A la production de cet album hors normes, un type qu’on connaît bien : Steve Albini. C’est sans doute en partie à cause de lui qu’Electrelane lorgne maintenant davantage du côté de la no-wave que du post-rock ambient. Le premier album de ce quatuor féminin de Brighton n’était en effet parsemé que de nappes à la Stereolab et d’atmosphères krautrock, sans aucune parole. Ici, les guitares fusent, la batterie se fait plus épileptique, la basse se la joue Peter Hook. Verity Susman chante avec l’ironie de Sadier et l’emphase de Siouxsie. Derrière elle, ses trois copines martèlent des mélodies qui rappellent parfois Blonde Redhead (« Take the Bit Between Your Teeth »), Blurt (le saxophone sur « Only One Thing is Needed »), voire The Slits (« On Parade »). Ce mélange de rétro futurisme (les synthés), de punk et de post-rock donnent une tambouille surprenante, au goût sans pareil. L’affolement de nos papilles auditives étant atteint par « The Valleys », hymne presque gothique avec ses chœurs déplacés et son harmonium pesant (écouteraient-elles Bathory avant d’aller dormir ?). Les paroles sont de Siegfried Sassoon, un poète. Plus loin, c’est Nietzsche qui se voit déclamé avec force, sur le joli « This Deed », tout en douceur malgré le son massif de la batterie. Ce disque est une des bonnes surprises de ce début d’année. Gageons qu’il le restera au moins jusqu’à la fin de l’année.
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