Thee Silver Mt. Zion, c'est Godspeed You ! Black Emperor en comité restreint, genre musique de chambre : un trio (piano, basse, violon), qui pour son deuxième album s'était déjà adjoint les services de deux batteurs et de guitaristes (le Tra-La-La Band), et qui cette fois se paie le luxe d'une vraie chorale, le Thee Rusted Satellite Choir. Au menu, toujours cet équilibre savamment orchestré entre montées d'adrénalines et baisse de tension, les voix opératiques en plus. Pour le fan de la nébuleuse Constellation, ces crescendo/diminuendo donneront toujours autant la chair de poule, surtout écoutés à plein tube les bras en l'air, tel Moïse ouvrant la Mer Rouge. En quatre pièces de facture presque wagnérienne, les Canadiens nous refont donc le coup du truc cyclothymique, rythmé par d'innombrables coups de tonnerre (les batteries), de théâtre et de sang, et striés d'éclairs acoustiques (les pluies de cordes). La chorale s'en donne à cœur joie, du registre médiéval (le morceau d'ouverture) aux canons, même si l'effet se retrouve souvent noyé dans le déluge sonore qu'Efrim et ses potes affectionnent. Mais combien de temps encore GY !BE (et affiliés) parviendront-ils à nous surprendre ? A force d'user la formule jusqu'à la… corde, nos Canadiens risquent un jour de tourner en rond, et de se voir traités de pompiers. Pas cool pour des types habitués à souffler sur les braises du post-rock le plus… incandescent.

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