A l’image de son pendant cinématographique, annuellement présent au Festival de Sundance, la musique indépendante US demeure d’une incroyable vivacité. Réutilisant sans cesse les mêmes vieilles recettes, elle ne cesse pourtant de nous surprendre. Dernier exemple en date, le trio Harlem, non pas originaire de New-York, comme son nom le laisse supposer, mais d’Austin, dans le décidément inépuisable état du Texas.
Ces trois cowboys je-m’en-foutistes proposent, tout au long de « Hippies », des compos aux mélodies crasses, faciles, mais oh combien réjouissantes. En bref, on est en présence du recueil le plus réussi pour branleurs depuis Jeffrey Lewis. Production lo-fi, refrains garages directs et diablement mélodiques, orchestrations et arrangements quasi inexistants. « Hippies » a probablement été enregistré en quelques jours dans un joyeux bordel auquel on aurait aimé avoir été convié ! Quel musicien n’a jamais rêvé de composer des hits immédiats comme « Faces » ou « Pissed » ? La musique d’Harlem n’est pas hippie pour un sou mais l’attitude, elle, l’est peut-être. Mais alors celle d’hippies grunge ! On imagine sans aucun mal Michael Coomers, Curtis O’Mara et José Boyer, dans leur ‘local-garage’ enfumé, jouant sur leurs vieilles guitares déglinguées afin de tromper l’ennui de leur petite bourgade de Tucson. Les morceaux d’Harlem sentent la bière et la cigarette du diable. Kurt Cobain en serait assurément tombé raide dingue… et les trois compères n’en sont d’ailleurs pas dupes en chantant, sur « Someday Soon » : ‘The only band we like is Nirvana. The only album we like is “Nevermind”. The only song we like is “Smells Like Teen Spirit”’.
Irrésistible ! Imaginez des Black Lips un peu moins féroces mais tout aussi déglingués. En outre, il paraît que sur les planches les musiciens de Harlem, sont complètement fous à lier…

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