Le nouvel opus de ce quartet issu de Long Beach, à Los Angeles, était très attendu. Il s'agit déjà du troisième ! De son véritable nom Mastrogiovanni, le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro en est le leader. Il est épaulé par Dave Melton à la guitare et à la slide, Jeff ‘Slick Daddy’ Henry à la basse, Jim Godall aux drums et, en renfort, par le redoutable Kirk Fletcher à la guitare rythmique. Noir de peau, ce musicien est un grand spécialiste du style West Coast jump.
Les Mamas démarrent en force par "You'd better be sure". Nous sommes déjà sous l'emprise du guitariste Dave Melton. Omniprésent derrière la voix de Johnny Mastro, il prend d'entrée un solo redoutable. Le son des cordes est excellent. La complicité entre les deux solistes est de tous les instants. "Don't cry mama" reste dans le tempo. La voix nasillarde et persuasive de Mastro dirige une machine à rythme redoutable. L'étau n'est pas prêt à se desserrer. Melton empoigne sa slide et découpe le riff bien connu d'Elmore James pour exécuter "Coming home" (du même Elmore), un exercice au cours duquel la section rythmique tient bien le cap. Lorsque les Mamas décident d'enterrer la hache de guerre, c'est pour s'enfoncer dans les swamps louisianais. A l'instar de "Too tight". Mais l'interlude est de courte durée, car le tempo reprend vigueur dès "Shake 'em on down". L'atmosphère se fait proche de Lester Butler. Un des grands favoris de Johnny, il faut le souligner. Mastro joue de l'instrument chromatique sur l'instrumental "Chicken & waffles". Assez doux, ce fragment est abordé dans l'esprit purement West Coast, tout en adressant un clin d'œil à William Clarke. Les échanges opérés avec Melton sont très réussis. Signé Guitar Slim, "Something to remember you by" nous replonge dans la quiétude de la Louisiane. Les Mamas attaquent ensuite le classique de Little Walter, "Come back baby". Mastro y démontre que son influence majeure est bien l'enfant surdoué du Chicago blues des 50s, Walter Jacobs. Il n'est pas le seul à le reconnaître, il faut l'avouer. Nerveuse, teigneuse à souhait, "Drink" évolue toujours dans l'esprit du même Little Walter. Une des meilleures plages de l'elpee, c'est une certitude ! "One day" persiste dans un style très Chicago, proche du grand Howlin' Wolf. L'harmo continue d'y cracher des flammes. Les "fils à Maman" sont idéalement parés pour la pratique du boogie. Leur "Baby boy's boogie" correspond parfaitement à ce profil. Le chant de Mastro vit sa musique intensément, mais Melton ne peut attendre pour sortir du rang. En écoutant ce fragment le plus fort possible, vous avez l'impression de faire face au groupe! "Blues for the late summer" est un très long blues lent, réminiscent de George Smith. Johnny est préposé au chromatique. Kirk Fletcher est passé à l'avant-plan pour délivrer le dernier solo de cordes sur cet opus. Un travail remarquable, tout en sensibilité, ponctué par une montée en puissance impressionnante. Bonus track, l'excellent "Howl all night" permet une dernière fois aux deux solistes de briller. Bien que légèrement moins percutant que "Pinch that snake", son précédent elpee, "Chicken & Waffles" reste au-dessus de la norme…

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