Souvent comparé au regretté Otis Spann, le légendaire musicien de Muddy Waters, David Maxwell est un pianiste blanc. C'est est aussi un fervent adepte de Sunnyland Slim et de Pinetop Perkins. Il sévit sur la scène blues de Boston depuis la fin des 60s. Au fil du temps, il s'est forgé une solide réputation, derrière de prestigieux bluesmen comme Jimmy Rodgers, Otis Rush, James Cotton, Hubert Sumlin, Buddy Guy, Junior Wells, et bien d'autres…. Il a également participé à l'aventure des Broadcasters de Ronnie Earl. Il comptait également un premier opus à son actif : "Maximum blues piano". Un disque paru en 1997, sur le label Tone-Cool. Il en compte des amis notre David ! Ce qui explique pourquoi il a sous-titré son elpee "& Friends". Au premier rang, on y relève la présence de la section rythmique des Broadcasters : Per Hanson aux drums et Michael "Mudcat" Ward à la basse.
L'album s'ouvre par "Backseat of a greyhound bus", une plage lente au cours de laquelle nous ressentons ce toucher si proche de celui d'Otis Spann. La voix de David n'est pas désagréable, mais elle manque d'expression. En seigneur, Ronnie Earl se réserve la guitare. Maxwell a écrit tous les titres de cet album. Toujours proche d'un Muddy Waters, il s'inspire largement du fameux Chicago blues urbain. Il en fait la plus belle démonstration tout au long de "Thanks for all the women", une plage au cours de laquelle James Cotton est venu donner un petit coup d'harmonica, pendant que Ronnie Earl et Hubert Sumlin en décousent aux guitares. L'instrumental "Twisted tendons" épouse la formule trio pour. Un boogie woogie alerte qui met en exergue Hanson et Mudcat. Imprimé sur un rythme élevé, "Long distance driver" est un blues qui baigne dans un style proche de "Got my mojo working". Au sommet de son art, Kim Wilson mène la danse. Il se réserve le chant et l'harmonica et pousse Maxwell dans ses derniers retranchements, pendant que Ronnie Earl décolle à son tour sur les cordes. Une des meilleures plages de l'album ! Kim Wilson joue aussi de l'harmonica sur "Sticky buns" Richard Studhome est à la guitare. Parcouru par un orgue Hammond et des cuivres, "What's the use" opère un changement total de registre. David échange les vocaux avec Liane Carroll, dont le timbre chaleureux flirte avec le gospel. Le prix du meilleur slow blues revient sans aucune contestation, à "Moving out of this world". Dommage que la voix soit si terne, car l'empreinte d'Otis Spann est de nouveau marquante, pendant que Ronnie Earl et Duke Robillard se partagent discrètement les guitares à l'arrière. "Coming home baby" procure un moment très roots. Hubert Sumlin chante et gratte. Maxwell joue comme un Sunnyland Slim à la sensibilité exacerbée. Son duo échangé avec le vieux Pinetop Perkins est un autre moment chargé d'émotion. Baptisé judicieusement "Thank you Pinetop Perkins", il a été écrit pour une voix et deux pianos. Cet album de bonne facture s'achève par le titre maître. Une composition qui baigne dans une atmosphère funky et jazz. La bonne humeur festive de la Nouvelle-Orléans y règne en maître. Avec force cuivres.

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