Cet album est né de la rencontre entre une comédienne belge, qui ne s'attendait pas à devenir chanteuse, et le collaborateur de Miossec, Guillaume Jouan. Il nous plonge dans une ambiance mélancolique et soignée, pas trop éloignée d'Hooverphonic ; même si le chant lorgne plutôt du côté de Zazie. Rien à voir avec la tension des albums de Miossec, donc. La critique a accueilli cet opus avec enthousiasme. Je suis plus mitigé. Peut-être parce que Karin Clercq offre un univers très féminin (le désir, le corps, l'attirance, le regard des autres…) qui n'est fatalement pas le mien. Elle défend son choix : si les mentalités ont fortement évolué, ‘ bizarement, peu de femmes osent dire leurs envies ; parler de ce qui fait vibrer leur corps et leurs sentiments dans leurs chansons’. Il faut admettre que Karin Clercq y parvient avec talent, notamment pour décrire l'enfance violée (" Etranger ") ou le parcours de celle à qui l'on promettait le paradis et qui se retrouve sur le trottoir (" La chanson d'Anna "). L'explication à ma réticence confuse à l'égard de cet album, je la trouve dans la dernière phrase de la chanson " Manqué ". Karin Clercq y raconte l'attente lascive d'un amant qui arrive très tard, trop tard. " Nos désirs et nos corps ne vont pas fusionner/Je suis hyper à cheval sur la ponctualité ", chante-t-elle. C'est là l'unique trace d'humour et d'ironie sur 13 chansons. J'en aurais voulu un peu plus, mais peut-être est-ce un trait masculin…

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