Luther Allison a dû attendre les dernières années de sa vie pour devenir le numéro un du blues sur le terrain. Une heure de gloire patiemment attendue, mais qu'il n'a pu goûter que trop modestement! So, Luther is back in town again. Par la grâce de Thomas Ruf qui est parvenu à rassembler des témoignages qui nous feront tous chaud au cœur et à l'âme.
En ouverture, "I wanna be with you" manifeste une touche reggae. Soulignée de chœurs féminins, cette ballade soul blue date des sessions de l'album "Blue streak". C'est à dire en 1995. Elle avait été enregistrée en compagnie du Memphis Band de James Solberg, Ernest Williams, Dave Smith et Steve Potts. Deux mois à peine après la disparition de Luther, Solberg avait écrit "Still called the blues" à la mémoire de Luther, un fragment que ce fidèle guitariste avait pris le soin d'insérer sur son album "The hand you're dealt". Luther a toujours été un grand fan d'Otis Redding. A un tel point que parfois, on a l'impression que leurs voix se ressemblent. En 1985, lors de l'édition du festival jazz de Montreux, Mr Allison adapte avec talent sa version du hit posthume d'Otis Redding, "Dock of the bay", épaulé par la Muscle Shoals Rhythm Section (Barry Beckett, Jimmy Johnson, David Hood et Roger Hawkins). Ballade très lente, "Just as I am" est partagée en duo avec la chanteuse Marla Glen, une vocaliste qui avait participé à la version européenne de l'album "Reckless", parue en 1996. Inédit bouleversant, "Nobody but you" épingle un duo acoustique enregistré pour Europe 1, lors du nouvel an 94. Luther et le Français Patrick Verbeke chantent et grattent avec une réelle complicité. "Perfume and Grime" est un long échange musical entre deux princes des six cordes : Otis Grand introduit la plage en acoustique, avant de laisser Luther donner une leçon de Chicago West Side blues, puis reprend son souffle pour apporter une brillante conclusion à cet instrumental de haut vol. Cette plage, qui date de 1996, correspondait au titre maître d'un opus d'Otis Grand. "Cherry red wine" constitue le blues de Luther que je préfère. 'Song of the year' des Handy Awards de 96, la version originale fut, faute de temps, privée de section de cuivres. Thomas Ruf l'a donc adaptée en conséquence, en compagnie des Jay Horns, considérés comme les Memphis Horns of Holland. Cette version est un bonheur ; mais c'est toujours la présence de cette voix extraordinaire qui galvanise la chanson. Titre funky, "Idols in mind" relevait d'un album de Bernard Allison paru en 92 et intitulé "Hang on". Père et fils s'y partageaient le chant et les guitares. Allison, le sourire aux lèvres, se faisait des amis partout. Il avait ainsi participé au Jazz & Blues Festival de Stockholm, en 1991. Il y avait joué flanqué du groupe de Kenn Lending, le 1er bluesman danois. Une longue version du classique "Hoochie Coochie man" témoigne de cette rencontre. "Slipping away" immortalise une collaboration entre Luther et la chanteuse noire Joanna Connor. Cette chanson lente et délicate, caractérisée par une très belle mélodie, était parue sur l'album de Miss Connor, "Rock'n'roll gypsy". "Love is free" est une autre superbe ballade lente. Une prise 'live' opérée à Berlin en 1991, en compagnie de la formation française de Luther. La voix est absolument remarquable et la manière de chanter extraordinaire. Près de 6' susceptibles de vous arracher les larmes des yeux ! Bonus track, "I know" bénéficie du concours du duo acoustique Friend 'n' Fellow, autrement dit Constance Friend au chant et Thomas Fellow à la guitare. Un morceau exécuté en 1996. Un album admirable !

Nederlands
Français 
