Pas inconnu au bataillon, mais secret jalousement gardé, ce projet solo aux trois initiales énigmatiques recèle de bien belles promesses. Chevauchant des terres glaciales où le vent se retient de souffler, où les nuages sombres se tiennent en suspens et où des rivières d’hédonisme se terminent en cascades de sons binaires, Natalie Beridze est l’architecte solitaire d’un monde fragile au bord d’un précipice qu’on appelle horizon. Aux battements d’un cœur ralenti comme faisant écho à un spleen digital, répond la voix suave de cette jeune fille du Caucase. A l’instar de cette terre sise entre deux continents, sa musique jongle subtilement entre ciel et terre. De ces cinq titres envoyés en éclaireurs sur la toile, se dégage une vision léchée d’un monde cristallisé, où s’il n’est guère aisé de survivre, il est bon de se laisser bercer.
Avec une foi propre à déplacer les montagnes, elle s’attaque au « Hurt » de Nine Inch Nails et y apporte une dimension onirique tout en retenue, que Trent Reznor devrait prendre plaisir à disséquer.
Les portes de la reconnaissance vibrent et tremblent sur leurs gongs. Que vienne une nouvelle ère.

Nederlands
Français 
