Spécialisé dans le black rock'n'roll et le black R&B, les Seatsniffers figurent parmi les meilleures formations belges. Fondée début 1995, autour de Walter Broes (guitare et chant), Roel Jacobs (saxophones), Luc Houben (basse) et Piet De Houwer (drums), elle compte déjà plusieurs albums et singles à son actif.
Live, leur nouvel opus inaugure leur nouveau contrat signé chez le label hollandais Sonic RendezVous. Et c'est bien sur une scène que nos quatre lascars s'expriment le mieux. Leur savoureux cocktail de rockabilly, de blues, de R&B, de country & western et de surf, libère une énergie permanente, tout en véhiculant une attitude quasi punk.
Le concert s'ouvre par les accents d'une rythmique boogie, bien huilée par le tandem De Houwer/Houben. La guitare de Walter épouse un profil rockabilly à la limite de la country. Les percussions sont denses et la machine à rythme s'emballe. Mais paradoxalement, cette agitation reflète une forme de solitude. Que brise le sax hurleur de Roel au bout d'une bonne minute. Il se défoule comme un beau diable sur ce "Shake it", devenu un titre de référence par excellence. Le public est déjà à point. Il répond aux invitations à se manifester. La tonalité surf de la guitare réverbère tout au long de ce "She's a fox" complice. Sous l'impulsion de Piet De Houwer derrière sa caisse, les Sniffers accélèrent encore le tempo et embraient par un 'Shakedown", au cours duquel Roel laisse éclater une joie d'une grande limpidité. "This must be the bottom" est sculpté dans du rockabilly pur et dur. Walter laisse glisser ses cordes huileuses tout en les secouant au service du rythme. "Taggin' along" est un blues lent sans complication, mais très efficace. Walter et Roel y chantent en duo. Insatiables, les Sniffers reviennent au boogie hypnotique pour "Don't gimme that". La guitare rythmique emprunte le riff cher à John Lee Hooker. Le son est sale, primaire. Il va droit au but recherché : celui de faire bouger. Proche d'une composition de Leiber et Stoller, "Get it" ouvre une parenthèse de calme. Et inévitablement le tempo ralentit la cadence tout au long de ce morceau né d'un savant dosage de blues et de rock ; un titre qu'aurait apprécié Little Charlie Baty ou encore les Paladins de Dave Gonzales. Cette plage est également la plus longue de l'album. Elle permet à Walter Broes de s'exprimer en développant un superbe solo. Pour aborder "Make my dream come true", le guitariste est complètement libéré. Il entretient sa furie dans une saveur tex-mex, avant de nous plonger au sein d'une ambiance futuriste (NDR : bruitages à la clé) chez l'éclatant "UFO". Pris de court, le public n'a pas le temps de reprendre son souffle que le rythme repart de plus belle, contaminant tour à tour le rocker "Assembly line", un "Since my baby left me" caractérisé par son riff découpé au couteau et l'instrumental gloussant "Run chicken run", parcouru par une guitare qui rocke et rolle. Le concert s'achève par une plage cool, baptisée "Sleep". Un tout bon album !

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