Après avoir commis "Scary Monsters", Bowie s'est mis à pédaler dans la choucroute. Pendant une bonne dizaine d'années. Une période au cours de laquelle il a succombé à la déviance lucrative post " Let's Dance ", essuyé plusieurs flops cinématographiques et vécu une expérience aussi ha(sa)rdeuse que stérile au sein de Tin Machine. Bref, en 1993, David commence à digérer toutes ses illusions, et décide de reprendre son bâton de pèlerin. En gravant " Black tie / White noise ", un opus aussi raffiné qu'inspiré. Raffiné, à cause de la production magique de Nile Rodgers (Chic). Inspiré parce que les différentes nuances musicales engagées (house, jazz, rock, pop, soul et techno) se fondent délicieusement en un même coloris sonore riche et somptueux. Tellement riche que trois des meilleures compositions sont instrumentales. David au saxophone et Lester (Bowie) à la trompette rivalisant alors d'éloquence pour nous précipiter dans le monde fiévreux de l'acid-free-jazz. " The wedding song ", summum de l'œuvre a d'ailleurs subi un traitement identique. Mais il a été épicé par la voix volontairement sous-exposée de Bowie, de manière à donner davantage de profondeur à l'interprétation. Et le reste du CD ne manque pas d'étoffe, impliquant une cover très romantique de Morrissey (" I know it's gonna happen "), une autre plus classique du Cream (" I feel free "), et puis de solides compositions parfumées tantôt d'exotisme (Japan ?), de synthétisme ou d'électricité (" Station to station " ?) ; une électricité alternative, puisque partagée entre la râpe de Reeves Gabrels (Tin Machine) et de feu Mick Ronson (Mott The Hoople, Spiders of Mars). Le tout saupoudré, la plupart du temps, de cuivres tantôt rutilants, tantôt feutrés… Une œuvre qui nous réconciliait, enfin, avec l'artiste… Habillée d'un très joli packaging, cette réédition reproduit l'intégralité de l'œuvre originale, mais révèle également des raretés, des remixes et quelques inédits. En outre en bonus CD, un DVD épingle 3 vidéo-clips et un documentaire enrichi d'interviews consacrées à l'artiste.
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