Robert Palmer est décédé le 26 septembre dernier à Paris. Suite à une crise cardiaque. Il était né en Angleterre le 19 janvier 1949. A Batley, très précisément. Cet excellent vocaliste avait élu domicile en Suisse, depuis 16 ans. Sa carrière musicale avait débuté fin des 60's. Chez le groupe de R&B, Alan Bown Set. Il avait ensuite rejoint Vinegar Joe, une formation blues/rythm'n blues. Il y partageait les vocaux avec la pulpeuse Elkie Brooks. Depuis, il menait une carrière personnelle. Un parcours jalonné d'une vingtaine d'albums et de quelques hits, dont le plus célèbre demeurera "Bad case of lovin' you". En 1999, il avait commis "Rhythm & blues" ; un opus pour lequel il avait prévu une suite. Et ce deuxième volume vient enfin de voir le jour.
L'album s'ouvre par le notoire "Mama, talk to your daughter". Signé J.B Lenoir, cette plage évolue sur un tempo hyper rapide. Le son des guitares est véritablement pourri. Les vocaux prolixes. L'harmonica de Franco Limido, sautillant. Une claque vraiment inattendue ! Bien plus roots, "Why getup?" est distinctement tramé sur une guitare, une mandoline, et le piano versatile de l'excellent Dr Gabs. La voix soul très caractéristique de Palmer est bien mise en évidence. Mais la richesse et la profondeur du timbre de ce chanteur de R&B sont encore plus évidentes sur le légèrement funky "Who's fooling who?". "Am I wrong?" baigne au sein d'une ambiance Delta. Seule devant les guitares acoustiques et les percussions minimalistes, cette voix semble idéalement taillée pour chanter le blues. Palmer reprend le "TV dinner" de ZZ Top ; mais sous une forme très dépouillée. Sa voix tout en relief y véhicule énormément d'émotion et de sensibilité. " Stella " nous plonge dans un univers étrange, exotique, proche de la world. Le chant typé est souligné de chœurs féminins. On se croirait dans les Caraïbes. Un climat au sein duquel baigne également "Dr Zhivago's train". Robert revient sur un terrain mieux connu en attaquant une compo issue du répertoire de BB King, "Ain't that just like a woman". La version est puissante et nerveuse. La voix quelque peu ravagée passe le cap avec distinction. Dr Gabs se montre brillant dans son exercice du boogie au piano. Robert embraie par "Hound Dog". Un fragment écrit par Leiber et Stoller, mais popularisé par Elvis Presley. Il chante comme un possédé devant une guitare fuzz aux accents réverb. Une atmosphère mystérieuse plane tout au long de "Crazy cajun cafe walk band". On se croirait presque chez Dr John lorsqu'il implore le voodoo ; surtout lorsque le bruit des swamps louisianais entrent dans la danse. Robert achève son elpee par une adaptation d'"I need your love so bad" de Little Willie John, un morceau popularisé jadis par Ray Charles et par le Fleetwood Mac de Peter Green ; une compo qu'il interprète d'une voix plaintive. Cette nouvelle mouture brille par son originalité, tant Palmer y va de sa personnalité. Mais ce n'est pas tout, car l'opus recèle quatre bonus tracks. Signé Willie Dixon, "29 ways" s'ouvre sur un chant tribal soutenu par force percussions ; mais lorsque le piano décide de changer de registre, c'est pour s'aventurer dans un espace sonore purement jazz et swing. La forme d'"It hurts me too" est bien plus classique. Une composition qu'il chante, avec bonheur, devant un piano très blues. Le piano du docteur envahit "Stupid cupid". Un fragment fortement marqué par le sceau de la New Orleans. Et l'œuvre s'achève dans le roots, par une cover très personnelle du "Milk cow's calf blues" de Robert Johnson. Cet album est très intelligent et fort personnel. C'est une réelle expérience. Dommage qu'il n'y aura jamais de suite…

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