Mac Arnold est un vétéran. Et pour cause, au sein de son premier groupe, un certain James Brown était préposé au piano. Dès le début de sa carrière, Mac a joué et enregistré en compagnie de Muddy Waters et John Lee Hooker. Il a également côtoyé Otis Redding et BB King, sur les planches. Excusez du peu ! Mac était bassiste. Ses grattes, il les fabriquait lui-même. En se servant de bidons d'essence ou d'huile. Il s'était retiré du show business depuis belle lurette. Et vivait en Caroline du Sud. Comme fermier. Pourtant, le virus du blues ne l'avait pas abandonné. Il y a quelques années, il a décidé de reprendre la route. Il a recruté un backing band composé de musiciens blancs : le Plate Full O' blues. L’équipe a commis un premier elpee en 2005 : "Nothing to prove". Puis un deuxième en 2008 : l'excellent "Backbone & Gristle". Et enfin ce "Country man", l’an dernier. Max chante, joue de la basse et parfois de la guitare à bidon. Il est soutenu par le six-cordiste Austin Brashier, le pianiste Max Hightower, le bassiste Dan Keylon et le batteur Mike Whitt.
"I ain't sugar coatin" ouvre l’opus. Un morceau de funky blues empreint de douceur, au cours duquel sa voix intense, sensiblement ravagée, bouleverse, face au piano électrique. Le timbre éraillé de l’artiste est un fameux atout pour leur musique. Elle véhicule énormément d’émotion. Parfois même elle se limite à un murmure… Comme sur "Farmer", une ballade au cours de laquelle il fait l’éloge de ses années consacrées à la terre. Le rythme s'accélère. Un cheval au galop cherche à rattraper "This ol' tractor". Max est passé à l'harmonica. Mac sur son bidon à cordes, dont il extrait des sonorités métalliques. Lors du titre maître, notre leader ne peut s’empêcher d’épancher tout son bonheur, pendant que Max Hightower tire son épingle du jeu à l’harmo. Son chant est à nouveau très émouvant sur "True to you". Austin manifeste une certaine réserve, voire une réserve certaine, aux cordes, sur cette plage. "Too much" est un rock'n'roll de toute bonne facture. Offensif, pétillant et puissant à la fois, ce morceau bénéficie du concours de Bob Margolin (NDR : c’est également lui qui s’est chargé de la mise en forme de cet elpee ; et il faut reconnaître qu’il a accompli de l’excellent boulot), un personnage qui avait fait les beaux jours du Muddy Waters Band. Avant de céder le relais à Mr Brashier. Enlevé, "If walls could talk" évoque la cover du "It's all over now" des Stones. Une compo qui déménage et au cours de laquelle le PFOB prend son pied. Max se charge de la guitare rythmique sur "Holdin' on to lettin' go", une ballade qui tranche dans l’ensemble. A cause des cordes d’Austin, dont les tonalités évoquent le Mark Knopfler de Dire Straits. Des cordes qu’il cède à Margolin lors du Chicago shuflle "Scarecrow", un morceau percutant, enflammé par le souffle puissant d’un harmonica. Puis les refile à Mac, sur le fort remuant "Cackalacky twang". L’émotion étreint la voix de Mr Arnold lors du "Screramin' and cryin" de Muddy Waters. Bob Margolin lui accorde une solide réplique vocale, tout en se consacrant au bottleneck. "Mule for a Chevrolet" épouse un format plus hard, alors que la finale ("Swing me back home") est instrumentale. Un titre au cours duquel le boss a empoigné la basse, alors que Brashier nous réserve sa meilleure intervention aux cordes.
Mac compte de nombreux amis. Il vient d'organiser son 4ème ‘Mac Arnold Cornbread and Collard greens Blues Festival’. Il est parvenu à réunit à la même affiche Bob Margolin, Kim Wilson, Willie ‘Big Eyes’ Smith et bien entendu le Plate Full O'Blues.

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