Tino serait au blues ce que Carlos Santana est au rock. Ce qui ne peut être qu'un compliment ! La culture latine exerce, il est vrai, toujours une certaine fascination, pour ne pas dire une fascination certaine. Tino n'est pas un débutant, loin s'en faut. Ce musicien mi-américain, mi-mexicain est né à Chicago voilà un peu plus d'un demi-siècle. Il compte déjà à son actif une importante production discographique. Ce monde du blues est déjà sa quatrième production originale, distribuée par Dixiefrog. Elle fait suite à "A heart full of blues" parue en 97, "Tequila nights" en 99, et "Modern day hobo" en 2001.
Cet album a été enregistré en France. Il s'ouvre par "Lies, lies, lies". Une ballade aux accents ‘soul’, introduite par une guitare à la fluidité saisissante. La touche latine est renforcée par le concours d'un redoutable duo italien : Gio Rossi aux drums et Alberto Marsico au piano ainsi qu'à l'orgue Hammond, deux accompagnateurs habituels d'Egidio "Juke" Ingala et d'Alex Schultz. "You bad" est une plage qui swingue et déménage. Marsico est à l'Hammond, David Maxwell au piano et la guitare reconnaissable de Jimmy Thackery épaule celle de Gonzales. Amar Sundy a été invité pour participer au slow/blues/funky "Cruising in the night" ; un jeune guitariste algérien, kabyle et touareg, originaire de Biskra. "Cajun queen" nous offre un petit détour par la Louisiane. Le piano de Marsico roule. Les percussions palpitent et l'accordéon de Lionel Suarez, un musicien issu du milieu jazz, frémit. "A million miles away" est une nouvelle ballade soul, chantée admirablement. Pour aborder le vigoureux "I was all wrong for you", Tino s'approprie le style de B.B King. Appuyé par un orgue Hammond et force cuivres, il nous sort un petit trésor de solo, tout en délicatesse et finesse. Même le chant est mené à la manière de BB. Le puissant et lourd Popa Chubby D est le dernier invité de l'album. Lui et Tino conjuguent leurs cordes pour affronter la plage jazzyfiante, "Compared to what". Douceur et mélodie hantent le gracieux et tout aussi jazzyfiant "Just for Juliette". Une complainte exotique pour guitare acoustique, piano et accordéon. Toni manifeste beaucoup de subtilité et libère énormément de feeling pour chanter un blues sensible au mélange de fraternité et de paix. Un morceau proche du Memphis blues d'Albert King intitulé "No more misery". La finale instrumentale "Peace and wine" déborde de joie dans sa trame latino-américaine. Un des meilleurs albums de Mr Gonzales !

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