Ce talentueux guitariste vit aujourd'hui au Texas. A Dallas, très exactement. Découvert voici quelques années par George Thorogood, il jouit d'une excellente réputation aussi bien dans l'univers du rock que du blues. Avant de driver ses Monkey Beat, il a sévi chez les Destroyers de l'homme du Delaware. Flanqué de son nouveau groupe, il a déjà commis trois albums pour le label Lucky 7 : "Radio Mojo" en 1993, "Shake" en 95, et "Bad Juju" en 2001. Enfin, il s'est également réservé un album de roots acoustique, "Dirt road", paru fin d'année dernière. Pour enregistrer " Starvation box " il a pu compter sur la participation de Carlton Powell à la basse et de Paul Hollis à la batterie. Sous-titré "The best of Jim Suhler & Monkey Beat", cette œuvre réunit onze plages déjà parues et six inédits datant de 1993 à 2001.
Le recueil s'ouvre par "When were you when the lights went out?". Un rocker âpre issu du premier elpee, "Radio Mojo". "Ain't comin' home tonight" et la plage titulaire émargent à la même enseigne. Issu de "Shake", on retrouve tout d'abord "Snake hips". Une plage funky, partagée entre un accordéon et une slide, réminiscente de Lowell George ( Little Feat). "Little boy blues", ensuite. Un bon slow blues électrique composé par Robert Johnson. "Snake bit" également. Tramé sur un riff électrique, ce fragment rappelle tantôt Free, tantôt les Rolling Stones. Et bien sûr, le morceau qui donne le nom à l'opus. "Bad Juju" concède "Deja Blue", un track qui baigne dans une ambiance tex mex. "Prayin' for rain", ensuite. Très lente et émouvante, cette composition nous replonge dans l'univers du "Sticky fingers" des Stones. Et de cet opus, on a encore droit à "Shotgun shack" et à "Chupacabra", une compo qui transpire une ambiance funky mexicaine. Passons aux plages inédites. "Blame it on love". Ce blues rock et chanté d'une voix calme. Pourtant, la guitare parvient encore à y décoller, mais sans le moindre excès. La reprise du "U gotta move" d'Elmore James. Une cover découpée par une slide au caractère métallique. Le titre maître. Imprimé sur un tempo basique, ce blues lent véhicule des accents volontiers dramatiques ; une impression accentuée par la slide réverbérée. "Love ain't enough". Une ballade douce caressée par une guitare acoustique. Le rock'n roll "Don't stand still". Et enfin pour se faire plaisir, une adaptation impeccable du "Lonesome dog blues de "Lightnin' Hopkins. Une version qui démontre que non seulement Jim Suhler demeure un excellent bluesman, mais qu'il est aussi capable d'exacerber sa sensibilité. Pour votre information sachez que les parties de claviers et d'accordéon ont été accomplies par Tim Alexander. Si vous souhaitez pénétrer dans le monde de Jim Suhler sans trop de difficulté, et que vous ne possédez pas les elpees de Monkey Beat, " Starvation box " est un tremplin idéal. Par contre, si vous êtres un fan inconditionnel, vous devrez vous payer cette collection. A cause des inédits, bien sûr. Et si vous l'ignoriez encore, Jim Suhler vient de tourner en Europe…

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