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Eleonore

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Plus la peine de présenter le nouveau petit génie du folk noir-jaune-rouge, Bram Vanparys, que les médias néerlandophones ont énormément soutenu, suite à la confection d’un premier elpee particulièrement réussi. Intitulé « Alas My Love », il était paru en 2009. Le roi autoproclamé allait-il relever le délicat exercice de la confirmation ? Agé à peine de 24 ans, il devait en tout cas faire face à une attente qui aurait paralysé les plus stoïques des songwriters...

« Eleonore » reprend les choses là ou Bram Vanparys les avait laissées, c'est-à-dire sur les plus hautes cimes du folk le plus classique et délicat. Toutefois, le King gantois a décidé d’alléger ses arrangements et de se rapprocher d’un esprit ‘live’ plus nature. Un soin particulier a été apporté aux chœurs, qui se révèlent même angéliques sur l’inaugural et cinématographique « Sleeping Minners ». Le folk de The Bony King est respectueux des pionniers du genre, Dylan en tête ; suffit d’ailleurs d’observer l’image reproduite sur le recto de la pochette pour en être convaincu. Et Bram confesse d’ailleurs avoir été influencé par la fameuse compilation « American Folk Anthology ». Mais son néo folk est avant tout une émanation belge du courant engendré par Devandra Banhart. Ce dernier tient le Gantois en haute estime depuis leur première rencontre, qui s’était d’ailleurs déroulée dans des circonstances, un peu rocambolesques.

Première constatation, « Eleonore » confirme tout le bien qu’on pouvait penser de Vanparys. Depuis le bouleversant titre éponyme, sculpté dans le folk rock, au légèrement électrifié « The Poet », en passant par le passionné « The Garden », caractérisé par ses accords cristallins de guitare, et un « Some Are Fearful » raffiné par les interventions au piano d’Ann Pierlé, son art folk de qualité n’est cependant pas estampillé ‘made in US’ mais ‘made in Gent’. La mondialisation est définitivement en marche. Le second elpee de The Bony King of Nowhere est donc tout à fait réussi, même s’il manque toutefois encore à Bram, une puissance d’incarnation supérieure…

Vanparys se consacre pour l’instant à l’écriture de la BO du film ‘Les Géants’ réalisé par Bouli Lanners. En enfantant de tels artistes, la Belgique a assurément encore un avenir devant elle. D’ailleurs, j’invite les Francophones à se pencher sur le cas The Bony King Of Nowhere. Et ce n’est pas trop difficile, puisqu’il va se produire, un peu partout en Flandre, au cours des prochains mois… 

 

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