The Dodos est certainement une espèce rare mais pas encore éteinte. Même si certains auraient voulu les abattre après la confection d’un album (« Time to die »), qualifié par une certaine presse critique de décevant. Mais ces drôles d’oiseaux n’ont pas dit leur dernier mot. Et il ne s’agit pas ici de faire du bruit inutile pour parader devant un public, tel un perroquet. Ils ne nous prennent pas pour des pigeons et nous servent un chant qui berce mélodieusement nos oreilles. Leur musique est aussi douce et pure que la colombe, aussi poétique que l’albatros, aussi rythmée que les battements d’ailes du colibri. Ces airs, qui soulèvent les membres plumés de ces divers volatiles, nous emmènent vers des cieux décalés. Témoin de cette véritable envolée sauvage, Léonard De Vinci doit se retourner dans sa tombe en voyant à quel point il est simple de nous envoyer dans les nuages. Le temps d’un album nous sommes tous membres d’un peuple migrateur suivant non pas son instinct, mais le talent d’un groupe. Car même s’il n’y a pas de grande surprise le long de la route, cette dernière mène toujours au soleil. En bref, The Dodos ne sont pas cuits, car « No Color » leur rend le crédit qu’ils avaient peut-être perdu lors de la sortie de leur dernier opus ; mais ils restent bel et bien savoureux.
Mais trêve de métaphores et de mauvais jeux de mots. Ces neuf pistes ne sont pas les plus éclatantes et originales de la formation. Bien que « Companions » affiche un petit côté ‘drôle’ et inattendu ou que « No color » soit sans doute orphelin d’un brin de folie, le groupe laisse toutefois la place pour combler ce manque sur scène. Finalement, ce quatrième elpee ne se grave pas dans les mémoires mais délivre un certain plaisir sensoriel immédiat. Par conséquent, les vautours de la critique devront encore attendre avant de savourer la carcasse sans vie de The Dodos.

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