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We Built A Fire

Écrit par - Eric Ferrante -

Le volcan Eyjafjöll aura beau clouer les avions au sol, il n’en demeure pas moins impuissant face aux violentes ondes oniriques qui s’évadent des côtes islandaise pour éclairer les cieux indie internationaux. Cette révolution indie n’est pas exclusive de ‘la terre de glace’, elle surgit de tous les icebergs scandinaves. Un souffle glacial qui porte des airs tétanisés de poésie, d’esthétique épurée, d’instruments novateurs, de voix éthérées… Un îlot blanc peuplé de quelque 320 000 habitants qui interroge notre inertie par le nombre indéfinissable de groupes atypiques et talentueux qui explose chaque année : Sigur Rós, múm, Ampop, Borko, Jónsi, Sin Fang Bous, Arnalds Ólafur, Parachutes, Emilíana Torrini… Ce pays devient progressivement une référence en matière de pop et de post-rock : les Californiens de The Album Leaf enregistrent, d’ailleurs, dans les studios Sundlaugin de Jón Þór ‘Jónsi’ Birgisson (Sigur Rós), assez régulièrement.

Né d’un projet solo lofi imaginé par le chanteur multi-instrumentiste Sindri Már Sigfússon (Sin Fang Bous, Seabear épousera les formes d’un septuor expérimental lors de la confection de son premier album, "Ghost that carried us away", paru en 2007. Grâce à l’arrivée de Gudbjorg Hlin Gudmundsdottir, Ingibjörg Birgisdóttir, Halldór Ragnarsson, Örn Ingi Agustsson, Kjartan Bragi Bjarnason et Soley Stefánsdóttir, Seabear se pare de six artistes complets évoluant respectivement sur un projet personnel. Projets aux larges éventails artistiques passant de la musique (Kimono, Skakkamanage) aux arts visuels.

Ces multi-instrumentistes métamorphosent l’indie pop minimaliste de "Ghost that carried us away" et subliment « We Built A Fire » de sons folks résolument plus orchestrés. D’emblée, « Lion Face Boy » marque le coup par une rythmique plus grave, moins naïve. Une orchestration ornée de cuivres, de claviers vintages, d’accordéon qui orbitent autour d’une voix posée et tendrement pop. L’omniprésente présence de la guitare électrique et de la batterie sur l’ensemble de l’album ajoute un supplément de caractère aux compos. Seules les interventions incongrues du violon viennent briser le rythme (« Fire Dies Down »). Une piste  qui reflète d’ailleurs la structure générale et originale du disque où le rythme et la rupture de rythme sont toujours finement ciselés. Ces changements de rythme et cette alternance de passages posés et plus incisifs se lisent parfaitement sur « Fire Dies Down ». La piste s’ouvre lentement sur quelques arpèges de piano aigus, une guitare discrète, un violon mélancolique et succombe subitement sous des rythmes pop-folk excités. Bref, un concept album aux paroles gravitant autour du champ lexical du feu (« We Built A Fire », « Fire Dies Down », I’ll Build You A Fire », « Warm Blood…) habillé d’arrangements complexes sous haute surveillance.

Cependant, le néo-collectif islandais excelle davantage sur les chansons enlevées présentes dans la deuxième partie de la galette. Dès « Softship », les rythmes détonnent et revisitent les champs shoegazing et dream pop. Atmosphères chargées aux ruptures noisy magistralement maîtrisées sur l’excellent « Warm Blood ». Session euphorique durant laquelle un folk americana demeure présent en filigrane.  

Le très recommandable Clash Magazine a décrit Seabear comme la rencontre improbable de Sufjan Stevens répondant à un Unplugged d’Arcade Fire. Quant au Rolling Stones Magazine, il qualifie Sindri Már Sigfússon de nouveau ‘Beck islandais’. Eloges contestables mais non des moindres.

Preuve, s’il en est, que l’Islande possède des artistes aux dons exceptionnels et produit régulièrement des musiciens inédits.

Pour ceux qui auraient raté les sept de Reykjavik, ce 12 mai dernier, lors des dernières Nuits Botanique, une séance de rattrapage est prévue le 13 août prochain lors des Doux Vendredis d’Août au Théâtre Royal de Namur.   

Informations supplémentaires

  • Band Name: Seabear
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Morr Music / Konkurrent
  • Date: 2010-03-22
  • Rating: 4
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