Apparemment, Bowie est en pleine phase de revivalisme. On avait déjà pu le constater lors de la sortie de " Heathen ", l'an dernier. Et il remet le couvert sur son nouvel opus, " Reality ". Coïncidence, mais Tony Visconti, le producteur de la plupart de ses albums commis au cours des 70's est encore aux manettes. Et puis, le légendaire Earl Slick est revenu, comme par enchantement, reprendre sa place de guitariste. Maintenant, on ne peut pas dire que le revivalisme pratiqué par Bowie soit dérangeant. Au contraire. Parce qu'il renoue avec un passé prestigieux qui lui avait valu de graver des elpees comme " Diamond dogs ", " Heroes " ou encore " Station to station ". " Looking for ware " épousant même le profil de " China girl ". Et on n'est pas au bout de nos surprises. Tout d'abord lorsqu'il emprunte le légendaire tempo tribal de Neil Young pour exécuter le 'crazyhorsien' " Fall dogs bombs the moon ". Ensuite, chez " Try some, buy some ", une compo signée George Harrison, partagée entre orchestrations 'philspectoriennes' et élucubrations réminiscentes de " Magical Mystery Tour ". Il nous réserve même une ballade intemporelle, dans un style qui n'a jamais été aussi proche de Peter Hammill : " The loneliest guy ". Une compo déchirée entre piano sonore et électricité vaguement psyché. Et à travers l'adaptation de " Pablo Picasso " de Jonathan Richman, il rend un hommage aux premières heures du punk. Tout au long de cet opus, on a cependant l'impression que l'électricité est contenue. Ne se libérant que sur le titre maître, une plage hantée par le spectre des Stooges. L'opus s'achève par une complainte jazzyfiante : " Buy me the disco king ". Un fragment que Nina Simone aurait pu interpréter dans une cave de New York, au cours des 50's. Après avoir incarné Ziggy Stardust, Thin White Rope et Aladin Sane, Bowie a décidé de ne plus être que Bowie. A 56 ans, il était temps de retrouver sa propre personnalité…

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