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Snake eyes

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Burns demeure l'une des dernières gloires vivantes du Detroit Blues, dont le maître incontesté et incontestable a été, bien entendu, John Lee Hooker. Il est né en 1928 à Belzoni, dans le Mississippi. Sous l'influence de John Lee "Sonny Boy I" Williamson, il apprend tout d'abord à jouer de l'harmonica. Après la guerre, il monte vers le Nord et aboutit à Detroit où il devient rapidement un ami proche de John Lee Hooker. Inspiré par John Lee, Arthur Crudup et Tommy McClennan, il passe tout naturellement à la guitare. Entre les années 50 et le début des 60's, Burns aligne une série de singles. Il entre ensuite en studio, en compagnie de Hooker, pour commettre l'elpee "The Real Folk blues". Un vinyle qui sort alors sur Chess. Au début des 70s, il enregistre deux albums en Angleterre, pour Big Bear : "Detroit black bottom" et "Bottle up & go". Il tourne alors en compagnie des American Blues Legends. En 75, très exactement.

"Snake eyes" a été enregistré à Chicago, en septembre 2001. Un disque pour lequel il a reçu le concours de Jimmy Burns, à la guitare. Son frère cadet ! Jimmy avait alors déjà commis deux opus pour Delmark : "Leaving here walking" et "Night time again". L'album s'ouvre par "Snake eyes". Un blues proche des racines ; très downhome. Eddie chante de sa voix plaintive. Epaulé par le piano de Roosevelt Purifoy, il joue de la guitare acoustique. "Your cash ain't nothin' but trash" est une plage nerveuse. Eddie est à l'harmonica. Le frangin gratte les cordes et reprend les cœurs à l'unisson. "Lonely man plea" est un blues lent nonchalant semblant sortir tout droit de Baton Rouge. Sa voix paresseuse correspond parfaitement à ce style. "Night shift", nous le ramène dans le Chicago blues : le riff curieusement proche de Muddy Waters et toujours cette voix si personnelle. Burns apporte beaucoup d'énergie et de conviction pour un Detroit boogie intitulé "Papa likes to boogie". Un fragment qu'il attaque à l'harmo, pendant que Purifoy se déchaîne au piano. Sur cet opus, l'amateur de blues pur, simple et même primaire, prendra son pied à l'écoute de plages lentes telles que "Jail time" ou "Goin' to New Orleans". La combinaison opérée entre l'harmonica, la guitare et le piano fonctionne à merveille. Le trop plein de sensibilité est atteint lors de la reprise du "Lent me your love" de Memphis Sim. La voix frêle est appuyée par la guitare acoustique. Très beau! Et le scénario se reproduit tout au long d'"Hello Miss Jessie Lee". Eddie nous y souffle des phrases d'harmo, avec un aplomb digne de Sonny Boy Williamson I. "Hastings street special" adresse un clin d'œil instrumental à la plus célèbre "rue du blues" de la Motor City. Cet opus de bonne facture s'achève par "Don't let money change you", un blues bien rythmé négocié par une voix qui semble bien plus assurée.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Eddie 'Guitar' Burns
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Delmark / Central Distribution
  • Date: 2002-12-31
  • Rating: 0
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