Drippin' Honey est une formation issue de la nouvelle génération néerlandaise. Un combo qui appartient à l'intéressante écurie Cool Buzz. " Love the curse " constitue leur troisième album. Il fait suite à "Drip drip" en 98, "Senorita sprechen sie love" en 99 et le CD single "My words my eyes" en 2000. Drippin' Honey est drivé par le chanteur/guitariste et surtout l'unique compositeur Sander Kooiman. Il est entouré de l'harmoniciste Kim Snelten, du drummer Joost Tazelaar, du bassiste Lut Luttik et de deux nouvelles figures, Vincent Valstar aux claviers et Petra Appelman à la guitare et aux chœurs. A ses débuts, la formation était souvent comparée aux Paladins, aux Red Devils et même à J.J Cale. Fruit d'un cocktail subtil de soul, de blues et surtout de pop, le nouvel opus se révèle beaucoup plus personnel et intense, car il s'agit bien ici de chansons placées dans un écrin contemporain. Sander possède une voix bien douce, modulée, faite sans aucun doute pour aborder un tel répertoire.
En ouverture, "Like a brother" s'avère délicieusement pop. Une chanson rehaussée par la présence de chœurs féminins, de trompettes et de l'orgue Wurlitzer ; même si un solo de Snelten vient nous rappeler les origines du groupe. La plage titulaire repose sur un riff découpé au rasoir La section rythmique impose sa volonté. Le tempo est lent, délicatement funky. Les sons envahissent le décor de cette œuvre attachante. La paire Tazelaar-Luttik est très soudée. Elle préside aux différents climats proposés et libère un maximum de groove tout au long de "Damage done", un fragment au cours duquel Kim Snelten intervient par un solo d'harmo frémissant. "In the money" est une nouvelle perle pop. La voix de Sander est bien claire. Elle me fait penser à Mc Cartney. Mais à ses meilleurs moments ; c'est à dire à ses débuts. Autre ballade douce, "Crossing T's" se retrouve soudainement dans la tourmente, à cause d'une intervention décapante de Kooiman aux cordes. Sander a enfin décidé de faire parler son manche. Il produit un son dérangeant et sourd pour imprimer le riff de "This 'n' that". Et c'est très bien ainsi ! L'album est constamment alimenté par des thèmes très atmosphériques, des thèmes traversés de courtes et concises interventions de l'harmonica et d'éclairs plus discutables de la trompette dispensés par l'invité, Matthijs Willemsen. La grande majorité des compositions est abordée sur un rythme lent, langoureux, dépouillé à l'extrême ; mais il laisse libre cours à de nombreuses colorations instrumentales. Il est incontestable que cet opus forme un tout très homogène, tellement personnel et très contemporain dans la démarche. La richesse instrumentale est capable de monter en puissance. A l'instar de la finale du "Baby you were right". En fin d'album, "In the red" débride Drippin' Honey, le temps de cracher quelques flammes. Un curieux album qui mérite plusieurs écoutes pour être apprécié à sa juste valeur ; mais qui ne devrait pas nécessairement se retrouver dans le bac des plaques blues de votre disquaire.

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