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Johnny Mastro & Mama's Boys est une formation californienne que j’apprécie tout particulièrement et dont le parcours m’a toujours impressionné. Un groupe dont le succès s’est forgé à force de sueur et en écumant les routes. Johnny Mastroianni en est le chanteur et l’harmoniciste. Le combo se produit régulièrement dans les petits clubs de L.A. ; et en particulier le Babe & Ricky's, celui de Mama Laura Gross, chanteuse disparue en 2009, à l'âge de 89 ans. C'est elle qui leur avait déniché le patronyme de ‘fils à maman’.

La musique des Boys est rude, largement amplifiée, véhiculant le mal vivre des grandes cités américaines. Pour concocter ce dernier opus, sorti en 2010, les musicos s’étaient rendus sans la Motor City de Detroit. Au studio Ghetto Recorders, sous la houlette du producteur Jim Diamond. Mastro est soutenu par le chanteur/guitariste Smokehouse Brown, le drummer Jimmy Goodall et le bassiste Mike Hightower. Un invité notoire : Kirk Fletcher. Il apporte son concours aux 6 cordes.

Il ne faut pas attendre longtemps pour se rendre compte de la puissance de ce nouveau chapitre musical des Boys. Il sera hard, amplifié à l'extrême. Smokehouse aime tourner la molette de son ampli à fond, afin d’ériger un mur sonore. Il ne reste alors plus à Mastro qu'à pousser ses cordes vocales, à la manière d'un Ozzy Osbourne novice. Mais il n'a pas oublié son harmonica, le chef de la meute. Pas étonnant, dès lors que ce "Spider" écrase déjà tout sur son passage. "Wineheaded" élève le tempo. Un rockin' blues très dense, bétonné par la section rythmique. Johnny se révèle très à l’aise au cœur de cette fête tonitruante et il souffle comme un damné dans son instrument pour contrer les percussions diaboliques de Goodall. Lester Butler pourrait sortir de sa tombe s’il entendait les vibrations produites par "Love tain #2". Le train entre en gare. Il souffle quelques instants avant de redémarrer de plus belle. Les changements de rythmes sont ténébreux, presque terrifiants. La pression s’amplifie. A son tour, Smokehouse se prend pour Tommy Iommi afin de ressusciter "Dirge". Issue du premier elpee de Black Sabbath, cette compo était caractérisée par son climat oppressif. Il s'acharne sur ses cordes, les torture, les piétine. Plage instrumentale, "Fresh squeezed coolaid" retrouve son rythme de croisière. Particulièrement offensive, elle est parcourue d’excellentes interventions à l’harmo et de slide bien gouailleuse. Les riffs dispensés tout au long de "Kings and queens" sont royalement découpés au rasoir. Plus lent, "Shades of grey" baigne dans une certaine sérénité. Enfin sérénité relative, car le climat devient carrément tragique ; moment choisi par Kirk Fletcher pour s’autoriser une sortie princière sur des cordes. Relativement déjantés, acides, les accords de guitare prennent alors une forme étrangement psychédélique. Et "Bonedry" en est la plus belle illustration. "Howling" macère dans une atmosphère de transe. L’ensemble des instruments semble exécuter une danse macabre. A cet instant, nous ne sommes plus très loin de l’univers de Howlin' Wolf. Belliqueux, "Kgb boogie" est parcouru de bruitages produits par des armes ; un morceau qui aurait pu figurer au répertoire de Billy Boy Arnold. Mastro reste menaçant pour attaquer la plage finale. Il mène même ses Boys à la baguette tout au long de "Night", une compo écrite par son maître, Lester Butler, et imprimée sur un rythme hypnotique emprunté à Howlin' Wolf. Un album très sombre…

Informations supplémentaires

  • Band Name: Johnny Mastro
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: T’s
  • Date: 2010-03-15
  • Rating: 4
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