Au fil du temps, cet agent de police féminin un peu particulier et surtout cette artiste talentueuse, s’est forgé un univers musical personnel particulièrement cohérent et original. Avant de fonder Joan As Police Woman, cette violoniste de formation avait bossé pour, entre autres, Lou Reed, Elton John, Antony Hegarty et Rufus Wainwright. Elle était également, l’ex-petite amie de feu Jeff Buckley. Son premier opus, « Real life », remonte à 2005. Il fait suite à un Ep éponyme, publié l’année précédente. « The Deep Field » constitue déjà son quatrième elpee.
Joan Wasser, c’est aussi une voix, dont le timbre parfois chipie mais souvent grave, donne une coloration très spécifique à sa soul blanche. Monolithique, elle n’était pourtant parvenue que trop rarement à transcender les compos de son opus précédent, « To Survive ». Sur ce nouveau long playing, l’instrumentation est plus diversifiée. Les climats plus riches. Souvent légèrement jazzyfiants. Et des compos comme le single « The Magic », plus pop, proche de l’univers de Feist ou la plus délicatement soul « The Action Man » en sont de très belles illustrations. En outre, elle bénéficie du concours d’un invité de luxe sur deux plages : Joseph Arthur. Tout d’abord sur le très ‘cool’ « Human Condition », puis le plus ‘groovy’ « Run for Love ». Utilisés à bon escient, claviers et cuivres relèvent régulièrement l’ensemble. A l’instar de compos soul pop de toute bonne facture comme « I Was Everyone » ou le morceau d’ouverture, « Nervous », pas nerveux pour un sou. Malheureusement, la New-yorkaise a toujours tendance à tirer ses morceaux inutilement en longueur, et une plage comme « Flash » aurait été d’une toute autre trempe, si elle avait été plus concise.
Néanmoins, si la police belge s’exprimait dans les mêmes termes soul que sa collègue américaine, je n’opposerai aucune résistance lors de mon arrestation immédiate !

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