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Flanqué de ses Bluesbreakers, John Mayall constitue une des figures de proue du british blues boom qui a éclaté à la fin des sixties. C’était un incroyable dénicheur de talents et il changeait régulièrement son line up. Mais en 1968, après la sortie de son album "Barewires", certains de ses musiciens décident de suivre le drummer Jon Hiseman, pour monter une nouvelle formation. Et en particulier le bassiste Tony Reeves et le saxophoniste Dick Heckstall-Smith. Participent également à l’aventure, leur ami organiste Dave Greenslade (il militait alors chez les Thunderbirds, le backing band du chanteur Chris Farlowe), et deux guitaristes, Jim Roche et James Litherland (NDR : ces deux derniers déserteront cependant assez rapidement le navire). Colosseum vient de naître. Le projet est sensé perpétuer la musique d'un autre grand talent anglais, Graham Bond. En mêlant jazz, blues et rock. Et la formule va fonctionner à merveille. Le combo va même devenir un des meilleurs de son époque, en live. Au fil des années, le band va inévitablement connaître des changements de personnel. Mais il va parvenir, néanmoins, à se stabiliser lorsque le chanteur Chris Farlowe, le guitariste Dave Clempson et le bassiste Mark Clarke vont rejoindre alors le noyau dur, John Hiseman et Heckstall-Smith. Sans doute usé par ses innombrables tournées, le groupe finit quand même par se séparer, en 1972.

Mais surprise, en 1994, Jon Hiseman invite ses anciens acolytes à remonter Colosseum. Faut dire que les fans allemands réclament cette reformation. C’est le début d’une nouvelle aventure, qui sera malheureusement meurtrie, par la disparition, le 17 décembre 2004, de son exceptionnel souffleur, Dick Heckstall-Smith. Mais Hiseman n'a nulle envie d’abandonner son projet ; d’autant plus que les salles de concert, surtout en Allemagne, ne désemplissent pas lors de leur passage. Son épouse, Barbara Thompson, est également une excellente instrumentiste, même si elle évolue davantage dans les sphères jazz. Elle dirige encore sa propre formation, Paraphernalia. Mais le plus incroyable, c'est qu'elle souffre de la maladie de Parkinson, depuis 1997. Et c’est bien elle qui a le redoutable challenge de succéder à Heckstall-Smith. Elle accuse aujourd'hui 66 ans ; et il faut l'entendre souffler dans ses saxophones. Elle arrive même, comme Dick, à jouer de deux saxophones en même temps. Bien sûr, si la performance de Barbara est remarquable, Dick était, quelque part, un extra-terrestre. Il était capable de souffler dans les saxos alto et soprano ou dans le soprano et le ténor, des notes différentes.

C'est sur les planches que Colosseum tire sa quintessence. Et régulièrement des œuvres ‘live’ garnissent les bacs des disquaires. Ce double Cd a été immortalisé, lors de sets accordés en 2005 au Theaterhaus de Stuttgart, au Music Hall de Worpswede et au Trebhaus d'Innsbruck. Il était déjà paru en 2007 sur leur propre label Temple. Thomas Ruf a décidé de leur réserver une distribution internationale.

Le premier opus est consacré au premier concert susvisé. Il s’ouvre par "Come right back". Un premier sommet est déjà atteint lors de l’adaptation de "Theme for an imaginery western". Signée Jack Bruce et Pete Brown, cette compo avait été popularisé par Mountain. "Rope ladder to the moon" est issu de la plume du même duo. Il est caractérisé par une brillante sortie de Barbara à la flûte. Colosseum s'embarque alors dans "Valentyne suite", une plage de 20 minutes, qui couvrait une face complète de leur elpee, en 1969, et qui répondait au même titre. Le niveau musical est très élevé. Les claviers de Greenslade, le saxo soprano de Miss Thompson et les cordes de Dave Clempson sont bien mis en évidence.

La seconde plaque s’ouvre par "Those about to die", un instrumental qui figurait sur leur tout premier elpee, baptisé du même nom. Il est suivi par le célèbre slow blues "Stormy Monday", un terrain fertile aux prouesses vocales de Mr. Farlowe. "No pleasin'" remonte à 2007. Il est issu de l’album "Bread and circuses". "Tomorrow's blues" est le titre maître de leur opus précédent. Il remonte à 2008. "Lost Angeles" clôt la prestation. Un rituel. Mais aussi un des grands moments à vivre lors des concerts de Colosseum. Ce qui permet en même temps à Dave Clemspon et Dave Greenslade de célébrer un moment de gloire. Amplement mérité, pour ce groupe tout à fait intemporel…

Informations supplémentaires

  • Band Name: Colosseum
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Ruf / Munich
  • Date: 2010-05-16
  • Rating: 4
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