandez est enfin annoncée. Et le set d’embrayer par la plage introductive et éponyme de "You can smile". Du Memphis R&B, généreusement nappé par l’orgue de Bala. La voix de Phil est puissante et domine le sujet. Elle est, en outre, soutenue de chœurs féminins. Parfaitement huilée, la machine aborde le rock'n'roll, lors de la cover du "I knew the bride when she used to rock'n'roll" de Nick Lowe (NDR : c’était à l’époque de Rockpile, au sein duquel militait également Dave Edmunds). Le tempo est très rapide. Bala est très à l'aise derrière son piano. Une formule qu’on retrouve sur "Keep a knockin". Extrait du premier elpee, "Bad news" campe un tout bon R&B funkysant. Il est caractérisé par de solides envolées de Phil aux cordes et de Marc à l'harmonica. Tout au long du blues lent très ‘Stax’, "Anywhere please", Phil impose sa griffe, nonobstant la présence de Vanessa et Kania aux backing vocaux. Il y dispense un solo tout en feeling. Fernandez est particulièrement convaincant lors de son adaptation du "The come back" de LC Fraser. Son jeu est manifestement inspiré par un maître texan, Albert Collins. Imprimé sur un tempo élevé, "One way ticket" marque le retour de Marc Schaeller, dont le souffle à l’harmo est chargé de passion. La reprise torride du "Three O' clock blues" de Lowell Fulsom est un blues d’excellente facture, au cours duquel les interventions aux cordes sont éclatantes. Dans le même registre, "I got the blues" est issu de la plume de Leo Nocentelli. Le "You don't know what love is" de Fenton Robinson concède un arrangement soul blues dansant. Bien dans l’esprit R&B, "Let's have some fun" accorde un billet de sortie à Schaeller et Pradal. L’elpee recèle encore quelques morceaux funky, dont une bien agréable reprise de "Green onions", au cours de laquelle Phil et Bala réincarnent Steve Cropper et Booker T.
Au cours de cet été, Big Dez se produira lors de plusieurs festivals européens. Notamment celui de Bourges ainsi que le Jazz Rallye de Luxembourg, en juillet ; et puis en août, au Nottoden Blues Festival, en Norvège.

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