Originaire de Portland, dans le Maine, Nick Curran constitue une des dernières révélations de la scène blues rockabilly moderne. Et pourtant, il est à peine âgé de 20 ans. Musicien professionnel, son père lui fait découvrir Duke Robillard et les Fabulous Thunderbirds. A 15 ans, il joue dans le groupe de son paternel, avant de rejoindre Ronnie Dawson, une légende du rockabilly. Il se lie ensuite avec la reine du rockabilly texan : Kim Lenz flanquée de ses Jaguars. Cette dernière la pousse à rejoindre Dallas, où il se produit d'abord régulièrement aux côtés de Hash Brown. Nick entame ensuite une carrière personnelle ; et en 99, il enregistre son premier album, "Fixin' your head". En 2000, il monte ses Nitelifes ; et l'année suivante, il commet son second elpee, "Nitelife boogie". La même année, il émigre à Austin où il est remarqué par Jimmie Vaughan qui le prend sous son aile protectrice. Curran adore le vieux R&B et le jump des années 40 et 50. Ses idoles répondent aux noms d'Amos Milburn, Wynonie Harris, Roy Brown et Jimmy Liggins. Il est souvent comparé à un hybride entre T-Bone Walker, Little Richard et Johnny Guitar Watson.
Ses Nitelifes se résument à une section rythmique composée d'Eric Przygocki à la basse, et de Damien Llanes aux drums. Enregistré 'live' au sein des studios de Fort Horton à Austin, cet album a bénéficié du concours de quelques invités.
L'album s'ouvre par la plage titulaire. Nous sommes immédiatement plongés dans cette ambiance de la fin des 40s. Rev Murph Moticka et Joe Morales se réservent les saxes. De solides chœurs masculins appuient le chant rocailleux de Nick. La guitare et le piano de Matt Farrell sortent de leur tanière. Signé Freddie King, "Lonesome whistle blues" nous entraîne dans l'univers du Chicago blues. Celui de Magic Sam, du West Side. De puissants chœurs doowop soutiennent les parties vocales. La guitare distille un blues bien vécu. Le p'tit a tout compris ! Surtout qu'il est ensuite relayé par un maître du genre : Mr Jimmie Vaughan en personne. C'est le bonheur ici bas! Nick possède une voix assez ravagée, taillée au couteau. Elle peut aussi se révéler une solide rampe de lancement pour un chant plus rockabilly. A la manière de Little Richard, si vous préférez. Damien ne sent plus ses bras. Le piano de Matt frétille et sautille. Curran y va de son solo, très inspiré par le frère Jimmie. J'adore le style de "Drivin' me crazy. Un peu mambo, proche d'Otis Rush, mené à la manière des Paladins de Dave Gonzalez ; mais avec ce petit plus procuré par l'harmonica bien huileux de Gary Primich. "Don't be angry" reste planté dans le début des 50s. Un prétexte pour sortir à nouveau un nouveau solo à haut niveau ; mais secondé par le sax ténor, il évolue dans un registre plus jazzy. Ballade bluesy, "Please don't leave me" semble sortir tout droit des juke boxes nés au cours des fifties. Nick y dispense une intervention lumineuse. Le blues est rythmé. La guitare de Nick épouse une sensibilité très West Coast jump sur "Midnite hour". Une composition parfaitement ciselée, signée Clarence Gatemouth Brown, qui permet un dialogue entre Nick et Jimmie Vaughan. Une joute à très haut niveau ! "One more time", la fête continue tout au long de la rencontre entre le piano honky tonk de Farrell et la guitare très nerveuse, presque métallique, de Curran. Primich revient souffler sur le rapide "Can't stop loving you". Le langoureux "She's gone" est un moment chaleureux à partager avec votre partenaire. Toujours aussi diverdifiée, la palette conserve son intérêt en fin de parcours. A l'instar du swing "Beautiful girl", de l'amusante cover country de Hank Williams, "Cold cold heart", et du final explosif "Stompin' at the Fort". Instrumental, ce roadhouse boogie est caractérisé par une savoureuse succession d'accords de piano et de cordes. Un superbe album!

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