Non, il ne s’agit pas d’une formation hispanique, mais néerlandaise. Issue d'Amsterdam, très exactement. Un sextuor responsable d’une musique roots, proche du bluegrass, pour laquelle les musicos ne se servent que d’instruments acoustiques, de rigueur dans le style. Le groupe s’est formé en février 2006 et a très rapidement immortalisé un concert live : "Silveredsteel nickelwound". C’était en septembre de la même année. En février 2007, il publie un Ep intitulé "Tremendous rambling". Et en 2008, grave son premier album officiel "Do it like that", chez Munich. Tous les musiciens ont adopté des pseudonymes. En voulant se faire passer pour d'authentiques Espagnols (NDR : Calvito, Alejandro, Conejo, Barba, Huesa et Arnoldo se partagent le chant, la guitare, le banjo, la mandoline, la basse, le washboard, l’harmonica et le tambourin, suivant leurs prédispositions et portent tous le même prénom : Pedro !)
Lors des sessions d’enregistrement de “Sing high sing low”, le collectif a reçu le concours de quelques invités obscurs. Une seule plage n’est pas issue de leur répertoire. Les morceaux sont courts et mettent une chouette ambiance. Et le combo sait s’y prendre pour mettre le feu. Leur énergie est débordante. Ils chantent à l'unisson "Nothing to lose", en s’accompagnant d’un festival de cordes. Ils adaptent le "Muleskinner blues" de Jimmy Rodgers, dans un climat festif rustre. Les cordes du banjo virent déjà au rouge, alors que l'harmonica vient en rajouter une couche. Démentiel ! Caractérisé par un tempo le plus souvent vivifiant, ce style musical est manifestement destiné à prendre du bon temps, se trémousser, se détendre. A l’instar de "Unleash the hound", une compo au cours de laquelle accordéon et mandoline sont bien mis en avant. Le train est lancé à toute vapeur sur les rails : "Can't stop this train" ! Les frères Dalton sont à la poursuite du convoi et Lucky Luke est à leurs trousses. Les chevaux sont au galop. "Girl o'mine" est une ballade savoureuse. Le son des instruments est parfaitement rendu. Hormis "Smile", une autre ballade plaisante, dominée par l’accordéon, le banjo, la mandoline et l’harmo, les Delgados retrouvent cependant très rapidement leur second souffle. "Sweet Mama" en est une belle illustration ; et puis "Sink to the bottom", dont l’histoire conte l'aventure désopilante du canard assis ("Sittung duck"). Dans le style, cet opus est remarquable ; mais perso, je préférerai assister à un de leurs sets en public. C’est sans doute l’endroit le plus adapté pour les apprécier pleinement ; et sûr, qu’en ces circonstances, ils sont capables de nous faire oublier les tracas et la morosité de l'existence.

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