Agé de 67 balais, Terry est saxophoniste. Et sur la West Coast, c’est certainement un des meilleurs. Il est originaire de Chicago. Pas une tare quand on pratique le blues. Son éveil musical, il le puise au cours des fifties. En écoutant les pionniers du rock'n'roll, mais aussi du R&B. La veille de ses 21 ans, il s'achète un saxophone. En 1967, il émigre vers la Californie, et d’établit définitivement à San Francisco, deux ans plus tard. L’année suivante, il fonde ses Grayson Street Houserockers ; mais il faudra attendre quelques années avant qu’il ne se forge une certaine notoriété au sein de l’Elvin Bishop Band. Au début du nouveau siècle, il rencontre le guitariste norvégien Chris ‘Kid’ Andersen, à Oslo, et le persuade de s’installer également, en Californie. Ce qui va permettre à Andersen d’asseoir sa réputation, tantôt en épaulant Charlie Musselwhite ou chez les Nightcats de Rick Estrin. Mais jamais, il n'a abandonné sa collaboration avec Terry Hanck.
Notre saxman comptait déjà cinq opus à son actif : "Live & raw", paru en 1997, "I keep on holdin' on", en 2002, "Live!", en 2004, "Night train", en 2005 et "Always", en 2008. Pour ce nouvel elpee, il est soutenu par son backing band : ‘Johnny Cat’ Soubrand, son fidèle gratteur depuis plus de huit ans, Butch Cousins (NDR : dont le frère Richard n’est autre que le bassiste de Robert Cray) aux drums et Tim Wagar à la basse. Et lors de l’enregistrement de ce nouvel elpee, publié par l'écurie dans le vent Delta Groove, Terry a également reçu le concours de Kid Andersen et Chris Welsh aux claviers. Enfin, les sessions se sont déroulées au sein des studios du Kid, le Greaseland, à San José.
Terry signe quatre compositions. Tout d’abord "Here it comes", morceau qui ouvre l’album. Une piste caractérisée par une intervention saignante du Kid aux cordes. Le long blues lent, "You coulda let me go", ensuite. Une plage au cours de laquelle son guitariste, Johnny Boy, excelle. "Girl girl girl" encore. Un reggae plutôt léger. Et enfin "Appreciate what you got", un R&B qui met bien en exergue son sax ténor devant l'orgue Hammond de Welsh. Sans oublier "I keep on holding on". Cette exquise ballade lente est également le titre maître d’un de ses précédents long playings. Mais c'est sans aucun doute lors des reprises que Terry se révèle le plus efficace. Sa cover du "Keep a drivin" de Chuck Willis est savoureuse. Une ballade parfaitement adaptée à ses sorties au saxophone. Tout comme l'explosif "Ain't that just like a woman" de Louis Jordan, un titre au cours duquel Johnny Kid se montre souverain dans le west coast jump, avant de céder le témoin au redoutable Hanck qui ‘honke’ dans son sax! Quelle pêche! Une recette à nouveau adoptée lors du célèbre "Train kept a rollin'". La version swing du "My girl Jasephine" de Fats Domino accroche instantanément l’oreille. Et mieux encore, la réplique nerveuse de "Just one more time", une perle écrite par Ike Turner, permet une dernière fois à Andersen de faire vibrer ses cordes. Enfin, en ajoutant le long périple funky "You give me nothing but the blues", le résultat final est tout simplement digne du label Delta Groove!

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