Rappeur atypique, Paul ‘Sage’ Francis domine la scène du hip hop alternatif depuis la sortie de « A Healthy Distrust », son meilleur album paru à ce jour. Faut dire que le flow du natif de Providence est certainement l’un des plus impressionnants, actuellement. Pas pour rien que le gaillard a gagné de nombreuses ‘batlles’ avant d’entamer son parcours professionnel. Mais si Sage est parvenu à se forger une telle notoriété, c’est parce qu’il refuse d’adhérer aux stéréotypes du hip hop américain. Pas question de tourner des vidéos en compagnie de gros calibres, de grosses voitures ou de femmes-objets. Il n’est pas non plus du genre à se faire produire par Timbaland. Il préfère retravailler une compos du roi de la country, Johnny Cash, ou à collaborer en compagnie de Will Oldham, comme sur l’excellent opus « Sea Lion ».
Pour concocter son quatrième long playing, l’Américain a décidé de s’investir davantage. Tout simplement en invitant des pointures respectées de la scène indie. Aux manettes, tout d’abord. Elles ont été confiées à Brian Deck (Modest Mouse, Iron and Wine). En fait, le concept de « Li(f)e » impliquait une collaboration d’artistes n’ayant jamais bossé dans l’univers du hip hop. Francis explique : ‘I didn’t want them to write music they thought they should for hip hop’. Ainsi, lors du titre qui ouvre l’elpee, « Little Houdini », l’instrumentation a été déléguée à l’ex-Grandaddy, Jason Lytle. Il y entretient un climat western ‘enniomorriconesque’, sur lequel le rappeur vient poser son flow, tout en jouant à merveille sur l’intensité. Yann Tiersen signe « The Best of Times ». Excusez du peu ! Calexico apporte sa collaboration au superbe « Slow Man ». Et parmi la liste des collaborateurs figurent encore Chris Walla de Death Cab For Cutie, le défunt Mark Linkous de Sparklehorse ou encore DeVotchka. Bref, une œuvre qui réunit des compos de toute bonne facture, mais sans grande homogénéité. La succession de guests explique évidemment cette situation. Chaque artiste cherchant à marquer sa participation de son empreinte. N’empêche « Li(f)e » démontre une nouvelle fois que Sage Francis est un rappeur alternatif. Et qu’il n’en a rien à cirer des frontières préétablies. Après avoir avoué sa flamme pour la country et le folk, il a voulu rendre un hommage à l’indie rock, en conviant une belle brochette d’ambassadeurs du style. Le dossier de presse précise que cet album s’adresse aux fans de Danger Doom, Atmosphere, Calexico ainsi qu’à ceux de Bright Eyes. Difficile de faire plus éclectique.

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