Dick Annegarn, citoyen d’honneur de la ville de Bruxelles (NDR : remember ‘Bruxelles ma belle…’), est en fait d’origine hollandaise. En effet, il est né en 1952, à La Haye. Mais c’est bel et bien chez nous qu’il passe toute sa jeunesse, à l’ombre de l’Atomium. En 1972, il quitte notre capitale pour émigrer à Paris, la guitare sous le bras. C’est là qu’en 1973 il enregistre l’album qui le lance, le fait connaître et auquel il doit la majorité de son succès, « Sacré Géranium ». Très vite fatigué de sa renommée et de la vie de ‘star’, il fuit le système, préférant emprunter la voie underground, vivant sur une péniche, participant à la vie associative de la banlieue parisienne. Très discret, il s’adonne à son style favori, le folk/blues, publiant de plus en plus anonymement ses réalisations. En 2006, le disque « Le Grand Dîner », sous-titré ‘Tribute à Dick Annegarn’, réunit des artistes comme Alain Souchon, Alain Bashung, Arno Hintjens, Louis Chedid, -M-, Mathieu Boogaerts, Bertrand Belin ou encore Bénabar, chacun reprenant des chansons de Dick en hommage à sa carrière de plus de 30 ans.
Son dernier album studio, « Soleil du Soir », enregistré à New-York, paraît en 2008. Il trahit déjà plus que des accents bluesy. Il en profite pour rendre un bel hommage à Brel à travers le titre « Jacques ». En 2010, il apparaît dans « Mammuth », film de Benoît Delépine et Gustave de Kervern, aux côtés de Gérard Depardieu et d'Isabelle Adjani.
Baigné toute sa jeunesse dans le blues et le folk, Dick Annegarn décide de revisiter en acoustique toute une série de standards des sixties, empruntant certains titres au folklore traditionnel : Careless Love », « Saint-James Infirmary » (fabuleux), « Down In The Valley », « The House Of The Rising Sun » ; et d’autres à des pointures telles Eddie Cooley, Bob Dylan, Harry Bellafonte, Rosetta Tharpe et même Elvis Presley. Armé d’une géniale Gibson datant de 1931, sa nouvelle (vieille) gratte, le Hollandais chantant n’est soutenu que par un équipage plus que réduit. Deux choristes néo-orléanaises sont cependant montées sur son embarcation. Et puis, il y a un bout d’harmonica ici, un tambourin par là. La voix chaude et tellement reconnaissable de l’interprète de « Ubu » fait le reste. Bien que minimalistes, les arrangements collent parfaitement au répertoire proposé. Ray Charles, Louis Armstrong ou Kurt Cobain seraient agréablement surpris de réentendre les titres qu’ils s’étaient appropriés, il y a un certain temps, voire un temps certain…
Bien que les chansons soient connues et même hyper connues pour certaines, Dick Annegarn rhabille ces titres à sa façon, leur donnant, un nouvel éclat, un brillant éclatant !
Un vrai moment de bonheur ! Le second épisode devrait suivre sous peu…

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